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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



01/11/2009 - 06:01
        

La France investit en Irak

Huitième Tribune



L’artillerie lourde du commerce extérieur français noue des relations commerciales inédites avec l'Irak et entend bien s’y développer.



Inaugurée aujourd'hui par le Premier ministre irakien Maliki, la Foire de Bagdad réserve la journée du 2 novembre en l'honneur de la France. Entourée par 110 représentants de 38 entreprises françaises, Anne-Marie Idrac, Secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur, inaugure demain le Pavillon France de 560 m² en compagnie du ministre du commerce irakien. Quatre autres pays disposent d'un pavillon propre : la Bulgarie, le Brésil, la Turquie et l'Iran.

C'est suite à la visite éclair, le 2 juillet à Bagdad, de François Fillon, Christine Lagarde, Laurence Parisot et des représentants d'EADS, Veolia, Lafarge, Total, Schneider, que la France annonce son intention de nouer des relations privilégiées avec ce pays de 30 millions d'habitants, dévasté par 6 ans de guerre, et 3ème réserve de pétrole du monde. Quelques jours après le retrait des troupes américaines des grandes villes, la France et l'Irak décident d'un commun accord de renforcer la Mission économique française à Bagdad, de créer un bureau de soutien des entreprises françaises à Bagdad, d'organiser un « Forum des entreprises » en novembre à Paris, de créer un Conseil franco-irakien des chefs d’entreprises et d'organiser d’un Pavillon France à la foire de Bagdad.
(c) Michael Teupel - Fotolia
(c) Michael Teupel - Fotolia

25 nationalités différentes participent à ce premier salon organisé dans la capitale depuis la guerre en 2003, après sa délocalisation en 2005 à Erbril à 320 km au nord ouest de Bagdad pour des questions de sécurité. Organisé par la chambre de commerce américano-irakienne au Kurdistan autonome, quelques 230 exposants, irakiens, kurdes, arabes, turcs, allemands, et américains, dont General Motors, s'y sont pressés. Depuis, deux salons économiques cohabitent : celui de Bagdad et celui d'Erbril.
Le succès relatif de la Foire d'Erbril tient avant tout à la stabilité économique de cette région, fait quasi unique au Moyen-Orient. "Grâce" aux sanctions onusiennes après la guerre du Golfe de 1991, quelques clans ont pris l'ascendant sur d'autres en jouant les intermédiaires entre Saddam Hussein et les Turcs, en prélevant des taxes sur le trafic de pétrole soit environ 300 camions par jour. Des 5 milliards de dollars reçus au titre du programme "Pétrole contre nourriture", puis, à la chute de Saddam Hussein, des parts du budget irakien affectés aux 4 millions d'habitants du Kurdistan, peu de kurdes ont en vu la couleur. La région reste pauvre et la situation critique : le flot ininterrompu des demandes d'asile et l'exode massif vers les pays européens en sont la meilleure preuve.

La plus récente édition de la Foire d'Erbril vient de s’achever le 15 octobre. Avec la 36ème Foire internationale de Bagdad qui se tient jusqu'au 10 novembre, ce seront en tout 80 entreprises françaises qui auront fait le déplacement en Irak, à 6 heures d'avion de Paris.



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