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"Le temps qu'il reste" ou un homme en quête d'identitéPremière TribuneUne comédie amère où le réalisateur palestinien Elia Suleiman retrace sa vie en territoire occupé.
C'est entre humour noir et métaphores filées que le producteur Elia Suleiman raconte l'histoire de sa famille, palestinienne de confession chrétienne qui se retrouve en territoire occupé par les forces armées israéliennes du jour au lendemain. L'histoire se déroule de 1945 à nos jours.
Une affiche intrigante, un film complexe
Il passe son enfance avec son père, militant palestinien, sa mère et sa tante. A l'école, rebelle, il se fait réprimander par le directeur pour avoir caractérisé l'Amérique "d'imperialiste"... Sur l'affiche, c'est lui que l'on voit, avec le directeur de son école, un souvenir sûrement marquant de son enfance. Puis Elia devient très vite un jeune homme, mais il est contraint de s'exiler lorsqu'il est dénoncé par on ne sait qui et pour on ne sait quoi... Lorsqu'il retourne en Israel, c'est déjà un homme d'une cinquantaine d'années. Dans toutes les scènes où Elia joue, il garde le silence et suggère, pousse le spectateur à traduire la scène à travers des métaphores. C'est un homme usé qui une fois en Israel prend soin de sa mère très âgée et se contente d'observer ce qui se passe dans son pays.
Malgré la présence des militaires qui scrutent tous les faits et gestes des citoyens, c'est une facette inattendue des jeunes palestiniens habitant en territoires occupés que l'on découvre. La modernité est soulignée et il y a comme une certaine aisance de la part des habitants, comme s'ils s'étaient faits à l'idée de se trouver en territoire occupé. Ils s'adonnent aux sorties entre amis en boîte de nuit et préfèrent "rester vivants" en dansant sur "staying alive".
Tout au long du film, il s'amuse avec les similitudes entre Israéliens arabes et Israéliens hébreux. Il se joue du spectateur, rompt avec les clichés allant jusqu'à mettre en scène un arabe aux yeux bleus et à la peau claire lorsque l'hébreux, lui est brun aux yeux noirs et de couleur très mate. La musique et la langue ont par ailleurs un rôle très important et donnent des indices de différenciation pour les spectateurs arabophones ou hébraophones. De la légendaire chanteuse égyptienne des années 30 à 70 Oum Kalsoum surnommée "l'astre d'Orient" en passant par l'illustre chanteur des années 50-70 Abdel Halim Hafez dit " Rossignol brun", Elia Suleiman aime à nous plonger dans un univers poétique . Il se plaît à jouer sur la similitude des langues yeddish et arabes notamment lorsque les élèves de la chorale chantent la grandeur d'Israel en langues yiddish et arabe, on se rend alors compte qu'au fond, ces deux langues ne sont pas si différentes.
Iman N.J.E
Mercredi 12 Août 2009
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