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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



10/06/2011 - 17:26
La rédaction avec la participation de Julie Hammett
        

La « co-production », mot clé du CICA propreté

Le Comité d'Initiative et de Consultation d'Arrondissement sur le thème de la propreté dans le 5e arrondissement de Paris.



La propreté au cœur du CICA le 7 juin 2011 à la mairie du 5e arrondissement.



« Résider place Contre-Escarpe est devenu presque insoutenable ! », « Je vis face à une poubelle qui déborde de détritus. Je suis parfois obligée de m’en occuper moi-même tellement c’est désagréable ». Les riverains du 5e arrondissement sont visiblement agacés par la pollution croissante dans leurs quartiers.

Nombre d’entre eux sont venus assister au CICA organisé par la mairie d’arrondissement sur le thème de la propreté. La salle est pleine. Les membres du public se battent pour obtenir le micro et faire entendre leur mécontentement. D’autres insistent sur le problème de l’alcoolisation des jeunes. « Tous les samedis et dimanches matin, le Port Saint Bernard et le Port de Montebello sont recouverts de bouteilles explosées sur les pavés. Et je ne vous parle pas des préservatifs usagés ! »

Murmures d’approbation dans le public. « On retrouve la même pollution dans les jeux d’enfants. C’est très dangereux pour les bébés qui portent parfois les mégots à leur bouche, et se retrouvent à jouer entre les bouteilles cassées ! ».

Invité par Jean Tibéri, maire du 5e arrondissement, François Dagnaud, adjoint au Maire de Paris, chargé de l’organisation et du fonctionnement du Conseil de Paris, de la propreté et du traitement des déchets, confie que la propreté est un problème « difficile » qui constitue une source d’inquiétude majeure pour un grand nombre de riverains. Ce « problème » s’inscrit dans une certaine continuité.

Elu depuis 1995, il témoigne : « le sujet de la propreté n’est pas posé dans les mêmes termes au fil des années, mais il se renouvèle en permanence ». Les rues sont continuellement salies, et ce, très rapidement. « Dorénavant, les gens mangent, boivent et font la fête dans la rue ». « L’arrivée des vélibs a également contribué à polluer les villes, avec notamment les épaves de vélos abandonnées sur la voie publique », poursuit-il.
Jean Tiberi et François Dagnaud - Photo : Julie Hammett.
Jean Tiberi et François Dagnaud - Photo : Julie Hammett.

Néanmoins, il précise que « la propreté est une affaire de co-production. Il est important de comprendre qu’il s’agit certes de nettoyer mieux, mais surtout de salir moins. C’est un système de co-production à la fois entre le Maire de Paris et les maires des arrondissements, mais également entre les municipaux et les usagers de l’espace public ».

Parce qu’ils contribuent pleinement à la pollution de la ville, les gens doivent prendre conscience de la dynamique de réciprocité derrière la question de la propreté. « L’important est de ne pas déresponsabiliser les gens, mais plutôt de les sensibiliser », insiste-t-il. La politique de verbalisation mené par la ville depuis quelques années s’inscrit dans une éthique de responsabilité, et plus précisément dans le principe du pollueur-payeur. François Dagnaud rappelle donc que les éboueurs et les agents de propreté sont là pour limiter les dégâts, et non pour faire disparaître complètement la saleté.

Bien qu’il approuve les propos de François Dagnaud, Jean Tibéri souhaite recentrer le débat à un niveau plus local. Aurélien Lampe, chef de la division 5/6, reprend donc les problématiques abordées par l’adjoint au Maire de Paris, et les applique au 5e arrondissement. Il rappelle que les actions de propreté s’étendent sur 53 kilomètres de linéaire de voirie dans l'arrondissement. Les agents de propreté nettoient les trottoirs une ou deux fois par semaine.

Ils entreprennent également des actions plus ciblées, comme le retrait de 1.720m² d’affiches dans le 5e en 2010, ou encore la désodorisation de certaines zones. Certains recoins ont également été aménagés, notamment dans la rue des Trois Portes et la rue Malebranche, de façon à empêcher les gens d’uriner. Finalement, quelques 300 procès verbaux ont été établis en 2010 dans le 5e arrondissement, pour lutter contre les pollueurs.

Le maire du 5e arrondissement comprend l’insatisfaction des habitants et souhaite que la situation s’améliore dans les prochains mois. Néanmoins, il rappelle que les agents de propreté font un travail honorable et qu’il reste important de leur « rendre hommage ».

La co-production semble primordiale pour que les 304 éboueurs contribuent efficacement à la propreté du 5e et 6e arrondissement salis chaque jour par 110.000 personnes.


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