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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



27/06/2011 - 11:22
        

Le proxénétisme à Paris

La prostitution dans les réseaux mafieux est difficilement quantifiable à Paris.



Si la prostitution n'est pas illégale en France, le racolage est un délit et le proxénétisme est une activité illicite consistant à tirer profit de la prostitution ou à la favoriser, ce qui génère un climat de violences et entraîne des nuisances pour les riverains.



Panorama du proxénétisme dans la capitale depuis le début de l'année : 18 procédures pour des faits de proxénétisme aggravé ont été établies à Paris, 14 par la brigade de répression du proxénétisme (BRP). Courant 2010 et début 2011, 8 bars à hôtesses ont fait l’objet d’une fermeture administrative en raison de lien avec des faits de proxénétisme, ainsi que 9 chambres d’hôtels ou appartements et 9 salons de massages.

Affaires résolues

Le 7 juin 2011, une dizaine de prostituées brésiliennes sont interpellées. La Brigade de répression du proxénétisme (BRP) vient de mettre à jour un réseau de prostitution brésilienne, animé par trois ressortissantes brésiliennes, âgées de 34 à 48 ans, dans 4 appartements du 13e et du 14e arrondissement de Paris : l’une s’occupait du recrutement au Brésil, la deuxième se chargeait des appels téléphoniques et des transferts d’argent et la troisième des logements, accueillant les rendez-vous. Les perquisitions permettent de saisir des récépissés de mandats de transfert d’argent vers le Brésil pour plusieurs milliers d’euros ainsi que du matériel utilisé pour placer des annonces sur Internet. Elles sont laissée libres. Les prostituées expliquent avoir été recrutées dans leur pays et travailler à Paris depuis environ un an. Le montant des passes s’élève de 120 à 150 euros. Chacune doit reverser chaque mois 1.000 euros pour exercer dans les appartements.
© Alexey Klementiev - Fotolia.com
© Alexey Klementiev - Fotolia.com

En mai 2011, c'est un réseau de prostitution thaïlandais qui est démantelé. Dissimulées dans 8 salons de massages du 5e, du 7e, du 9e et du 15e arrondissement de Paris, les masseuses facturaient leur prestation sexuelles en moyenne 170 euros la passe et en reversaient la moitié aux proxénètes : 13 hommes et femmes, de la gérante des salons et son assistante, un webmaster, un photographe, un décorateur de salons, un comptable. Près de 20.000 euros en espèces sont saisis et plus de 195.000 euros ont été bloqués sur différents comptes. Une partie des gains était envoyée en Thaïlande et l’autre partie servait à investir dans de nouveaux établissements. 3 personnes sont écrouées.

En mars 2011, sur le boulevard Mac Donald dans le 19e arrondissement, une rixe a lieu entre deux groupes de prostituées roumaines. Un véhicule fonce sur certaines d’entre elles, en blessant deux. Les policiers de la BRP, chargée des investigations, établissent qu’un groupe de ressortissants roumains encadrant des prostituées travaillant au niveau des portes de la Villette et d’Aubervillier, dans le 19e arrondissement, veulent imposer à d’autres filles, se prostituant dans le même secteur, une "taxe de rue". Afin de les convaincre, ils frappent l’une d’entre elles et percutent les autres avec leur véhicule. Les surveillances permettent de localiser un hôtel de Saint-Denis (93) où les filles sont hébergées. Le 27 mai 2011, les souteneurs, 3 hommes et une femme, âgés de 22 à 35 ans - sont interpellés ; 6prostituées se trouvent également sur place. Recrutées en Roumanie pour un travail en France, elles doivent se prostituer dès leur arrivée à Paris, avant d’être envoyées dans d’autres capitales européennes. L’une d’elle explique avoir reversé à ses patrons 40.000 euros en 6 mois.

Les prostituées alimentant les réseaux mafieux arrivent en France via des passeurs. Pour les Africaines, les passeurs sont payés par des "mamas", elles-mêmes anciennes prostituées africaines. Une fois leur propre dette payée, elles font venir une ou plusieurs jeunes femmes, redevables du "passage". Au remboursement de cette dette s’ajoutera le versement d’une partie des gains de prostitution de cas « filles ».
Les victimes sont conditionnées par les passeurs et les mamas à l’aide de techniques de maraboutage. De ce fait, elles collaborent très difficilement avec la police, craignant qu’un sort ne leur soit jeté. Il s’agit de jeunes majeures, originaires du Ghana, Nigéria, Bénin, Cameroun, et de la Sierra Leone. Beaucoup travaillent dans le 18e arrondissement dans des conditions très difficiles. Quant aux profits, ils sont systématiquement rapatriés en Afrique par mandats, par passeurs ou via le système de l’hawala.
(ndlr : un système traditionnel de paiement en Afrique non soumis au droit des contrats, fonctionnant même sans cadre légal, sans transmission de moyen de paiement et reposant entièrement sur la confiance existant entre les agents du réseau. Le principe : la prostituée donne une somme d'argent à l'un de ses proxénètes, agent du réseau, qui contacte l'agent le plus proche du destinataire de cette somme - la tête du réseau de proxénètes - et lui demande de lui verser cette somme - moins une commission - en échange de la promesse de lui rembourser plus tard.)

Le proxénétisme, et la traite des êtres humains, concerne notamment :
- l'exploitation des victimes sur la voie publique, dans les conditions les plus difficiles,
- l’exploitation sous forme de prostitution discrète, de luxe notamment, via le phénomène de "l’escorting" (agence, site d’escorts girls en ligne), ou de la prostitution dans des endroits branchés de la capitale (cabarets, discothèques), afin de rencontrer des clients fortunés.
Le proxénétisme est puni de 7 ans à 10 ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d'amende et de 20 ans de réclusion criminelle et de 3.000.000 euros d'amende lorsqu'il est commis en bande organisée.


Source : Service de la communication de la préfecture de police de Paris.




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