Connectez-vous S'inscrire
Menu
Paris Tribune Paris Tribune
     



© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



Cet article cite : arrondissement, france, ile de france, paris
26/05/2014 - 04:11
Elodie Châtrain et Vaea Devatine
        

Européennes 2014 : le cas de Paris

Les élections européennes à Paris : un remake des élections municipales dans la capitale.



Les réactions d'Anne Hidalgo (PS), Maire de Paris, de Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), de François Fillon député de Paris et de Marielle de Sarnez (Modem) député européen, face aux résultats du scrutin européen ayant permis au Front National de réaliser son meilleur score depuis sa création il y a bientôt 42 ans.



Les électeurs du PS, Europe Ecologie et PC ayant porté Anne Hidalgo au pouvoir à Paris le 30 mars 2014 consolident la position du nouveau Maire de Paris. Lors du scrutin européen du 25 mai 2014, deux mois après les élections municipales, la majorité municipale résiste à l'union UMP UDI Modem et reconnaît l'émergence du Front National.

Le Front National se faufile entre l'UMP UDI Modem et le PS PC et EE

L'union UMP UDI Modem remporte 218.586 voix (35.15 % des suffrages exprimés) :
- 140.601 voix pour l'UMP (22.61 % des suffrages exprimés) et
- 77.985 voix pour l'UDI Modem (12.54 % des suffrages exprimés).
Avec les voix des listes Divers Droite (Debout La République, Christine Boutin et Pour une France Royale) le score atteint 38.73 % des suffrages exprimés.

Le Front National récolte 57.908 voix (9.31 % des suffrages exprimés).

Les voix de la majorité municipale totalisent 240.946 voix (38.74 % des suffrages exprimés) :
- 119.176 voix pour le Parti Socialiste (19.16 % des suffrages exprimés),
- 85.662 voix pour Europe Ecologie (13.77 % des suffrages exprimés) et
- 36.108 voix pour le Front de Gauche allié au Parti Communiste (5.81 % des suffrages exprimés).
Avec les voix des listes Divers Gauche (Communiste, Féministes, Nouvelle Donne, Lutte Ouvrière, Olivier Besancenot) le score atteint 43.8 % des suffrages exprimés.
© igor - Fotolia.com
© igor - Fotolia.com

Réactions d'Anne Hidalgo

Dans un communiqué, Anne Hidalgo se félicite dans un "contexte" où le "le FN arrive en tête à des élections dans notre pays" (26 % au niveau national, ndlr) : "Paris fait exception. La participation y est de 10 points supérieure à la moyenne nationale et de 3 points supérieure à celle enregistrée en 2009. Le FN, cantonné en dessous des 10 % du nombre de suffrages exprimés, est la cinquième formation politique de la capitale. La majorité municipale est confortée avec plus de 43 % des suffrages. Elle distance l’opposition de plus de 5 points".

Il existe 5 groupes politiques au conseil de Paris et le Front national devient donc la sixième formation politique dans la capitale, même sans siéger au conseil de Paris, et non la cinquième ; à moins que dans l'esprit de la Maire de Paris, l'UMP et l'UDI - Modem constitue un seul et même parti ce qui n'est pas le cas. De même, les voix de toute l'opposition, soit les voix UMP UDI - Modem et du Front National, totalisent 48.04 % des suffrages exprimés, distançant de plus de 5 points les 43 % de la majorité municipale, et non l'inverse.

Le Front National ayant progressé au niveau national, Anne Hidalgo se dit préoccupée ; elle entend pour lui faire barrage "encourager la participation citoyenne sous toutes ses formes (...) engager toujours davantage nos collectivités territoriales dans la révolution de la démocratie en donnant systématiquement la parole à nos concitoyens et aux forces vives de la société (entreprises, associations, syndicats…) sur tous les sujets qui les concernent (et) plus que jamais écouter les Parisiens, à entendre leurs besoins et leurs envies, leurs craintes et leurs attentes, leurs colères et leurs espérances".

Réactions de Nathalie Kosciusko-Morizet

Dans un communiqué, Nathalie Kosciusko-Morizet, député d'Ile-de-France et présidente du groupe UMP au Conseil de Paris, parle quant à elle de "séisme", un mot également utilisé par Manuel Valls dans son allocution pré-enregistrée et repris dans son titre par Le Figaro. "C'est un échec grave, pour la France en Europe et pour le projet européen" poursuit-elle "c'est un échec majeur, pour le Président de la République et le Premier Ministre" avant de renvoyer dos à dos le PS et l'UMP : "C'est aussi un échec pour les partis politiques. Le PS au pouvoir connaît une débandade sans précédent. Mais l'UMP subit un recul sans équivoque".

A l'UMP en particulier elle demande de se remettre en cause : "L'UMP et l'ensemble de sa direction devront dans les jours qui viennent procéder à une analyse honnête et rigoureuse de ce revers électoral, et s'interroger sur les raisons qui ont pu conduire, après une forte progression enregistrée de nos candidats aux municipales, à un score national pareil ce soir (...) La droite doit se réformer. Elle doit le faire avec le centre. C'est ensemble, que nous pourrons constituer l'alternative à une gauche qui désespère les Français, et une extrême droite qui prospère sur ce désespoir". La candidate de la droite aux municipales bénéficie du basculement à droite d'un neuvième arrondissement, le 9e justement, mais n'a pas réussi à rassembler les électeurs de droite à Paris pour gagner. Elle a en revanche renforcé les élus UMP les plus âgés qui ont bénéficié, à la faveur du rejet national du gouvernement socialiste et avec les voix du Centre, d'un score inespéré ; excepté pour Claude Goasguen qui avait déjà prouvé sa capacité à être élu dès le 1er tour. Ces élus entendent désormais devenir incontournables compliquant la tâche de l'UMP et du Centre dans le renouvellement de la classe politique à Paris.

Au vu du score du Front National, François Fillon, député de Paris, met en doute la "crédibilité et l'honneur de l'UMP". Jean-François Copé, encerclé par l'affaire Bygmalion, affirme que l'UMP est "le seul parti avec le centre" à pouvoir faire barrage au Front National. Pour Marielle de Sarnez (Modem) réélue député européenne cumulant avec un mandat de conseiller de Paris, les résultats du scrutin indiquent que les Français ont "un peu marre des mots, un peu marre des discours". Sur le plateau de BFM TV, elle donne une autre lecture du résultat des élections européennes : "arrêtons de dire que le résultat ne vient que de l'Europe, cela vient de la politique en France (...) qui n'a pas de sens, pas de vision".

La vie politique française changera-t-elle d'ici les prochains scrutins électoraux ? Rendez-vous en 2015 ou 2016 pour les élections régionales.




Les faits | Les opinions | Flash



Publicités





Paris Tribune, observateur des débats publics à Paris

Explorez l'actualité locale dans les arrondissements de Paris

Le meilleur et le pire des interventions publiques sont sur Paris Tribune.