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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



07/08/2009 - 17:24
Morgane Merlin
        

Les commerçants de Maubert-Mutualité face à la loi Mallié

Cinquième Tribune demande aux commerçants de Maubert-Mutualité leur sentiment sur la loi Mallié.



La loi Mallié, tout juste validée par le conseil constitutionnel, autorise le travail dominical dans les nouvelles zones touristiques. Les magistrats, sensibles à l'argument du Maire de Paris Bertrand Delanoë, ne donnent pas à la capitale un statut particulier. La loi Mallié s'applique à Paris de la même façon qu’à Aix, Marseille ou Lille.



Pour beaucoup de commerçants du quartier interrogés, pas de changements à l’horizon avec la loi Mallié : la loi actuelle autorise déjà l'ouverture des commerces les dimanches après accord du Préfet de Paris. A la Confédération Générale du patronat des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), on se fait plus précis : "Les petites entreprises familiales sans salariés décident déjà de leur ouverture le dimanche sans avoir à demander d'autorisation".

Même si un dynamisme nouveau s’installe dans le quartier, la plupart des commerçants sont bien décidés à conserver chômé leur dimanche familial. Ce jour devrait être « essentiellement axé sur la famille et la culture » déclare M. Belamich de la boutique Om Kashi, rue de la Montagne Ste Geneviève. Résolu à ne pas ouvrir le dimanche, le patron a discuté avec l’ensemble du quartier et craint de devoir faire passer davantage son travail avant sa vie de famille : « on devient esclave de notre propre système ». Guy Tavernier de la charcuterie Saint Germain rejoint le commerçant et considère qu’il mérite bien « le privilège d’un jour de congé le dimanche ». « On travaille comme des dingues, 80 heures par semaine ».
Les commerçants de Maubert-Mutualité face à la loi Mallié

Pour d'autres par contre, le travail dominical « c’est une question de survie » comme le déclare Mme Trados de la boutique de spécialités grecques Le Pirée. Depuis 20 ans, le magasin est ouvert 365 jours par an grâce au travail des deux équipes familiales. Seulement, lorsqu’une famille part en vacances pendant quatre semaines, ce sont quatre semaines de travail à temps plein que la seconde doit assurer. Dans cette boutique où des produits frais sont vendus exclusivement, travailler le dimanche est essentiel pour éviter les pertes.

Pour les commerces non alimentaires qui n'ont pas a priori vocation à ouvrir le dimanche comme Au boulevard des bulles, magasin de BD, la motivation est tout autre : le dimanche est la deuxième meilleure journée de la semaine après le samedi. Quant à Françoise Burrows, elle ouvre son magasin de lingerie La Muse seulement les dimanches précédant Noël. "Il faut vivre avec son siècle". Pour elle, le travail le dimanche va se banaliser.
Les commerçants de Maubert-Mutualité face à la loi Mallié

Pour les cafés et les restaurants, le travail dominical est inévitable. « Il faut que quelqu’un travaille pour que les autres puissent s’amuser » sourit Agata Mrozek, serveuse polonaise à la brasserie Twickenham. Pendant qu’elle travaille, les Parisiens viennent profiter de leur jour de repos ou prennent un verre entre amis. Elle prend les choses de manière positive : « les administrations sont fermées le week-end, alors je profite de mes jours de congé en semaine pour remplir mes papiers ».
Les commerçants de Maubert-Mutualité face à la loi Mallié

Dans le cadre de la loi Mallié, il revient désormais au Maire de Paris de proposer au Préfet de Paris, qui doit l'accepter, le classement de zones géographiques à Paris en nouvelles zones touristiques. Une fois ces nouveaux espaces créés, les entreprises des lieux seront autorisées à ouvrir le dimanche sans demande préalable au Préfet. La loi Mallié prévoit deux cas de figure : le doublement du salaire pour les salariés des Puces (les fameux périmètres d’usage de consommation exceptionnels prévus dans les nouvelles zones touristiques), lesquels doivent être volontaires pour travailler le dimanche. Mais pour les autres salariés, rien de cela.

Guy Tavernier critique avec virulence l’engrenage dans lequel la société s’enfonce. « Si le dimanche devient un jour comme les autres, il n'y a plus aucune raison de payer plus les salariés ce jour-là» plaide-t-il.

Un argument qui laisse à penser que beaucoup espèrent que leur quartier qui jouxte le très touristique Quartier latin ne devienne pas une nouvelle zone touristique.


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