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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



28/01/2014 - 17:16
        

Les élus du 16e fauchent leur jardin

Le dernier conseil du 16e arrondissement avant le changement de mandature.



L'avenue Foch : un débat qui ne fait que commencer.



Le lundi 27 janvier 2014, le conseil du 16e arrondissement se termine par l'examen d'un des deux voeux présentés par le député-maire aux élus du 16e.

Le clin d'oeil de Claude Goasguen à Bertrand Delanoë

Claude Goasguen (UMP) jubile : "C'est presqu'un clin d'oeil interpellant le Maire de Paris sur une déclaration qu'il a faite il y a quelques années : le refus de construire des immeubles avenue Foch". Il souhaite qu'au dernier conseil de Paris de sa mandature, Bertrand Delanoe maintienne ses déclarations de 2011 citées dans le voeu : "Je n'ai pas l'intention de faire des buildings sur les terres-pleins de l'avenue Foch".

Thomas Lauret (PS), candidat d'Anne Hidalgo à la mairie du 16e, se lance : "C'est un débat qui va durer. On mesure votre prudence dans la rédaction de votre voeu", explique le conseiller d'arrondissement, "le dossier va évoluer, vous faites un voeu pas fini. Anne Hidalgo a dit sur France Bleu qu'il n'y aura pas d'immeubles. Il y a une réflexion sur ce qui était appelé l'Avenue du Bois jusqu'en 1929. Il y a des riverains qui ne résident pas sur place. Il faut respecter la symétrie et l'Histoire. Il y a d'autres aspects que vous n'évoquez pas dans votre voeu : l'Université Paris Dauphine, le logement (...)".

Jean-Yves Mano (PS), actuel adjoint au maire chargé du logement, ne se représente pas. Il arrive en renfort : "J'ai vu que ce dossier ressortait (...) les architectes sont dans leur rôle ou bien Paris n'évolue jamais. Ce serait intéressant d'avoir l'avis des Bâtiments de France" insiste l'homme politique. "Il faut redonner une vie à cette avenue. Il y avait 4 personnes à la manifestation ce matin. Là, on ouvre le débat, il y a une discussion".

Un tract sans trac

Claude Goasguen reprend la parole, aucun autre élu ne souhaitant s'exprimer sur le sujet : "Je vous ai écouté avec beaucoup de plaisir. Quand vous remettez en cause l'intelligence, cette fatuité qui consiste à mettre en doute l'intelligence du maire du 16e, qui a eu un peu de mal à passer son brevet (...) Quand Charles Beigbeder traite Anne Hidalgo d'Inspectrice du travail [je ne suis pas d'accord]. Mais quand vous dites que le maire du 16e 'insulte l'intelligence', votre attitude ne vous honore pas".

Le député-maire du 16e évoque un tract de Thomas Lauret dans lequel celui-ci entend défendre le "travail de recherche" de l'architecte Masson.

"Oui, c'est un projet abracadabrantesque" rappelle Claude Goasguen, "voilà pourquoi : il n'y a pas de problème de végétalisation. Le problème c'est Rozenblat (l'un des initiateurs du projet, ndlr), un viel ami de Jean-Marie Le Guen, de Julien Dray, de Cambadélis, DSK, de la MNEF ! (une allusion à un article de Paris Match, ndlr). L'essentiel du projet c'est 400 000 m² de logements sociaux le long du périphérique et le long des Bois. Je me demande pourquoi on n'a pas conservé les fortifications ! Construire le long du Bois, là, c'est progressiste et intelligent. Le projet à Dauphine ? Qui a donné 75 millions d'euros ? C'est vous ? Quant à l'hébergement des étudiants, c'est la Mairie de Paris qui a refusé le projet Fayolle que le Tribunal administratif a rejeté ! Vous, vous êtes des progressistes sur le bétonnage ! Et arrêtez avec les incubateurs, on ne vous a pas attendu ! Personne ne peut considérer que je suis plus bête. Dans vos tracts, essayez une formule plus souple et plus honnête".

"Si j'examine le Président de la République et sa tenue..." Claude Goaguen est lancé. Personne ne dit mot. Il propose de comparer son CV à celui de son adversaire politique.

"Vous connaissez Shakespeare ? Ca m'étonnerait que vous connaissiez Shakespeare ! Dans Jules César, les invectives reviennent en rafale. Soyez gentil, abstenez-vous de ce genre de considérations avec ceux qui ne sont pas d'accord avec vous.
J'ai beaucoup d'estime pour Jean-Yves Mano que je regrette de voir disparaître et Dieu sait s'il a été un opposant courageux. Il n'aura pas de statue dans l'arrondissement ! Il est sympathique en tant qu'opposant et je lui adresse un merci personnel"
.

Autoritarisme et ironie

Thomas Lauret demande à prendre la parole ; il ouvre son micro.
Claude Goasguen : "Je clos parce que c'est moi qui dirige".
Thomas Lauret parle du projet sur l'avenue Foch.
Claude Goasguen : "Vous mettrez dans votre tract que Claude Goasguen n'a pas voulu que vous preniez la parole".
Thomas Lauret parle de Jean-Yves Mano.
Claude Goasguen : "Il n'a pas besoin de votre hommage... Il veut tirer parti de Jean-Yves Mano !"
Thomas Lauret poursuit sur Jean-Yves Mano.
Claude Goasguen : "Fermez le micro de ce Monsieur".
Le micro est aussitôt coupé.
Thomas Lauret continue de parler dans le micro, sans le son.
Claude Goasguen : "Je souhaite vraiment que vous en ayez un quart [de mon intelligence] Nous verrons devant les tribunaux si les anciens de la MNEF..."
Le vote du voeu intervient. Jean-Yves Mano précise qu'il vote 'contre'.
Claude Goasguen : "Eh bien, on discutera avec Bertrand Delanoë".

C'est la fin du conseil du 16e arrondissement.
Dans le public, une personne réagit : "Il se fait plaisir !"
David Alphand, candidat à la mairie du 16e sur les listes Paris Libéré de Charles Beigbeder, murmure en quittant sa chaise : "Cela reflète toute la mandature !"
Devant la mairie, un élu centriste souligne : "Ecrire que la droite est bornée !"
Thomas Lauret déplore : "Alors que le conseil s'est déroulé sur un ton posé, alors qu'il s'agit ici d'étudier la proposition d'architecte et d'urbaniste, (Claude Goasguen) a fait preuve d'un autoritarisme certain (...)".

Un dernier conseil d'arrondissement sous le signe de l'autoritarisme et de l'ironie.

Avenue Foch, vue en direction de l'Etoile, Paris XVI - Crédit photo sous licence Creative Commons : Mbzt.
Avenue Foch, vue en direction de l'Etoile, Paris XVI - Crédit photo sous licence Creative Commons : Mbzt.

De haut en bas : Tract recto verso de Thomas Lauret (PS - à gauche) et de Claude Goasguen (UMP - à droite) *

Les élus du 16e fauchent leur jardin

Les élus du 16e fauchent leur jardin
* L'équipe de campagne de C. Goasguen n'ayant pas renvoyé de tract de bonne qualité, le rendu de celui-ci à l'écran est moins bon.

Voeu voté par la majorité du conseil du 16e arrondissement

Vu le Code Général des Collectivités Territoriales, et notamment l'article L 2511-13 ;
Vu le règlement intérieur du Conseil du 16e arrondissement ;

Considérant que l'avenue Foch est une perspective parisienne historique entre l'Arc de Triomphe et le Bois de Boulogne ;
Considérant que les allées de l'avenue Foch elles-mêmes constituent un site classé au titre des monuments naturels tout comme le Bois de Boulogne ;
Considérant que ces allées bénéficient par ailleurs de la protection d'espace boisée classé au titre du Plan Local d'Urbanisme de la Ville de Paris ;
Considérant que la première adjointe au maire de Paris, chargée de l'urbanisme, "accueille favorablement" un projet proposant des constructions immobilières sur l'avenue Foch, présenté à la presse par l'adjoint au maire de Paris délégué à la Santé ;
Considérant que ce projet porte manifestement atteinte tant au caractère des lieux qu'à toutes les protections qui s'y attachent ;
Considérant que le Maire de Paris avait, en février 2011, coupé court à toute initiative de cette nature, répliquant au même adjoint au maire délégué à la Santé : "Je n'ai pas l'intention de faire des buildings sur les terres-pleins de l'avenue Foch" ;

Sur proposition de Claude Goasguen, Député-Maire,
émet le voeu :
- Que le Maire de Paris confirme l'attachement de la Ville de Paris à la protection de l'avenue Foch et l'inconstructibilité de ses allées.



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