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Cet article cite : france, ile de france, paris
31/03/2014 - 17:25
Ninon
        

Dans l’audiovisuel sportif français, le premium a changé de camp

Texte participatif sur les investissements des Qatari dans les chaînes sportives.



À force d’investissements ciblés auprès des différentes ligues et fédérations sportives, la nouvelle venue sur le marché de l'audiovisuel sportif, beIN SPORTS, est parvenue à se constituer au fil du temps une programmation particulièrement léchée. Qu’il s’agisse du foot, du handball, du tennis ou encore du basket, la chaîne qatarie n’a pas hésité à surenchérir pour obtenir les droits de diffusion des meilleures compétitions, damant le pion à Canal + à plusieurs reprises. Du haut de gamme à prix modique, voilà qui devrait inciter plus d’un consommateur à reconsidérer son abonnement dans les mois qui viennent.



Longtemps, l’amateur de sport s’asseyait confortablement dans son fauteuil et, machinalement, son pouce entraîné choisissait Canal +. Et pour cause. La chaîne diffusait les plus grandes compétitions de foot, de handball, de basket, de tennis ou encore de rugby. Eurosport et Sport+ n’ont jamais réussi à ébranler son hégémonie dans le paysage audiovisuel français.

Puis, il y a plus d’un an maintenant, beIN SPORTS 1 et beIN SPORTS 2, les deux antennes du groupe audiovisuel qatari, ont débarqué en France. Illico, Nasser al-Khelaifi, le patron de la chaîne, a mis en place une stratégie d’acquisitions massive en engrangeant les droits de diffusions des compétitions sportives les plus éminentes. « Notre but est de construire une chaîne de sport premium », avait déclaré Yousef al-Obaidly, le directeur général de beIN. Il ne s’agissait pas de paroles en l’air.

Côté foot, beIN SPORTS diffuse déjà la ligue des champions et la ligue Europa pour la période 2012-2015 et bientôt, ce sera la Coupe du Monde FIFA 2014. TF1 a en effet officiellement annoncé qu’il avait rétrocédé une partie des droits à la chaîne qatarie, qui diffusera les 64 matchs en intégralité, dont 36 en exclusivité.

Et ce n’est pas tout. La direction a un championnat hautement symbolique en ligne de mire : le Championnat de France. Pour le moment, les Qataris sont parvenus à desserrer la main mise de Canal + en obtenant la diffusion des matches du vendredi et du samedi soir et ceux du dimanche après-midi depuis 2012, laissant ceux du samedi après-midi et du dimanche soir à son concurrent. Plus pour longtemps, semble-t-il. La ligue de football professionnelle a récemment avancé l’appel d’offres pour la période 2016-2020 et entre Canal + et beIN SPORTS, on sait laquelle des deux chaînes dispose des plus gros moyens.

Le foot n’est pas le seul sport collectif prisé par les Qataris. La programmation de Handball est elle aussi particulièrement riche. Après avoir acheté les droits de diffusion de la Ligue des Champions, beIN SPORTS a récemment signé un contrat de 5 ans avec la ligue nationale de handball pour la diffusion de deux matches du Championnat de France D1 en « prime » le mercredi et le jeudi. La Coupe de la Ligue et du Trophée des Champions seront également diffusées sur ses antennes. À partir de 2015, Canal + ne sera donc plus le diffuseur historique du handball, statut qu’il détenait depuis 2011.

BeIN a également damé le pion à Canal sur les courts de tennis. Elle lui a ravi, en décembre 2013, l’exclusivité des droits de Wimbledon, des Masters 1000 (hormis Monte-Carlo et Paris-Bercy) et des tournois ATP 500. « Le tennis occupera près de 30 semaines d’antenne dans l’année, a fait savoir le directeur de la rédaction de beIN SPORTS dans L’Équipe. La promesse qu’on fait à nos abonnés, c’est qu’ils verront en direct la totalité des tournois, de la première à la dernière balle. (...) Nous avons la capacité d’éditer jusqu’à dix chaînes simultanément ».

Achevons là cette impressionnante litanie sportive en rappelant que la NBA et l’Euroligue de basket sont également passés de la propriété de Canal à celle de la chaîne qatarie, ainsi que la Ligue de diamant d’athlétisme. Depuis quelques mois, le pouce du téléspectateur a de quoi se faire plus hésitant, car de toute évidence, Canal + n’a plus le monopole du premium.

D’autant que l’abonnement de BeIN SPORTS est presque trois fois moins cher que celui de la chaîne cryptée (11 euros par mois, contre 30 euros pour Canal +). Il y a bien une augmentation prévue d’ici l’été 2014 mais elle est minime, et la chaîne qatarie restera encore largement moins chère. La qualité de ses diffusions et son prix hyper compétitif vont probablement pousser plus d’un téléspectateur à jouer les transfuges. Actuellement à 1,7 million d’abonnés deux ans après son lancement, et au regard des investissements réalisés pour l’acquisition de tous ces droits sportifs ces derniers mois, il y a fort a parier que BeIN SPORTS verra son audience augmenter considérablement.

Ndlr : aucune photo déposée avec le texte - Crédit © Butch - Fotolia.
Ndlr : aucune photo déposée avec le texte - Crédit © Butch - Fotolia.



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