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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



04/02/2013 - 15:37
        

Jean-François Legaret se paye Anne Hidalgo en citant l'Eloge de la potiche par Jean Dutourd

IVe arrondissement : Voeux à la presse du président du groupe UMPPA à l'Hôtel de Ville le 1er février 2013.



Potiche, vous avez dit potiche ?



Dans une salle du groupe UMPPA : les voeux à la presse de Jean-François Legaret, président du groupe de l'opposition municipale UMPPA et candidat aux primaires à Paris si François Fillon ne se présente pas comme chef de file.

A 30 mètres de là, dans la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville : Anne Hidalgo, Première adjointe au Maire de Paris, candidate à la Mairie de Paris en 2014, clôture la 1ère conférence internationale des femmes élues locales.

L'Eloge de la potiche : un éloge de la langue française

Anne Hidalgo se paye le luxe de faire huer Jean-François Legaret, jugé "archaïque" suite à un article du Parisien du 1er février 2013 dans lequel il indiquait qu'elle aurait "accepté" la règle qu'on lui aurait "imposé" : "sois belle et tais-toi (...) c'est un peu court pour exister (...) pendant douze ans, elle a accepté de jouer les potiches".

L'information ne tarde pas à parvenir aux oreilles du président du groupe UMPPA, qui, dans un premier temps, concède que ses mots ont pu être mal interprétés.

Pour Jean-François Legaret, le constat est politique :
- "Son mode de désignation n'est pas démocratique (...) Bertrand Delanoë a coopté Anne Hidalgo (...) je me mets à la place d'un élu de gauche (...) je pense que leur processus de désignation n'est pas le bon (...) lorsqu'on me dit qu'elle a un rôle primordial et prédominant, je dis qu'il faut au moins nuancer (...) sur le plan pollution, sur les déplacements, elle n'est jamais intervenue (...) elle n'a pas joué un rôle entier de double commande (...) elle l'a accepté jusqu'à ce jour. Si elle avait existé cela se saurait (...) le terme 'potiche' est un peu méchant mais on dit 'Président Potiche', c'est-à-dire qui n'exerce pas de prérogatives réelles".

"Je suis un candidat-potiche, j'en accepte l'augure"

- "Jean Dutourd a écrit un excellent texte sur la potiche, 'L'Eloge de la Potiche' (...) j'ai lu cet article il y a des années et je ne sais pas pourquoi, j'y pense (...) c'est drôle !"

Le texte est aussitôt recherché. Jean-François Legaret le lit * :
"(...) Il arrive même, quelquefois, qu'on l'agrémente d'un bouquet de fleurs. Bref, la potiche, selon moi, est le symbole d'une haute civilisation, et voilà pourquoi, quand par hasard on m'offre une présidence, je proclame avec force mon potichisme ou ma potichité. Je vous prie de noter enfin qu'une des vertus les plus éminentes de la potiche est de ne point parler, sauf dans des occasions extraordinaires, comme aujourd'hui. Elle est incapable d'improviser deux phrases qui se suivent : il faut un papier qu'elle lit sans en changer une virgule, ainsi que vous pouvez le constater (...)" (voir la vidéo).

Pour éviter toute polémique, il précise : "Je n'ai aucun contentieux avec Anne Hidalgo (...) il est plus facile de lui parler qu'à Bertrand Delanoë, elle est moins braquée, moins dogmatique en affichage qu'il ne l'est (...)"

Anne Hidalgo et Jean-François Legaret, deux candidats-potiche ? La question importe peu puisqu' "il arrive que les potiches ne soient pas vides. En fouillant dans leurs flancs, on trouve parfois des pensées que quelqu'un y a jetées en passant", précise l'Académicien.


* Discours de Jean Dutourd (1920 - 2011) prononcé le 18 octobre 1989 lorsqu'il accepte la présidence de la Défense de la Langue Fançaise (DLF - "ni purisme, ni laxisme") : l'Académicien l'accepte "avec joie, bien sûr, mais à une condition" : de n'être "jamais rien d'autre qu'une potiche". Lire l' "Eloge de la potiche" par Jean Dutourd.



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