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12/01/2015 - 21:17
        

Cherif Kouachi ravagé par le fanatisme religieux

Un terroriste parisien.



Les dernières paroles de Cherif Kouachi.



Né dans le 10e arrondissement de Paris en novembre 1982 de parents algériens, Cherif Kouachi devient orphelin de père et de mère. Il est élevé en foyer comme ses quatre frères et soeur. 

Il est condamné à 26 ans pour avoir trempé dans l'organisation d'une filière d'envois de candidats français au Djihad en Irak, la filière des Buttes-Chaumont dans le 19e arrondissement de Paris. C'est en prison qu'il rencontre Amedy Coulibaly, condamné pour des faits de droit commun (vols, trafic de stupéfiants, braquages) avec qui il noue une solide relation d'amitié.

Il se radicalise en plusieurs étapes notamment auprès d'un imam autoproclamé français d'origine algérienne, Farid Benyettou, 23 ans au moment des faits ; puis au contact de  Djamel Beghal, prisonnier, au même moment que lui et Amedy Coulibaly à la prison de Fleury-Mérogis, pour avoir participé à un projet d'attentat contre l'Ambassade des Etats-Unis à Paris.

Auteur-présumé avec son frère Saïd Kouachi de la fusillade à Charlie Hebdo, Cherif Kouachi cagoulé se trompe de numéro de rue, puis il apparaît sans chaussure à un pied dans la vidéo d'un riverain montrant l'exécution du policier du commissariat du 11e arrondissement : il suit son acolyte également cagoulé parti achever le policier blessé avec une chaussure et une chaussette. Il récupère son soulier en  remontant dans la voiture. Plus tard, une carte d'identité est retrouvée dans le véhicule abandonné. Les noms sont dévoilés dans la nuit.

Ils sont soupçonnés d'être les auteurs de l'assassinat le 7 janvier 2015 de 12 personnes : 8 journalistes (7 hommes et 1 femme) 2 policiers, 1 invité de Charlie Hebdo et 1 salarié de Sodexo.
Une longue traque commence. Ils sont poursuivis pour "assassinat, tentative d'assassinat, vol à main armée en bande organisée, et association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes" (Procureur de Paris François Molins, le 7 janvier 2015).


En apprenant les charges pesant contre son mari, l'épouse de Cherif Kouachi le condamne lors d'une audition de 72 heures dans les locaux de la brigade criminelle avec la présence de son avocat. Conformément à ses préceptes religieux, la jeune femme portant le niqab côtoyait peu son mari. Elle déclare n'être au courant d'aucune de ses activités, dont les déplacements au Yemen. Elle ressort libre le 10 janvier sans aucune charge retenue contre elle.

Concernant les 500 appels téléphoniques passés en 2014 entre elle et la compagne d'Amedy Coulibaly activement recherchée par la police, les réponses ne sont pas encore connues. Son avocat, Maître Saint-Palais, tient auparavant à avoir accès à cet élément du dossier dévoilé par le Procureur de Paris lors de la conférence de presse le 9 janvier en soirée.

Réfugiés dans une imprimerie à 42 km au nord-est de Paris où l'assaut est donné le 9 janvier en fin d'après-midi, Cherif Kouachi et son frère sortent sans un cri en tirant sur les membres du GIGN. Ils sont abattus sur le champ.

Les dernières paroles de Chérif Kouachi

(La vidéo postée sur You Tube, trouvée par Paris Tribune qui l'avait mis en ligne, a été retirée du Net à la demande de NextRadio BFM TV) - Des extraits ont également été publiés sur YouTube par BFM TV).

Cherif Kouachi appelle BFM TV le 9 janvier 2015 :
(...) Nous, on te dit juste que on est les défenseurs du Prophète …. Et que j’ai été envoyé moi, Chérif Kouachi, par Al Qaïda du Yemen…
Le journaliste de BFM TV : D'accord...

Cherif Kouachi :
D'accord ? Et que je suis parti là-bas et que c’est (nom en arabe) qui m’a financé.

Journaliste : D’accord. Et c’était il y a combien de temps à peu près ?

Cherif Kouachi 
Ca fait longtemps. Avant qu’il soit tué. Qu’Allah lui fasse miséricorde. 

Journaliste : D’accord. Et donc tu es revenu en France il n’y a pas très longtemps ?

Cherif Kouachi 
Si, il y a longtemps. C’est-à-dire les services secrets… t’inquiète pas, je les connais, je sais très bien comment j’ai pu... bien faire les choses.

Journaliste : D’accord. Et là vous n’êtes que tous les deux, toi et ton frère ?

Cherif Kouachi 
Là, c’est pas ton problème.

Journaliste : Et il y a des gens qui sont derrière vous ou pas ?

Cherif Kouachi 
Là, ce n’est pas ton problème.

Journaliste : D’accord. Et vous comptez tuer encore au nom d’Allah ou pas ?

Cherif Kouachi 
Tuer qui ?

Journaliste : Je ne sais pas. C’est… c’est une question que je te pose. 

Cherif Kouachi :
Est-ce qu’on a tué des civils pendant les deux jours où vous nous cherchiez ?

Journaliste : Vous avez tué des… des journalistes.

Cherif Kouachi 
Non mais, est-ce qu’on a tué des civils… des civils ou des gens… est-ce qu’on était assoiffé de sang pendant les deux jours où vous nous cherchiez ?
Allez, des journalistes (non audible) d’accord ?

Journaliste : Attends... Chérif, Chérif ! Est-ce que vous avez tué ce matin ?

Cherif Kouachi 
Mais, on n’est pas des tueurs nous. Nous, on est des défenseurs du Prophète et pas… On tue pas les femmes, on tue personne nous. Nous, on défend le Prophète (nom en arabe). Ceux qui l’offensent, là il n’y a pas de problèmes, on peut les tuer.
Nous, on ne tue pas de femmes, on n’est pas comme vous, on n’est pas… c’est vous qui tuez les enfants, les musulmans, en Irak, en Syrie, en Afghanistan, ça c’est vous, c’est pas nous ça ! Nous, on a des codes d’honneur, nous… dans l’Islam.

Journaliste : Oui mais là, vous vous êtes vengés. Vous avez tué douze personnes !

Cherif Kouachi 
Oui… on a vengé, tu as bien dit ! Parce qu’on a vengé, exactement. Voilà, tu l’as dit tout seul : parce qu’on l’a vengé (...).

Enquête sur les jihadistes diffusée en 2005 dans l'émission "Pièces à conviction", sur France 3

Portrait de Chérif Kouachi dans une rediffusion de Pièces à conviction (2005) sur France 3 le soir même de l'attentat à Charlie Hebdo.

Maître Vincent Ollivier, l'ancien avocat du suspect


Maître Dominique Many, avocat du co-prévenu de Chérif Kouachi






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