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Cet article cite : CFDT, CGT, indépendance, syndicat
17/04/2016 - 19:30
        

La CGT rêve du million de syndiqués

La CGT, premier syndicat de France, organise son 51e congrès à Marseille du 18 au 22 avril 2016



Un syndicat puissant où la question de l'indépendance et de la transparence financière est un vrai sujet car les ressources propres ne sont pas majoritaires.



Bouillabaisse de Marseille  © Philippe LERIDON.
Bouillabaisse de Marseille © Philippe LERIDON.

Un syndicat puissant avec peu d'adhérents

La Confédération Générale du Travail (CGT), dont le nombre d'adhérents a augmenté d'année en année entre 2006 et 2012 arrivant à 694.857 adhérents, espère arriver à 1 million de salariés syndiqués. Les documents préparatoires en vue du 51e congrès à Marseille du 18 au 22 avril 2016 expliquent :
 
"En moyenne, la CGT enregistre entre 41 000 et 50 000 nouveaux adhérents chaque année. Notre ambition relative au million de syndiqués serait déjà largement satisfaite, à la fois si cette progression était une donnée commune pour toutes les professions et territoires, et si on arrivait à pérenniser nos adhésions. Plusieurs causes à cela : mobilité des salariés, perte d’emplois, peu de continuité entre le passage d’actif à retraité avec une perte de 7 syndiqués sur 10, beaucoup de salariés syndiqués dans les permanences juridiques qui, une fois leur dossier jugé, rendent leur carte, problème de structuration de nos adhésions en ligne…"
CGT, Documents préparatoires au 51e congrès, janvier 2016.

En France, le taux de syndicalisation est d'environ 7 % de la population active soit 1,7 million de syndiqués parmi les 22,5 millions de salariés français.

Un syndicat puissant avec des recettes propres faibles

Avec plus d'adhérents, le CGT veut renforcer sa puissance et son indépendance ; un enjeu de taille, les cotisations (en moyenne 120 euros) ne constituant pas les ressources majoritaires. Le rapport parlementaire, rejeté par les députés fin 2011, de la commission d'enquête sur le financement des syndicats et du patronat, rédigé par le député centriste Nicolas Perruchot, indique qu'à la CGT, la part des cotisations dans les ressources se monte à 34,4 % en 2003. Et, sur un total de 77 millions d'euros de cotisations payées aux syndicats de base, unions territoriales et fédérations professionnelles, seulement 12,8 millions d'euros vont à la confédération.

L'indépendance serait totalement assurée si la confédération pouvait vivre de ses propres ressources, c'est-à-dire des cotisations des salariés, auxquelles il faut ajouter les publicités vendues par la régie publicitaire de la CGT, les publications et ventes de produits, estimées en 2011 entre 1 et 1.7 millions d'euros, et les produits financiers.

Un syndicat puissant avec des recettes extérieures importantes

Au 51e congrès à Marseille auquel sont conviés environ 2.000 syndicats de base, les instances et les adhérents évoqueront le nouveau modèle économique de la CGT. Comme les autres syndicats et organisations d'employeurs, la CGT, depuis la loi du 5 mars 2014, tire la majorité de ses ressources d'un fonds paritaire. Il est alimenté par :
 
"Une contribution des employeurs (...) assise sur les rémunérations versées aux salariés", (...) "le cas échéant, une participation volontaire d'organismes à vocation nationale (...), une subvention de l'Etat" ; "le cas échéant, toute autre ressource prévue par des dispositions législatives ou réglementaires, par accord conclu entre les organisations syndicales de salariés et les organisations professionnelles d'employeurs (...)"
Loi n° 2014-288 du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale.

Un syndicat puissant soumis à la règle de la transparence financière

Cette nouvelle loi permet aux organisations sociales de satisfaire aux nouvelles règles de représentativité déjà insérées dans le Code du Travail par la loi du 20 août 2008 dite de "modernisation sociale"pour être considérée comme représentative, une organisation syndicale doit satisfaire à 7 critères parmi lesquels celui de "la transparence financière" dans une comptabilité d'engagement : l'établissement des comptes annuels, la consolidation des comptes, l'approbation et éventuellement la certification des comptes et la publicité des comptes. 

Les recettes, par exemple, servent à alimenter une 
"caisse des grèves" en cas de grève suite à des réformes du gouvernement. En 2010, la CGT avait prévu 368.000 euros pour contester la réforme des retraites. La CFDT, elle, avait prévu 138 millions d'euros pour sa "caisse nationale d'action syndicale", afin de permettre à tout adhérent de se mettre en grève pendant 10 jours d'affilée et d'être indemnisé à hauteur de 18 euros par jour.

Pour les grèves contre les projets de loi El Khomery, à combien se chiffre le montant de la caisse des grèves de la CGT ? La réponse dans les prochains exercices comptables. La représentativité syndicale va désormais de pair avec la rigueur sur les questions financières. P
our les structures dépassant 230 000 euros de ressources annuelles, les comptes certifiés doivent être publiés sur le site internet du Journal Officiel. Une démarche qui laisse encore à désirer.




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