Connectez-vous S'inscrire
Menu
Paris Tribune Paris Tribune
     



© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



29/12/2014 - 18:12
        

Salammbô et Mâtho aux enchères

L’œuvre majeure de Théodore Rivière à Deauville le 30 décembre 2014.



Théodore Rivière : un sculpteur à mieux connaître.



La société de ventes volontaires Tradart Deauville termine l’année avec une intéressante vacation, le 30 décembre 2014 à partir de 14 heures.
Salammbô, l’héroïne de Gustave Flaubert dans l’œuvre éponyme publiée en 1862, est à l’origine du lot 17 de Théodore Rivière (1857-1912) Il s’agit d’une sculpture chryséléphantine en bronze à patine verte et ivoire nommée « Carthage » par le commissaire-priseur. Elle est signée à la base « Susse frères éditeurs ». Ses dimensions sont de 65 x 34 x 27 cm. L’estimation est de l’ordre de 60.000 € à 70.000 € frais en sus, au taux de 25,20 % TTC.


Salammbô de Théodore Rivière sur Paris Tribune (détail) © Société de ventes volontaires Tradart Deauville.
Salammbô de Théodore Rivière sur Paris Tribune (détail) © Société de ventes volontaires Tradart Deauville.

L’œuvre majeure de Théodore Rivière

Théodore Rivière est un habitué du Salon des Artistes Français. Il présente son travail dont le fondeur est Pierre Bingen, à Paris, au Salon de 1895. L’œuvre est intitulée « Salammbô chez Mâtho, Je t'aime ! Je t'aime ».
L’Etat s’en porte acquéreur dès l’exposition pour la coquette somme de 6.000 francs. Il est vrai qu’une sculpture chryséléphantine comprend normalement du bronze, de l’or et de l’ivoire.
Au musée du Luxembourg  jusqu’en 1934, puis au Louvre, elle rejoint le musée d’Orsay dès 1986 pour son ouverture. Ses dimensions sont de 40 x 21,4 x 19 cm donc inférieures à l’œuvre mise en vente aux enchères.
L’esquisse en plâtre de l’œuvre originale est dans la collection du musée des Beaux-Arts de Dijon. Cette oeuvre a connu du succès.
La manufacture de Sèvres en a réalisé des éditions en biscuit, des bronzes ont été coulés ainsi que des sculptures en bronze et ivoire par Susse, en diverses dimensions.

Salammbô et Mâtho aux enchères

Mâtho, le chef libyen qui commande aux mercenaires est aux pieds de Salammbô, la fille de son ennemi, pour une étreinte où il lui clame son amour. Salammbô est une femme fatale. Il expire.
 
La scène se déroule après la première guerre punique entre Rome et Carthage. Les mercenaires barbares se révoltent car ils n’ont pas perçu leur solde. Mais Mathô est éperdument amoureux de la fille du principal suffète de Carthage, l’homme qui dirige la ville. (1)
 
Emile Faguet commente ainsi l’œuvre littéraire :
« Une époque et un lieu où la haine, la soif de vengeance, l’avarice, l’avidité, la cruauté raffinée ou féroce, l’amour à l’état de folie sensuelle, la religion à l’état de férocité monstrueuse, seraient le fond du tableau et tout le tableau, sans une éclaircie ou un coin lumineux et pur ; une époque et un lieu où il n’y eut pas un bon sentiment ou un bon instinct ; une époque et un lieu où l’homme ne fut qu’un animal atroce et brutal, ou rusé et atroce » (2)
 
A contempler l’œuvre de Théodore Rivière, on ressent la puissance de l’étreinte, la soumission du libyen et l’ivresse de l’Orient.

Mieux connaître Théodore Rivière

Le Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix possède dans sa collection le groupe en bronze « Attila et les Huns » Le plâtre de cette œuvre a été présentée au Salon des Artistes Français en 1897. Théodore Rivière l’a commenté :
« Un pâtre a découvert dans les steppes où les Scythes l’avaient cachée, l’épée de Mars qui devait donner à son possesseur le pouvoir de conquérir le monde. Il la remit à Attila. Les Huns exultent en voyant ce précieux talisman dans la main du roi ».
 
Théodore Rivière décède à 55 ans à Paris, le 8 novembre 1912. Colette Dumas née Lavallard lui consacre une monographie en 1997. Elle caractérise l’art de l’ancien élève d’Alexandre Falguière (1831-1900) et son attrait pour l’Orient.
 
L’estimation pour cette œuvre de grande qualité est susceptible d’être dépassée par un amateur fortuné.

Salammbô oeuvre de Théodore Rivière sur Paris Tribune © Société de ventes volontaires Tradart Deauville.
Salammbô oeuvre de Théodore Rivière sur Paris Tribune © Société de ventes volontaires Tradart Deauville.

(1) Carthage était dirigée par deux « Suffètes », l’équivalent des Consuls de Rome.
 
(2) Émile Faguet, Flaubert, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1899 rapporté par http://salon-litteraire.com/fr/gustave-flaubert/content

Articles liés :




Et aussi
< >

Samedi 25 Juin 2016 - 14:50 Un ours blanc en robe noire

Lundi 12 Octobre 2015 - 13:04 Des cannes pour l’élégance et les passions

Dimanche 27 Septembre 2015 - 19:49 Erotisme masculin pour hommes

Les faits | Les opinions | Flash



Publicités





Paris Tribune, observateur des débats publics à Paris

Explorez l'actualité locale dans les arrondissements de Paris

Le meilleur et le pire des interventions publiques sont sur Paris Tribune.