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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



19/12/2012 - 22:45
        

Emploi des jeunes : ce que révèlent les entreprises

Les suites du conseil des ministres du 29 août et du 12 décembre 2012.



Les contrats d'avenir et les futurs contrats de génération : deux contrats distincts qui s'adressent en partie au même public.



Après le projet de loi "créant les emplois d'avenir" adopté le 29 août 2012 en conseil des ministres puis définitivement voté le 9 octobre 2012 à l'Assemblée nationale, le gouvernement vient d'adopter le 12 décembre 2012 en conseil des ministres le projet de loi "portant création du contrat de génération".

Le contrat de génération inclut le public du contrat d'avenir

Le futur contrat de génération qui doit être voté par le Parlement serait un contrat de travail à durée indéterminée (CDI).

Sans indication sur la durée du temps du travail, il laisserait la possibilité d'une embauche en CDI à temps partiel. Autres inconnus : le montant de l'aide de l'Etat aux entreprises de plus de 300 salariés et le montant de la pénalité si aucune négociation n'a lieu pour le recrutement des jeunes et le maintien dans l'emploi des seniors le temps de la transmission des savoirs et des savoir-faire.

Le contrat d'avenir qui s'applique depuis le 1er novembre 2012, et non plus au 1er janvier 2013 comme cela avait été initialement prévu, est un travail essentiellement à temps plein, en CDI ou un contrat à durée déterminée (CDD) pendant une durée maximale de 3 ans.

Sur une rémunération commençant à 1 425 euros brut par mois, l'Etat prend en charge 1 070 euros brut pour que des jeunes gens, entre 16 et 25 ans, peu ou pas qualifiés, ou des handicapés peu qualifiés de moins de 30 ans, soient encadrés par leurs employeurs. L'UMP a voté 'contre' à 163 voix, avec 9 votes 'pour' et 24 'abstentions'.

Le nombre de jeunes de 16 à 25 ans sans diplômes ou sans formation a été chiffré à 500 000 en 2011. 100 000 d'entre eux devraient bénéficier d'un emploi d'avenir en 2013 principalement dans les collectivités locales ou dans les associations des zones urbaines ou rurales défavorisées, en métropole ou en outre-mer. Un chiffre qui sera porté à 150 000 en 2014.

Le futur contrat de génération sera proposé au même public puisqu'il s'adressera à "toutes les entreprises et à tous les jeunes", avec ou sans diplômes, et aux seniors. Aucun objectif chiffré n'est encore connu.

Des entrepreneurs Parisiens interrogés sont dubitatifs

Que doivent faire les entreprises face au gouvernement qui attend beaucoup d'elles pour résorber le chômage ?

"L'embauche est corrélé à l'activité économique. Pas d'activité économique, pas de recrutement" expliquent des chefs d'entreprises, des commerçants et des artisans. Une évidence qui s'imposent aux contrats d'avenir et aux futurs contrats de génération.

Dans les petites structures, les "bons salariés" sont "difficiles à trouver" car si les compétences du futur salarié comptent, c'est son envie de travailler et sa motivation qui sont avant tout sondés au moment de l'embauche et pendant la période d'essai.

Pour un entrepreneur qui forme nécessairement son salarié à sa culture d'entreprise, "il vaut mieux embaucher une personne même non qualifiée qui est disposée à travailler plutôt qu'une personne compétente mais qui n'est pas motivée".

L'idéal pour l'entreprise étant de pouvoir recruter une personne ayant à la fois les compétences et qui est motivée. Ce qui ne semble pas être toujours le cas. Le dialogue social au sein des entreprises abordera-t-il la question ?

Chaque entreprise établit ses propres critères pour l'embauche © Regormark - Fotolia.com
Chaque entreprise établit ses propres critères pour l'embauche © Regormark - Fotolia.com
Récapitulatif :

Le contrat de génération

Pour qui ?
Premiers bénéficiaires : tous les jeunes.
Autres concernés : toutes les entreprises.
Deuxièmes bénéficiaires : les seniors qui ne seraient pas poussés hors de l'entreprise avant l'âge de la retraite.

Objectifs :
- donner aux jeunes un contrat à durée indéterminée pour qu'ils accèdent "à un emploi stable".
- permettre aux seniors de transmettre leurs compétences, "un enjeu pour la compétitivité des entreprises".

Modalités :
- Le contrat de génération s’adapterait à la situation de chaque entreprise "par le dialogue social" :

> les entreprises avec + de 300 salariés : une négociation des engagements portant sur l’embauche et l’intégration des jeunes dans l’entreprise, l’emploi des seniors et la transmission des compétences, "sous peine d’être soumises à une pénalité" ;
> les entreprises avec - de 300 salariés : une aide leur serait accordé si elles embauchent en contrat à durée indéterminée un jeune de moins de 26 ans et maintiennent en emploi un senior de 57 ans et plus, ou recruté à 55 ans et plus.
> les entreprises de 50 à - de 300 salariés : "le bénéfice de l’aide serait conditionné à la recherche d’un accord collectif".

Calendrier :
- Janvier 2013 : premier texte à être examiné par l'Assemblée nationale en janvier.
- Avant la fin du premier trimestre 2013 : une mise en application de la loi souhaitée par le gouvernement.

Quels types de contrats de génération ?
- Des CDI dans tous les secteurs dans toutes les entreprises.

Le contrat d'avenir

Pour qui ?
Premiers bénéficiaires : Les jeunes sans diplôme de 16 à 25 ans, en particulier dans les zones urbaines ou rurales les plus marquées par le chômage.
Deuxièmes bénéficiaires : Les jeunes en difficulté d'insertion, ayant poursuivi leurs études jusqu'à un premier niveau de qualification (CAP-BEP) ou jusqu'au baccalauréat dans certaines zones particulièrement difficiles.

Objectifs :
- créer 100 000 emplois d'avenir en 2013 + 150 000 emplois d'avenir en 2014
- donner une première expérience professionnelle réussie aux jeunes bénéficiaires.

Modalités :
- 75 % du montant brut de la rémunération du jeune est pris en charge pendant une durée de 3 ans.
- L'emploi d'avenir est pour l'essentiel à temps plein, en CDI ou en CDD de 3 ans (ou 1 an renouvelable jusqu'à 3 ans).

Calendrier :
- 10 septembre 2012 : premier texte examiné dès l'ouverture de la session extraordinaire du Parlement.
- 1er novembre 2012 : entrée en vigueur des contrats d'avenir.
- Fin 2012 : signature des conventions d'objectifs avec de grands réseaux associatifs et d'élus.

Quels types d'emplois d'avenir ?
- Les emplois créés par des employeurs du secteur non marchand dans des activités ayant une utilité sociale avérée et susceptibles d'offrir des perspectives de recrutement durables : filières vertes et numériques, secteurs social et médico-social, aide à la personne, animation et loisirs, tourisme...
- Des emplois d'avenir (emplois d'avenir professeur) permettant d'accompagner des étudiants boursiers qui souhaitent poursuivre leurs études et se destiner aux métiers de l'enseignement.

Les débouchés :
- une pérennisation dans l'emploi créé,
- ou l'acquisition de compétences débouchant sur une activité d'avenir,
- ou l'acquisition de compétences débouchant sur la reprise d'une formation, en alternance ou pas, en lien avec la motivation trouvée pour un métier.

Un parcours qui nécessite "un fort engagement des employeurs (tutorat, formation...) et un accompagnement renforcé assuré principalement par les missions locales".



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