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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



22/06/2009 - 23:52
        

Silence, on lynche…

Sixième Tribune



Le dernier conseil d’arrondissement avant les vacances se transforme en salle d’exécution.



ll est 20h45 et l’heure des questions diverses arrive. Geneviève Bertrand demande la parole et lit aux élus l’extrait de l’éditorial qu’Olivier Passelecq met en ligne le 11 juin dans le blog des radicaux du 6e.

Dressant le bilan des élections européennes dans l’arrondissement, il se fait le porte-parole de tous les élus radicaux du 6e (trois personnes) pour regretter « l’évanescence politique et le manque d’implication dans le scrutin de l’élue du Nouveau Centre, dont on aurait pu attendre, à en croire les prétendues convictions européennes, plus d’engagement ».

L’élue du Nouveau Centre, c’est elle.

« Mais sans doute préfère-t-elle » poursuit-il, « apporter son soutien aux partis de gauche et voter avec eux au Conseil de Paris, plutôt que de respecter le pacte majoritaire conclu avec l’UMP lors des élections municipales.»

Diffamation et/ou dénigrement, Geneviève Bertrand demande la correction du texte et des excuses. Sinon, c’est le dépôt d'une plainte en diffamation.

Olivier Passelecq refuse et la met au défi : « C’est une tribune politique et donc vous pouvez aller porter plainte si vous pouvez le prouver ». Avant d’ajouter : « Vous n’aurez pas d’excuses et si vous voulez portez plainte, allez-y ». Selon lui, Geneviève Bertrand doit choisir son camp. En clair : celui de l’UMP.

D’un ton très calme, Jean-Pierre Lecoq essaye de répondre objectivement à la question en argumentant. Il rappelle qu’au Conseil de Paris les positions de Geneviève Bertrand étonnent.

Prise sur sa liste d'union lors des municipales de 2008 à la demande d’Yves Pozzo di Borgo et de Françoise de Panafieu, il explique que l’interprétation qui est faite de certains de ses votes « peut être délicate ».

Sans doute lié au fait qu’elle soit « présidente de la commission des affaires culturelles à la Mairie de Paris », susurre-t-il. Ce que dément aussitôt Geneviève Bertrand en indiquant que le maire UMP du 1er arrondissement est aussi président de la commission des finances.

Dans la salle, tout le monde retient son souffle. Les deux élus-avocats, l’un au PS et l’autre à l’UMP Radical, ne disent mot.

Dans un conseil d’arrondissement où les débats se mènent souvent de manière biaisée, l’audace de l'intervention de Geneviève Bertrand semble gêner.

Si la majorité croit devoir la critiquer, la manière a de quoi surprendre. Et si le lynchage fort heureusement n'existe plus, quelques individus lapident encore les femmes, hélas.
A la droite du maire UMP : Geneviève Bertrand, Conseiller de Paris, adjointe au maire, élue du Nouveau Centre, parti présidé par Hervé Morin. A sa gauche : Olivier Passelecq, adjoint au maire, élu des Radicaux, parti présidé par Jean-Louis Borloo.
A la droite du maire UMP : Geneviève Bertrand, Conseiller de Paris, adjointe au maire, élue du Nouveau Centre, parti présidé par Hervé Morin. A sa gauche : Olivier Passelecq, adjoint au maire, élu des Radicaux, parti présidé par Jean-Louis Borloo.


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