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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



22/11/2012 - 12:14
        

L'UMP ne reconnaît pas l'outre-mer

L'UMP ne reconnaît pas une partie de l'outre-mer : Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et Mayotte.



Election du président de l'UMP : les cadres du parti ne connaissent pas les collectivités d'outre-mer.



Un "oubli". Plutôt de l'ignorance. Les députés, sénateurs, maires, ex-ministres, ex-secrétaires d'Etat, formés à l'ENA et dans les grandes écoles françaises ne savent tout simplement pas que les Français en outre-mer sont aussi des Français tout court. Et pas des "sauvages" dont les votes pourraient être oubliés.

Calculs politiques

Les rebondissements des élections organisées par l'UMP pour désigner son nouveau président permettent de se faire une idée très nette des élus de droite qui veulent gagner Paris en 2014 et la France en 2017.

Le 18 novembre 2012, les partisans de François Fillon annoncent une victoire de l'ancien Premier ministre.
Jean-François Copé, sans aucun doute pressé, fait un coup politique et annonce officiellement sa victoire, avant la commission de contrôle des élections : "Chers amis, dit-il face caméra, les militantes et militants de l'UMP m'ont accordé la majorité de leur suffrage".

Jean-François Copé connaît le caractère plutôt légitimiste de l'électorat de l'UMP. Il part à l'assaut de l'UMP, se place devant ses troupes et fonce. Le chef légitime et incontesté, c'est lui. Le 19 novembre dans la soirée, la commission de contrôle des opérations de vote à l'UMP valide les résultats. Il est président de l'UMP.

François Fillon, c'est le chef qui envoie ses troupes à l'avant tandis que lui se place à l'arrière, sans doute pour bénéficier d'un plus grand champ de vision.

Suite à l'auto-proclamation de Jean-François Copé, François Fillon déclare devant les caméras : "Nous avons remonté tous les résultats de toutes les fédérations métropolitaines, des Français des départements d'outre-mer et des Français de l'étranger. Ces résultats me donnent une courte victoire de 224 voix (...)".

Jean-François Copé l'accuse d'être "mauvais perdant" lorsqu'il annonce le 21 novembre que les votes des adhérents de Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna et Mayotte n'ont pas été pris en compte. En jeu, le faible écart des votes (98 voix) le séparant de son rival.

Il est trop tard pour reconnaître l' "oubli" des voix d'outre-mer, justifie le sénateur Patrice Gélard, président de la commission de contrôle des opérations de vote. La veille de la réclamation des fillonnistes, il indiquait sur la chaine parlementaire Public Sénat : "(...) il y a des traditions historiques dans certaines fédérations qui font que la fraude faisait partie des habitudes historiques... bon, ça on n'y peut rien, j'espère qu'on va les corriger petit à petit (...) en réalité il n'y avait pas tellement tellement de fraudes (...)".

Jean-François Copé fait le surpris : il "ne comprend pas" le problème. Lui a gagné et son élection a été validée. Fin de l'histoire.

L'ignorance de l'UMP l'emmène au bord de la rupture

Le député de Meaux en Seine-et-Marne et avocat de profession a pourtant lui-même oublié ses compatriotes d'outre-mer au moment des vérifications.

C'est aussi le cas de son avocat, Maître Francis Szpiner, qui a suivi la vérification des votes des adhérents de l'UMP. Il connaît l'outre-mer. Avocat de Hubert Haddad, homme d'affaires en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti, poursuivi au côté de Gaston Flosse dans une affaire de corruption dont le procès s'est tenu en septembre 2012 à Tahiti, il a également été l'un des avocats de Jacques Chirac, grand ami de l'outre-mer.

François Fillon n'est pas en reste non plus. L'ancien Premier ministre, qui a également oublié les Français en outre-mer, ne manque pas d'air non plus. "Le poumon vous dis-je ! Ignorantus, ignoranta, ignorantum !"

Dans leur entourage respectif, pas un seul ne s'est interrogé : "Et les votes des adhérents d'outre-mer ?"

Qui a signé les listes ? De brillantes personnes issues des deux camps.
Certainement pas les militants de base de l'UMP. Il est peu probable que ce soient eux qui aient validé les résultats. C'est une mission qui revient aux cadres de l'UMP, pour la plupart diplômés des grandes écoles françaises, à des députés, sénateurs et maires.

Interrogés, des militants UMP se disent outrés : il y a d'abord le sentiment de honte d'appartenir à un parti politique incapable d'organiser de façon professionnelle des élections internes. Il y a ensuite ceux qui veulent le maintien des résultats proclamés officiellement le 19 novembre. Puis il y a ceux qui souhaitent que François Fillon remette en cause les résultats ; avec le risque de mettre à jour les "anomalies qui ne sont pas des fraudes" reconnues par Patrice Gélard. Enfin, il y a ceux qui envisagent de rendre leur carte à l'UMP, se sentant les dindons de la farce.

Parce que l'UMP a ignoré l'outre-mer français, l'UMP est au bord de la rupture.
La Nouvelle-Calédonie, à 6 heures de vol de Tahiti, elle-même à 20 heures de vol de Paris : un pays d'outre-mer avec de grands espaces vides, 98 000 habitants pour 18 575 km2, où affluent de plus en plus de Français de métropole fuyant la crise © Christophe Fouquin - Fotolia.com
La Nouvelle-Calédonie, à 6 heures de vol de Tahiti, elle-même à 20 heures de vol de Paris : un pays d'outre-mer avec de grands espaces vides, 98 000 habitants pour 18 575 km2, où affluent de plus en plus de Français de métropole fuyant la crise © Christophe Fouquin - Fotolia.com

Memento

Les collectivités d'outre-mer françaises, les ex-DOM-TOM devenus DROM-COM, regroupent des départements d'outre-mer et des collectivités d'outre-mer :

- 5 départements et régions d'outre-mer : Guadeloupe, Martinique, île de la Réunion, Guyane française et depuis 2011 Mayotte ; suite à un référendum de la population le 29 mars 2009, Mayotte est devenu département d'outre-mer le 31 mars 2011.

- 6 collectivités d'outre-mer depuis la révision de la constitution française en 2003 : le pays d'outre-mer de la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie, le territoire d'outre-mer Wallis et Futuna, Saint-Pierre et Miquelon, et depuis 2007 Saint-Martin et Saint Barthélémy.

Articles :
- 6 décembre 2012 : Téléphone Emailing Telemeeting Relance : les adhérents de l'UMP sollicités par les équipes de Copé.
- 5 décembre 2012 : NKM et Bruno Lemaire : après l'Appel à l'Unité, la Pétition.
- 3 décembre 2012 : Elections internes à l'UMP : Claude Goasguen assume la responsabilité dans le 16e arrondissement.
- 29 novembre 2012 : Les déclarations politiques du RUMP et de l'UMP remises à la présidence de l'Assemblée nationale.
- 28 novembre 2012 : Le groupe UMP au Sénat vote pour de nouvelles élections à l'UMP.
- 28 novembre 2012 : François Fillon Président du Rassemblement - UMP.
- 27 novembre 2012 : Crise à l'UMP : l'étincelle de Copé.
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- 26 novembre 2012 : La commission de recours rend son verdict : Jean-François Copé gagne avec 952 voix d'avance.
- 26 novembre 2012 : François Fillon saisit la justice.
- 26 septembre 2012 : Echec de la tentative de conciliation : Jean-François Copé parle d' "un climat extrêmement cordial et sympathique"
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- 23 novembre 2012 : La COCOE reconnaît son erreur.
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- 22 novembre 2012 : L'UMP ne reconnaît pas l'outre-mer.
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- 18 novembre 2012 : Elections à l'UMP : François Fillon attend sereinement la proclamation de sa victoire.
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