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Lundi 2 Août 2010 - 07:01


        

Qui veut la peau d'Eric Woerth ?





La devise de la République française est utilisée pour la 1ère fois lors de la Révolution française. Mais peinte ainsi sur les façades par les Parisiens en 1793 : unité, indivisibilité de la République, liberté, égalité ou la mort
La devise de la République française est utilisée pour la 1ère fois lors de la Révolution française. Mais peinte ainsi sur les façades par les Parisiens en 1793 : unité, indivisibilité de la République, liberté, égalité ou la mort
Les ennuis d’Eric Woerth remonteraient au « buzz » (faire du bruit sur Internet, ndlr) monté autour de la cellule fiscale créée en avril 2009 au sein du ministère du Budget. L'idée : permettre aux adeptes de l’évasion fiscale de se dénoncer au plus vite (avant le 31 décembre 2009) grâce à une stratégie visant à les effrayer, pour accélérer le nombre de dossiers de régularisation.
Une action coup de poing est programmée au retour des vacanciers. Dans le JDD du 30 août 2009, le ministre annonce détenir une liste de 3000 noms d’évadés fiscaux en Suisse. Il ajoute sur RTL : « Deux établissements bancaires nous ont fourni spontanément un certain nombre de noms de leurs clients qui ont ouvert des comptes sans que l'administration fiscale en soit informée ». Deux banques installées en France dont la nationalité est inconnue. L'autre partie de la liste a été obtenue auprès d'informateurs non anonymes et non rémunérés. « On a un très gros soupçon que la très grande majorité, si ce n'est la totalité, n'a pas déclaré ses comptes au fisc » précise Eric Woerth qui dit avoir « les noms, les numéros de compte et les montants des dépôts » qui s'élèveraient à 3 milliards d'euros.
France Info ou encore L’Expansion.com hésitent entre coup de bluff et coup de pression. « Ce n'est pas du bluff, c'est la vérité. On ne bluffe pas avec ce genre de choses, c'est sérieux » déclare Eric Woerth le 31 août sur France 5.
Pour ATS, l'agence de presse suisse, le gouvernement français a intérêt à préserver le mystère : la Suisse abrite 327 banques et la liste ne porte que sur trois d'entre elles. Il s’agit d’inquiéter les contribuables français qui, dans le doute, seraient tentés de se signaler au fisc ne sachant pas s'ils figurent ou non sur la fameuse liste.

En France, l’objectif de cette opération est rendu public dans Le Parisien du 9 décembre. Lorsque le quotidien annonce qu’une partie de la liste a été volée à la banque HSBC à Genève. Interrogé par l’AFP, le ministère « ne confirme ni n'infirme », tout en rappelant que le ministre a « toujours assuré qu'il avait plusieurs sources » pour établir cette liste et « qu'il n'a jamais payé pour obtenir quelque liste que ce soit ». Et Eric Woerth de reconnaître que la liste devait servir de « produit d'appel » pour faire sortir du bois le gros des fraudeurs.
Son objectif n’a pas été atteint. Les « fraudeurs actifs », ceux qui dissimulent sciemment leur argent, n'ont pas été impressionné par l'expédition du ministre et sont restés cachés.
« Il n'y a pas d'amnistie, avait rétorqué Eric Woerth face aux critiques de Martine Aubry, « lorsque j'indique qu'il y a un guichet de régularisation fiscale, cela veut dire aux gens qu'ils vont payer l'impôt ». En clair : l’évadé fiscal peut négocier ses pénalités et éviter les poursuites pénales, mais pas échapper à l'impôt ou aux intérêts de retard.
3000 personnes de l’ouest parisien ont ainsi défilé, une par une, à l’Hôtel des Impôts place Saint Sulpice dans le 6ème arrondissement de Paris où elles étaient convoquées. Il s’agissait pour la plupart de « fraudeurs passifs », ayant hérité d’argent placé en Suisse (la moyenne des comptes à régulariser tournait autour de 1,5 million d’euros). Des vengeurs masqués, découvrant que les plus riches de France n'avaient pas été inquiété, décidaient alors de faire payer au ministre son outrecuidance.






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