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07/03/2017 - 08:05
        

Le Général Haftar lâché par l’armée libyenne sans avoir éliminé les milices islamistes

Reprise de la guerre en Libye : le Général Haftar est-il toujours l’homme de la situation ?



Le général Haftar abandonné par les anciens soldats de l’armée de Kadhafi qui le soutenaient n’a pas su empêcher les islamistes pro-Daesh Etat islamique et les Frères Musulmans d’occuper le site du croissant pétrolier situé dans la zone de Ras Lanouf.



Il pouvait réussir et beaucoup nourrissait en lui de grands espoirs mais les récents événements ne jouent pas en sa faveur. Avec la reprise de la guerre, le Général Haftar est-il toujours l’homme de la situation ? 
Le général Khalifa Belqasim Haftar le 25 avril 2011, par Magharebia - flickr.com - CC BY 2.0
Le général Khalifa Belqasim Haftar le 25 avril 2011, par Magharebia - flickr.com - CC BY 2.0

Le général Haftar (1943 - ...)

Suite aux élections de juillet 2014 qui voient la victoire d’un gouvernement laïque contesté par les islamistes, le Général Khalifa Haftar dirige l’Armée nationale libyenne dans le gouvernement de Tobrouk reconnu par l’ONU. Il est considéré comme le Maître de la Cyrénaïque et de Tobrouk du fait de l’appui de tribus pro-Kadhafi au nord-est du pays. Les 27 et 28 novembre 2016, il est accueilli à Moscou par le président Vladimir Poutine qui lui offre l’appui de la Russie. Il dispose de la seule force militaire du pays, l’ancienne armée de Kadhafi.

Mais voilà. Le Général Haftar, fervent anti-islamiste, n’a pas su éliminer les milices soutenues par Khaled al-Gouil, ex-Premier ministre du Gouvernement de salut national, avec l'appui d'Abdelhakim Belhadj et Daech Etat Islamique. Le Général Haftar n’a pas su non plus protéger de ces islamistes le croissant pétrolier qu’il avait par ailleurs pris les 12 et 13 septembre 2016 à son rival, le chef du Gouvernement d’union nationale Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale au printemps 2016. 

Au début du mois de mars 2017, le général libyen décide de remettre sous les verrous des prisonniers capturés pendant la Révolution en 2011 et libérés en février 2017 par les soldats de l’ex-armée de Kadhafi. Ses raisons : certains sont des islamistes d'Al-Qaida et de Daesh, et Haftar veut ouvrir des enquêtes et les juger. 

L'armée

Les anciens soldats de Kadhafi apprécient peu cette décision. Depuis la Révolution en 2011, la Libye vit au rythme des exactions des extrémistes musulmans du mouvement Ansar al-Shariah, une milice islamique historiquement associée à Al-Qaida.

Le groupe se divise en deux en 2014, idéologiquement et géographiquement, dans le prolongement de la fracture de 2013 entre Al-Qaïda en Syrie, dirigée par Abu Muhammad al-Julani, et Al-Qaïda en Irak, dirigée par Abu Bakr al-Baghdadi. Dans la ville de Benghazi, par exemple, Ansar al-Shariah s’en remet à Al-Qaida, alors que dans d’autres villes le même mouvement s’identifie à Daech Etat islamique.
 
Les soldats laissent donc Haftar à ses enquêtes et quittent la zone pour gagner l’ouest, vers Zintan.
 
C’est le moment choisi par les Islamistes, mis au courant de la situation, pour prendre d’assaut, le 3 mars 2017, la raffinerie de pétrole de Ras Lanouf non loin du Golfe de Syrte. L’opération ne dure pas plus d’une heure avec une dizaine de voitures. L’armée revient vers l’Est pour en découdre et une nouvelle guerre est déclenchée le lundi 6 mars 2017 au matin. 

Le pétrole

L’enjeu est le contrôle du croissant pétrolier soit environ 60 % des exportations du pétrole libyen. Avec une capacité de raffinage passée de 200.000 à 700.000 barils par jour, le site de raffinerie produit du kérosène, du mazout, du gaz et des produits pétrochimiques, c'est-à-dire autant de ressources propres à aider les activités des soldats de l’ancienne armée de Kadhafi, ou les activités du Général Haftar qui mobilise quelques brigades ou encore les activités de Daech Etat Islamique. 
 
Si la Libye est si importante pour Daech, outre ses richesses, c’est bien parce que l’Etat Libyen n’est pas capable de résister aux forces de l'Etat islamique et d'entraver sa progression. Pour le moment. 


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