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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



Cet article cite : bertrand delanoë, jean tiberi, paris
20/07/2009 - 06:36
        

L'économie de la vérité



Les hommes politiques abritent des vérités multiples et variées, exposées dans les salles d’audience du Palais de justice.



Un jour, tout se sait

Les hommes politiques, comme tout le monde, sont bien connus pour abriter des vérités multiples et variées, et tout particulièrement celles qui sont parfois exposés dans les salles d’audience du Palais de justice. Las, les robes noires viennent se juxtaposer aux secrets de l’instruction avec pour objectif, pour chaque partie, de faire découvrir leurs positions respectives aux magistrats, aux journalistes et au public aux intérêts parfois distincts ou opposés. Ainsi, rien qu’à Paris, les mois derniers ont été riches en audiences et jugements impliquant des politiques.
Le 7 mai, la cour d’appel se prononce concernant Bertrand Delanoë poursuivi en diffamation par le député UMP Christian Vanneste pour l'avoir traité de "délinquant" lors des municipales (le maire de Paris a été relaxé en première instance).
Le 27 mai, comparait l'ancien maire de Paris Jean Tiberi, sa femme Xavière ainsi que neuf autres prévenus dans le procès des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris.
Les députés et anciens ministres ne sont pas en reste. Le 5 mai intervient le jugement de l'ancien ministre de la Santé, Claude Evin, pour avoir indirectement exercé des pressions sur les parents d'une victime de l'affaire du sang contaminé pour qu'ils retirent leur plainte devant la CJR.
Le 20 mai est la fin du procès en appel de Charles Pasqua, condamné en mars 2008 à 18 mois d'emprisonnement avec sursis pour le financement illégal de sa campagne des européennes de 1999 (l'ancien ministre de l'Intérieur a été condamné en première instance à 18 mois de prison avec sursis pour faux, financement illégal de campagne et abus de confiance, pour avoir bénéficié de 7,5 millions de francs (1,143 million d'euros) pour sa campagne, issus de la vente du casino d'Annemasse (Haute-Savoie) dont il avait autorisé, en tant que ministre, l'exploitation en 1994).
Le même jour, la cour de cassation se prononce dans le procès du député UMP des Yvelines, Pierre Bédier, condamné pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux dans une affaire de marchés de nettoyage de Mantes-la-Jolie (l'ex-secrétaire d'Etat a été condamné à 18 mois avec sursis et trois ans de privation des droits civiques).
En province, le 26 mai à Béthune, Philippe Demarquilly, adjoint au maire d'Hénin-Beaumont, comparaît pour prise illégale d'intérêt. Il avait acquis un terrain en 2003 pour la somme de 3.689 euros, puis l'avait revendu en 2007 pour 774.700 euros, après son classement en zone constructible par le plan local d'urbanisme de la ville.
Avec confrontation, les prévenus, sculptures figuratives en argile qui restent innocents jusqu’au bout de la procédure, présentent leurs arguments. Des dossiers réunis dans un dialogue entre le politique et le citoyen où la manifestation de la vérité donne l'occasion de se rencontrer et d'apprendre de l’autre. Car un jour, tout se sait.


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