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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



15/10/2011 - 16:58
        

Rachida Dati ne veut pas de François Fillon sur ses terres

Rachida Dati est "déterminée" à se "présenter aux élections législatives en 2012 pour représenter les habitants du 7e arrondissement à l’assemblée".



Rachida Dati, élue maire dans le 7e arrondissement en 2008 et député européen en 2009, voudrait être élue député en 2012 dans la circonscription de Paris incluant le 5e, le 6e et une partie du 7e arrondissement.



Rachida Dati défend bec et ongles son ancrage dans la capitale et le fait savoir. Interrogée sur les ambitions parisiennes du chef du gouvernement, la maire du 7e arrondissement depuis 2008 et signataire du manifeste des élus UMP dissidents "Pour en finir avec la spirale de l'échec à Paris", a tenu à clarifier sa position sur la chaîne parlementaire Public Sénat le 13 octobre 2011 : "ou François Fillon veut venir à Paris et il veut venir nous aider à conquérir Paris, il n’y a aucun problème, (...) ou alors il souhaite une circonscription de confort pour des convenances personnelles et ça, les Parisiens ne l'accepteront pas et ne le supporteront pas."

Prononcée lors d'une remise de décorations à huis-clos organisée le 12 octobre 2011 à Matignon, la petite phrase du Premier ministre fait mouche : "Le moment venu, je serai à vos côtés pour mener la campagne législative à Paris".

Dans l'assistance, Philippe Goujon, député-maire du 15e arrondissement, est un patron de la fédération UMP de Paris heureux. Comme le chef du gouvernement, il trouve que la droite à Paris a besoin d'être soudée autour du gouvernement pour gagner les élections municipales en 2014. Et François Fillon ferait un candidat idéal pour mener la rénovation de la droite à Paris et remporter la Mairie de Paris. En 2014, 4 arrondissements sur 12 seraient prenables à la gauche et permettraient de faire basculer à droite la majorité au conseil de Paris. Parmi eux : le 12e arrondissement, terre que commence à labourer la nouvelle sénatrice de Paris Chantal Jouanno.

Rachida Dati, un temps pressentie pour être élue dans le 12e arrondissement en 2008, se refuse à envisager la venue de François Fillon à Paris. L'explication : "S’il avait des intentions parisiennes, intentions parisiennes au sens large, je crois qu’il m’en aurait parlé, il ne l’a pas fait jusqu’à maintenant (...) ce n’est pas lui qui fait des déclarations, il n’a pas dit qu’il serait candidat dans une circonscription, il n’a pas dit qu’il serait candidat aux législatives". Son contradicteur, Guillaume Durand, intervient : "il ne peut pas le dire aujourd'hui" compte-tenu de la campagne électorale et "de son rôle majeur aux côtés du Président de la République".

Rachida Dati n'est pas de cet avis : "Il est juste Premier ministre. Il ne vous a pas échappé que nous appartenons à la même majorité, nous avons participé et appartenu au même gouvernement, nous avons été nommé par Nicolas Sarkozy (...) Mais attendez, 'il peut pas', mais ça ne veut rien dire 'il ne peut pas' ! Il peut tout dire, il peut tout faire ! (...) Donc, les Parisiens c’est un lot de consolation, on arrive, on se planque et hop, ni vu ni connu, non mais c’est pas ça Paris !"

Se sentant menacée, l'ex-Garde des Sceaux revendique le droit acquis. Ayant elle-même fait le choix d'un arrondissement qui ne pouvait basculer à gauche, elle considère qu'elle y a pris racine en l'espace d'un demi-mandat. Selon elle, le même processus ne saurait être utilisé par le Premier ministre : "Je ne verrais pas pourquoi le Premier ministre viendrait m’agresser là où je suis élue !"

Dati prend date : "Il y a des circonscriptions à l'Est parisien dont nous avons besoin pour reconquérir Paris, qui ont été perdues sur des divisions à droite. Alors le courage, le défi serait de reconquérir ces circonscriptions de l'Est parisien. Ce sera un défi à la hauteur du Premier ministre. C'est vrai qu'il faut du courage, ça je vous le concède." Mais en 2008, elle n'a pas tenté d'emporter un arrondissement incertain, ni cherché à rallier des électeurs venus de la diversité pour y parvenir.

"Vous savez il ne faut pas que François Fillon crée de la division là où il y en a déjà beaucoup à Paris et en abandonnant les Sarthois qui eux aussi risquent aussi de le faire payer à la droite", explique-t-elle tout en prenant la précaution de laisser la porte ouverte : "S’il veut nous aider à reconquérir Paris : mais bienvenue au club ! Nous on fait que ça !"

Dans 'le club', le maire du 6e arrondissement Jean-Pierre Lecoq se fait discret. Lui aussi craint d'être délogé, après 17 ans de pouvoir. Si Rachida Dati remue ciel et terre pour rester dans le 7e arrondissement, l'Elysée pourrait trancher en sa faveur et demander aux électeurs du 6e arrondissement de voter François Fillon. Ou encore à ceux du 5e arrondissement, où la succession de Jean Tiberi est ouverte.
Pour les législatives de 2012, les électeurs du 5e arrondissement, appartenant à la même circonscription que le 6e et une partie du 7e arrondissement, sont déjà prêts à accueillir le Premier ministre.

Dernière minute : 
François Fillon vient d'annoncer le 15 octobre 2011 lors du 63e congrès des maires à la Ferté-Bernard dans la Sarthe qu'il sera bien candidat à Paris lors des prochaines législatives : "J'ai dit que je solliciterais la confiance des Parisiens aux prochaines législatives. Je suis fier de mes racines sarthoises, je ne les romprai jamais, je les porte en moi mais je ressens la volonté de passer la main. Dans la vie, il faut se fixer de nouveaux défis".




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