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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



Cet article cite : 4e arrondissement, bartabas
01/08/2009 - 12:36
Jean-Mary Nicolas
        

L’homme qui dansait avec les chevaux…jusqu’au « Lever de Soleil »…

Quatrième Tribune



Aurore naissante, musique soufie en décor de fond… Dans le cadre du festival Paris Quartier d’Eté, le célèbre dresseur Bartabas et son cheval Le Caravage propose un véritable récital de danse équestre. Un moment de communion rare entre le cavalier et sa monture.



On marcherait presque sur la pointe des pieds, tant ce silence est appréciable en plein cœur de Paris. Il est 4h40 du matin (!) rue Charlemagne, et pas un chat ni même un équidé dans les environs. Pourtant à l’approche du Terrain d’Education Physique des Jardins de Saint-Paul dans la même rue, plusieurs riverains semblent attendre un événement. Ajoutez cela aux défilés de taxis qui illuminent de leurs pleins phares les méandres du quartier, aucun doute : Paris s’éveille, et il est en avance !

La faute à qui ? Bartabas et Le Caravage, qui se produisent dès l’aurore, dans un spectacle intitulé « Le Lever de Soleil ». Le lever du soleil étant le thème central de la scénographie, rendez-vous donc à 5h26 pour les amateurs du monde équin et pour les fans très matinaux.

A l’entrée, les bénévoles du théâtre équestre Zingaro, dont fait partie Bartabas, sont à cheval sur les consignes. Pas de photos ni de vidéos durant la représentation et chuchotement obligatoire de rigueur. Les téléphones portables sont aussi proscrits. Les directives auraient été données par l’artiste lui-même. Une fois dans l’arène, une des placeuses explique que le degré de concentration du cheval est à son maximum durant l’effort. Un simple flash peut l’effrayer et mettre en danger le cavalier et/ou le public.
L’homme qui dansait avec les chevaux…jusqu’au « Lever de Soleil »…

Le Caravage justement est déjà là, en train de s’échauffer. Imperturbable, Il fait le tour de son manège, au centre du terrain et se place face à la scène où deux musiciens turcs, l’un au tambourin bendir et l’autre à la flûte oblique, interprètent des œuvres traditionnelles du répertoire Soufi. Le soufisme est un courant millénaire d’origine musulmane. Il peut être vu comme la forme mystique et ésotérique de l’Islam. Les arts, la danse et la musique sont ses moyens d’expression.

Et soudain apparaît Bartabas. Vêtu d’un large sarouel et d’une capuche sur le chef, il chevauche sa monture après l’avoir scellée lui-même. D’un trot allégé et majestueux, il fait le tour de l’assistance tel un empereur romain. Ensuite, quelques séries de « pas piaffés »(le cheval simule un trot mais fait du surplace), de « pas espagnols » (au moment du pas, le cheval étend ses pattes avant quand il les soulève), et de galops ralentis émerveillent un public qui semble connaisseur.

Élégants, toujours synchrones et dans le rythme, le duo se fond dans cette ambiance de douce musicalité, sereine et méditative. Et tout doucement les premiers rayons du soleil sans que l’on ne s’en rende compte percent l’obscurité. Et lorsque le jour est entièrement levé, on assiste à la séparation émouvante du couple virtuose, Le Caravage se roulant au sol lorsque son cavalier s’éloigne, dévoilant le grand jour.


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