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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



Cet article cite : 4e arrondissement, hotel-dieu
18/03/2011 - 18:18
La rédaction avec la participation de Louise Wessier
        

Hôtel-Dieu : une affaire de santé publique

L'hôpital de l'Hôtel-Dieu au centre des débats dans le 4e arrondissement de Paris.



Réunion publique d’information pour défendre un hôpital public : non à la nouvelle annonce de fermeture de l’Hôtel-Dieu.



Habitants, médecins, syndicats, agents hospitaliers et élus de Paris sont réunis dans la mairie du 4e arrondissement mardi 15 mars 2011 de 19h à 20h45 pour défendre l’Hôtel-Dieu, de nouveau dans la tourmente. Environ 150 personnes sont venus écouter Dominique Bertinotti, maire du 4e arrondissement, et Pierre Aidenbaum, maire du 3e arrondissement, qui poussent la sirène d'alarme face à la décision de la directrice de l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris). Mireille Faugère vient d'annoncer le 4 mars 2011, devant le personnel soignant et les médecins, qu'elle prévoit d'installer les bureaux du siège de l'AP-HP dans les locaux de l'Hôtel-Dieu.


Adieu rhumatologie, ophtalmologie, pneumologie, psychiatrie, soins palliatifs, chirurgie et bien d’autres. L'Hôtel-Dieu est pourtant un patrimoine historique de santé publique à sauvegarder. Se trouvant sur l'Ile de la Cité, il attire les envieux à la recherche de bureaux bien placés.

Si le conseil de surveillance de l'AP-HP adopte ce projet de transformation, les services de l'hôpital sont voués à disparaître et des personnes en manque de soins vont rester sur le carreau. La maire du 4e arrondissement exprime vivement sa pensée : « Je ne vois pas où est la politique de santé. L’hôpital public est un élément fondamental pour qu’il y ait égalité d’accès aux soins. Nous avons à mener à nouveau un combat pour l’Hôtel-Dieu. On va au-delà du non-remplacement. On va dans une diminution du nombre de soins ». Un avis que partage un médecin travaillant dans l'hôpital qui, depuis le VIIème siècle, ne refuse personne : "J’ai un peu peur qu’on oublie le soin. La santé publique pour nous c’est une vision avec la santé".

La grande absente de la soirée est Mireille Faugère, que personne n'a pu joindre, excepté Vincent Roger. Conseiller de Paris du 4e arrondissement, il se lève et dit l’avoir eu au téléphone, avant d'ajouter qu'"on pourrait apprendre à la direction de l’AP-HP à communiquer". Il déclare : "Je prends le pari que l’Hôtel-Dieu n’est pas à vendre et ne va pas fermer".

Le chef de file de l'UMP dans le 4e et conseiller régional prend le contre-pied du discours de Dominique Bertinotti et provoque des remous dans l'assemblée. "Sortez ! Sortez !" La foule clame haut et fort son indignation face à cette déclaration et ne comprend pas que l’on puisse s’acharner à ce point contre le service public de la santé. Une personne énervée dans l’assemblée crie : "nous sommes là pour défendre l’Hôtel-Dieu et non pas pour écouter vos débats politiques".
Le sauveur de l'Hôtel-Dieu ?
Le sauveur de l'Hôtel-Dieu ?

Il est clair que le projet de Mireille Faugère prévoit de ne conserver que le services des urgences. L'urgence n'est pas la même pour les habitants qui demandent à conserver les activités d’hospitalisation complète et de chirurgie ambulatoire (ndrl : celles-ci seraient transférées progressivement à l’hôpital Cochin et l'Hôtel-Dieu accueillerait un pôle d’activités hospitalo-universitaires).

Le maire du 3e arrondissement indique que l’installation des bureaux de l’AP-HP au sein de l’Hôtel-Dieu est une "volonté délibérée de casse du service public. Nous assistons à un démembrement du service public. Le domaine de la santé est un domaine sur lequel on n’a pas le droit de faire des économies". Jean-Louis Pourriat, premier adjoint au maire du 4e arrondissement de Paris, en charge de la solidarité et de la démocratie locale, et Président du CCM (Comité Consultatif Médical) de l'Hôtel-Dieu explique: "on bascule du public sur le privé. On est dans une logique de reprise d’emploi qui se fait à la hache.

Les départs à la retraite ne sont pas remplacés".
L’ambiance se tend davantage ; les propos fusent de toute part : "coup de poignard dans le dos pour le personnel de l’Hôtel-Dieu", "l’objectif est de mettre à genou l’hôpital public", "complot", "massacre", "méthodes inadmissibles". La population désespère de ne pouvoir se faire entendre et se veut se mobiliser pour une première journée d’action prévue le samedi 2 avril 2011 à la Place de la Bastille. Dominique Bertinotti souhaite aller "vers une coordination plurielle" et qu’à l’issue de cette soirée se tiennent des réunions régulières et d'autres actions concrètes. Avec tant d'émoi, une crispation survient. Vite, un médecin !
L'Hôtel-Dieu, l'ancêtre des hôpitaux parisiens.
L'Hôtel-Dieu, l'ancêtre des hôpitaux parisiens.


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