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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



25/03/2016 - 17:46
        

Roland Garros et Serres d'Auteuil : des années de procédure pour la Fédération Française de Tennis qui souhaite rester à Paris

XVIe arrondissement de Paris, 25 mars 2016 (Paris Tribune) : le tribunal administratif ordonne la suspension des travaux d'extension de Roland Garros.



La Fédération Française de Tennis tient à son projet dans le 16e arrondissement de Paris, source de conflits depuis ce choix il y a trois ans, en accord avec la Ville de Paris et le gouvernement, impliquant d'empiéter sur le jardin des Serres classées d'Auteuil, alors que Versailles (78) lui tendait les bras, ainsi que Gonesse (95) et Marne-la-Vallée (77).



Nouvelle victoire pour les deux grandes associations de protection du patrimoine dans le 16e arrondissement de Paris. Alors que le chantier est arrêté depuis le mois de décembre 2015, l'un des deux recours introduits par la Société de Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France (SPPEF) et par Vieilles Maisons Françaises (VMF) a porté ses fruits : le tribunal administratif a suivi les conclusions du rapporteur public lors de l'audience du 9 mars 2016.  La représentante de l'Etat a en effet jugé que l'étude d'impact fait par la FFT était "insuffisante" et que le projet n'est "pas conforme au classement du site protégé du Bois de Boulogne", en soulignant que le sol du jardin des Serres d'Auteuil est classé et inscrit aux monuments historiques.

Depuis que la décision du tribunal administratif de Paris ordonnant le jeudi 24 mars 2016 la suspension des travaux de Roland-Garros dans le jardin des serres d'Auteuil, les réactions pleuvent depuis 24 heures. Les élus du conseil de Paris sont satisfaits : en 2015, Les Républicains, UDI et Groupe Ecologiste de Paris se sont unis pour protéger l’environnement du bois de Boulogne et les Serres d’Auteuil menacées. Pour Claude Goasguen (LR), député-maire du 16e arrondissement, Roland Garros doit rester à Paris dans l'arrondissement et toujours à la condition de "ne pas faire n'importe quoi". Il reproche à Anne Hidalgo de vouloir faire passer en force le projet de la FFT, avec l'aide du gouvernement, sans respecter le vote des élus au conseil de Paris.

La Fédération Française de Tennis explique sa position dans un communiqué de presse. C'est la première à avoir communiqué. Elle a eu le temps de préparer sa réponse, l'audience du 9 mars 2016 s'étant mal passée pour elle. Elle en appelle à "l'intérêt national qui contribuera au rayonnement de Paris et de la France" afin d'organiser les JO 2024 en s'appuyant sur "le nouveau Roland Garros", projet pour l'instant arrêté.
Serres d'Autueil © Jean-Paul Bounine - Fotolia.com
Serres d'Autueil © Jean-Paul Bounine - Fotolia.com

La FFT communique

Le Fédération Française de Tennis réagit la première dans un communiqué de presse dont la forme est respectée :
La Fédération Française de Tennis prend acte de l'ordonnance du tribunal administratif de Paris de suspendre les travaux de construction du Court dans le jardin des Serres d'Auteuil.
La FFT vient évidemment de se pourvoir en cassation à l'encontre de cette décision, afin de s'en remettre à la décision du Conseil d'Etat.

Certes, cette suspension des travaux participe des aléas des projets de cette ampleur, comme cela a été le cas pour la Samaritaine, la Fondation Louis Vuitton ou le stade de l'Olympique Lyonnais. Mais la FFT déplore vivement de constater qu'une fois encore malgré l'accord unanime de toutes les instances officielles consultées dans le cadre de l'instruction des permis de construire, dans lesquelles siégeaient nombre de personnes qualifiées et d'experts en matière d'environnement, de protection du patrimoine, des sites et des paysages, l'indispensable modernisation du stade Roland-Garros soit ralentie par des recours contentieux qui retardent l'avènement d'un projet réconciliant la ville, le sport et la nature.

La FFT  rappelle à toutes fins utiles que les Serres historiques de Jean-Camille Formigé ne seront pas détruites mais entièrement préservées et que le jardin qui jouxte le périphérique sera embelli par ce nouvel équipement conçu par Marc Mimram, comme l'a confirmé l'avis de l'architecte des Bâtiments de France. Ces nouvelles serres participeront de l'indispensable rénovation du Jardin botanique de Paris.

La FFT souligne également que, dans un contexte ou l'argent public se fait rare, elle finance à 95 % la rénovation du stade Roland-Garros, grâce aux revenus du tournoi, lequel génère chaque année près de 300 M€ de retombées économiques * (* Source Etude BIPE 2013) pour l'agglomération parisienne et permet le financement du tennis amateur en France.

Elle déplore profondément que les opposants au projet s'entêtent à proposer des alternatives qui se sont avérées de fausses bonnes idées d'un point de vue opérationnel, juridique, environnemental, lesquelles sont de toutes façons disqualifiées en raison de surcoûts exorbitants impossible à financer. Et souligne qu'entretenir l'idée d'une couverture de l'A13 est illusoire puisque tous les débats d'experts et toutes les études ont démontré que la création d'une continuité nouvelle entre le site de Roland-Garros et le Bois de Boulogne serait inacceptable pour tous les défenseurs du Bois et en particulier pour les services de l'Etat en charge de sa préservation.

Elle réaffirme l'importance de ce projet pour l'avenir de son tournoi du Grand Chelem, pour le tennis français et plus largement pour l'image de la France, et ce alors même que Paris s'est portée candidate afin d'organiser les JO 2024 en s'appuyant précisément sur la richesse des infrastructures, dont le nouveau Roland-Garros serait un atout majeur.

Depuis plus de 10 ans, la FFT s'est attachée à étudier toutes les options possibles pour la modernisation de son stade et ce dans un esprit de concertation souligné comme exemplaire par l'enquête publique, permettant ainsi à son projet d'évoluer et de franchir toutes les étapes politiques et administratives préalables à sa réalisation. Alors que la Fédération de tennis américaine sera à même de délivrer en 2016 le toit de son court central moins de trois ans après en avoir décidé, la FFT reste plus que jamais déterminée à faire aboutir son projet d'intérêt national qui contribuera au rayonnement de Paris et de la France.


Fédération Française de Tennis, communiqué du jeudi 24 mars 2016.

Les associations communiquent

Les travaux d’extension de Roland-Garros sur le Jardin des serres d’Auteuil suspendus.

Les associations de protection de l’environnement et du patrimoine, FNE IDF (France Nature Environnement Ile-de-France), SOS Paris, la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France) et les VMF (Vieilles Maisons Françaises) ont eu gain de cause en obtenant la suspension des travaux du complexe sportif de Roland-Garros sur le jardin des Serres d’Auteuil. Aujourd’hui, le tribunal administratif de Paris, dans sa formation de référé, a confirmé les demandes des associations en jugeant que le projet d’un court de tennis de 5 000 places au cœur de ce jardin botanique unique n’est pas compatible avec le lieu, de sorte que les travaux doivent être suspendus en attendant un jugement définitif sur le fond.

L’exigence d’un déclassement partiel préalable du Bois de Boulogne : 
Le Jardin botanique des Serres d’Auteuil est un lieu unique bénéficiant d’une double protection (au titre des sites comme élément constitutif du Bois de Boulogne, et au titre des Monuments historiques, pour la majeure partie de ses bâtiments et l’intégralité de son sol dans sa composition). La privatisation d’une partie de ce jardin, bien commun dédié à la promenade publique selon la vocation du bois de Boulogne, nécessitait un déclassement partiel préalable par décret en Conseil d’Etat.

Le combat des associations continue : 
Confortées dans l’action qu’elles mènent depuis plus de 5 ans, les associations rappellent qu’elles ont proposé des solutions alternatives, respectant le cahier des charges de la FFT et préservant le Jardin des serres d’Auteuil, notamment par la couverture partielle de l’autoroute A13 qui borde le complexe actuel sur toute sa longueur. Celle-ci a pour double avantage, sans surcoût majeur, de doter la FFT d’un nouvel espace et d’effectuer une réparation écologique en offrant une nouvelle liaison du Bois à la ville.
Regrettant les dernières communications de la FFT, dénigrant voire ignorant le talent de Jean-Camille Formigé, les associations rappellent que Formigé est un des architectes les plus connus de son époque, au même titre que Eiffel ou Baltard. Nombre de ses créations participent aujourd’hui de la beauté de la France et, notamment de Paris, avec le square d’Anvers, la place de la Nation ou encore la décoration du pont de Bir-Hakeim. La protection d’une de ses œuvres les plus abouties est un devoir pour tous.
Egalement, l’artificialisation du jardin botanique est contraire aux engagements pris par l’Etat et la Ville de Paris pour lutter contre le réchauffement climatique lors des accords de Paris de décembre 2015.
Enfin l’obstination de la FFT sur ce projet risque de jeter le discrédit sur la candidature de Paris aux JO de 2024, en opposant au sport la protection de l’environnement et du patrimoine.

France Nature Environnement, communiqué du 25 mars 2016.

Communiqué du Groupe Ecologiste de Paris

Roland-Garros : Nouveau revers pour la FFT.

Les écologistes se félicitent de la décision du Tribunal administratif de Paris, qui a ordonné jeudi soir la suspension des travaux d’extension de Roland-Garros dans le jardin des serres d’Auteuil. « Non seulement le tribunal reconnait que les serres que la FFT veut démolir ont été conçues comme un complément aux serres historiques mais de plus il souligne la violation manifeste du droit en matière de protection des sites classés », se félicite Yves Contassot, Conseiller de Paris écologiste.

Cette décision conforte le point de vue des associations et des élu-es écologistes qui demandent depuis des années qu’un projet alternatif soit étudié sérieusement. « Derrière l’acharnement de la Fédération française de tennis (FFT), il y a en réalité une situation très simple : soit on détruit un jardin, soit on couvre l’autoroute A13 », rappelle Anne Souyris, coprésidente du Groupe écologiste de Paris (GEP). « Alors que notre municipalité se bat pour végétaliser Paris, un tel entêtement est incompréhensible », déplore l’élue du 10e arrondissement. « En pleine candidature pour l’accueil des Jeux olympiques 2024, Paris doit donner des gages en renonçant à ce grand projet inutile. La candidature de Paris ne doit pas être la candidature de la gabegie », ajoute David Belliard, coprésident du GEP.

Groupe écologiste de Paris, communiqué du 25 mars 2016.




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