Connectez-vous S'inscrire
Menu
Paris Tribune Paris Tribune
     



© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



Cet article cite : france, ile de france, paris
08/04/2014 - 22:32
        

Le Premier ministre obtient la confiance de l’Assemblée nationale

La majorité des députés décident de voter la confiance au gouvernement. Un vote sous conditions.



A cœur vaillant, à cœur battant, à cœur vallsant ! Discours d’orientation et de mesures, Manuel Valls fait entendre sa musique.



« Je vous demande le cœur battant pour la France de m’accorder votre confiance pour qu’ensemble cette confiance nous la rendions aux Français ». C’est sur ces mots que le Premier ministre achève son discours devant les députés le mardi 8 avril 2014 dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.

Beaucoup d’élus PS se lèvent pour l’applaudir. Pascal Cherki, député de Paris des 6e et 14e arrondissement reste assis. Suivent les orateurs des groupes et Jean Lassalle pour les non inscrits. Le Premier ministre reprend la parole. Il répond. Sa parole est fluide, sa gestuelle augmente, il est de nouveau dans l’émotion. Il salue le dernier orateur qu’il avait pensé citer dans son discours. Est-ce parce que le député Modem avait déclaré en juin 2013 à l’AFP « On nous déteste, nous les politiques, on n'a plus confiance en nous » ?

Claude Bartolone, préside la séance et en conséquence, il ne prend pas part au vote.

Sur les 291 membres du Groupe Socialiste et Républicain, 279 votent la confiance.
Le Président de l’Assemblée Nationale, 11 députés frondeurs dont l’élu du 14e et du 6e de Paris, Pascal Cherki et Fanélie Carrey-Conte, élue dans le 20e arrondissement de Paris, s’abstiennent. Il est probable que celle-ci ait agacé Madame George Pau-Langevin, membre du gouvernement Valls, Ministre des Outre-mer. En effet, elle est la suppléante de la ministre à qui elle n’accorde pas sa confiance.

En revanche, la plupart des députés PS qui ont appelé à un « contrat de majorité » entre les parlementaires et le gouvernement se sont soumis et ont décidé de soutenir officiellement par leur vote le gouvernement Valls. Certes, certains ont confié dans les couloirs leurs réserves et leurs états d’âme. Il a même été avancé que le vote pour la confiance devait être interprété comme un vote d’investiture du Premier ministre. Tout cela traduit une nostalgie de la IVe République. La Constitution du 27 octobre 1946, dans sa lettre et sa pratique, prévoyait un contrat entre la majorité au sein de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil, terme désignant le chef du gouvernement aujourd’hui dénommé Premier ministre, ainsi que son investiture à la majorité absolue des députés (1). Est-ce que cela augure aussi d’une instabilité et de débats et votes chaotiques de projets de lois à venir ? Ou bien encore de la recherche d’une « majorité d’idées », chère au défunt Edgar Faure, ancien Président du Conseil mais aussi ancien ministre du Général de Gaulle ? Aujourd’hui, Manuel Valls gagne. Il a imposé l’union au sein des députés socialistes et au delà.

Analyse du scrutin - www.assemblee-nationale.fr
Analyse du scrutin - www.assemblee-nationale.fr
Au groupe écologiste, sur les 17 membres, 10 votent la confiance dont le député de Paris, Denis Baupin, élu du 13e et du 14e arrondissement de Paris. A noter qu’une élue, député de la 5e circonscription du Calvados, apparentée écologiste, vote contre.

Au groupe radical, républicain, démocrate et progressiste, sur les 17 membres, 14 votent la confiance et 3 s'abstiennent.

Au groupe de la gauche démocrate et républicaine, composés d’élus du Parti communiste et du Front de gauche, sur les 15 membres, 2 votent la confiance, 12 votent contre et un s’abstient.

Parmi les non inscrits, une ancienne membre du PS, exclue après une condamnation en première instance à une peine correctionnelle, vote pour. Elle n’a pas de rancune envers Manuel Valls qui, Ministre de l’Intérieur, lui avait intimé de sortir d’une réunion sur la sécurité. L’orateur Jean Lassalle s’abstient tandis que les 6 autres dont les deux élus du Front National votent contre.

Au sein du groupe de l’union pour un mouvement populaire UMP, 197 votent contre sur 199. Un membre s’abstient et le député maire de Toulouse ne prend pas part au vote.

De même au sein du groupe de l’union des démocrates et indépendants UDI, 23 des 30 membres votent contre, 3 s’abstiennent et 4 ne prennent pas part au vote, Jean-Louis Borloo pour des questions de santé et de retrait de la vie politique ainsi que les 3 députés de Polynésie française.

« A cœur vaillant, rien d’impossible » La devise de Jacques Cœur est devenue un proverbe. Ambitieux et talentueux, cet homme du Moyen-âge devient riche et puissant. Un mot court « le Roi fait ce qu’il peut, Jacques Cœur fait ce qu’il veut ». C’est trop au goût de son Roi qui précipite sa chute.

Manuel Valls a du talent. Entre le récif composé de cette gauche dont il assure à la tribune qu’il n’a pas peur, les grands fonds des intrigues menées par les jaloux, les aspérités d’une opposition qui n’appelle pas à l’union nationale et la puissance du Président de la République susceptible à tout moment de prendre ombrage aussi bien d’un trop grand succès que d’un échec, le Premier ministre doit mener sa barque en s’assurant qu’elle ne se transforme pas en galère.

Déclaration de politique générale du gouvernement par Manuel Valls Premier Ministre - Capture d'écran assemblee-nationale.fr
Déclaration de politique générale du gouvernement par Manuel Valls Premier Ministre - Capture d'écran assemblee-nationale.fr
(1) Constitution du 27 octobre 1946 - Article 45 :
« Au début de chaque législature, le président de la République, après les consultations d'usage, désigne le président du Conseil.
Celui-ci soumet à l'Assemblée nationale le programme et la politique du Cabinet qu'il se propose de constituer.
Le président du Conseil et les ministres ne peuvent être nommés qu'après que le président du Conseil ait été investi de la confiance de l'Assemblée au scrutin public et à la majorité absolue des députés, sauf cas de force majeure empêchant la réunion de l'Assemblée nationale ».


Articles :
- Le Premier ministre obtient la confiance de l’Assemblée nationale.
- Question de confiance : le Jaune vient de sortir.
- Manuel Valls engage la responsabilité du Gouvernement.


Les faits | Les opinions | Flash



Publicités





Paris Tribune, observateur des débats publics à Paris

Explorez l'actualité locale dans les arrondissements de Paris

Le meilleur et le pire des interventions publiques sont sur Paris Tribune.