Connectez-vous S'inscrire
Menu

Face à face Gilets jaunes et policiers à deux pas de l'Elysée

La hausse des impôts en France de 2012 à 2017.

Les Français en gilet jaune contestent la hausse des impôts en France.

17 Novembre 2018 - 17:00
        

Face à face Gilets jaunes et policiers à deux pas de l'Elysée © DR.
Face à face Gilets jaunes et policiers à deux pas de l'Elysée © DR.
Dans l'un des quartiers les plus riches de la capitale, samedi 17 novembre 2018 après-midi et à la nuit tombée, un millier de Gilets Jaunes, selon la police, se trouvent rue du Faubourg Saint-Honoré, dans le 8e arrondissement de Paris, sans un regard pour les belles vitrines.

Ils demandent à voir le président et à discuter avec lui afin d'être entendu.

Au 1er janvier 2019, les taxes vont augmenter :
  • + 6,5 centimes € par litre pour le gazole
  • + 2,9 centimes € par litre pour l'essence.

Au 1er janvier 2018, la hausse moyenne a été de 7,6 centimes d’euro par litre pour le gazole et de 3,84 centimes €/l pour l’essence.

Explications résumées

1) Le coût du pétrole brut est très inférieur au montant des taxes appliquées aux carburants : en mai 2018, il comptait pour moins de 30% du prix des carburants à la pompe.

2) 60% des prix des carburants à la pompe sont des taxes pétrolières revenant à l’État.

​Explications détaillées

Chaque année, les taxes augmentent. C'est le début de mobilisation contre la hausse du prix des carburants à la pompe, qui s'ajoute aux hausses des impôts depuis 2012 (voir tableau).

Emmanuel Macron a expliqué que la hausse du cours du pétrole brut durant les derniers mois est responsable des « trois quarts » de la hausse dans le cas du gazole.
En effet, entre juin 2017 et septembre 2018, les cours mondiaux du pétrole sont remontés de près de 70%.

Mais le Chef de l'Etat et son Gouvernement ne disent pas que la légère revalorisation de l’euro face au dollar a « marginalement amorti le choc » (cf. Christian de Perthuis et Anouk Faure dans une note à la Chaire Économie du Climat publiée le 5 novembre 2018).

Ainsi, le coût du pétrole brut dans les prix des carburants reste minoritaire, de l’ordre de 30% à 35% du total à la pompe (raffinage compris).

C’est bien la lourde fiscalité pesant sur les carburants qui est responsable de la hausse sur les carburants à la pompe, aujourd’hui pointée du doigt par les Gilets Jaunes.

Les Taxes de l'Etat sont composées par 2 taxes : TICPE et TVA.

1) La TICPE (Taxe Intérieure sur la Consommation de Produits Energétiques, ex-« TIPP ») s’applique à tous les produits pétroliers (essence, gazole, fioul).
Son montant est fixe par litre vendu, elle est constante pour une année donnée : elle ne subit pas les fluctuations des prix du brut.

En octobre 2018, les prix moyens des carburants dans les stations-service ont atteint :
- 1,52 €/l (dont 56,7% de taxes) pour le gazole
- 1,56 €/l (dont 61% de taxes) pour le SP95

En 2018, la TICPE est de :
- 0,594 €/l pour le gazole routier 
- 0,6829 €/l de SP95 (de 0,6629 €/l de SP95-E10).

Le coût de la TCIPE représente donc 3/4 des taxes incluses dans le prix des carburants à la pompe.

Depuis avril 2014, les TICPE intègrent une une taxe carbone : une contribution climat-énergie dont le montant est augmenté chaque année : 44,6 €/t de CO2 en 2018 et 55 €/t de CO2 en 2019, avec une cible de 86,2 €/t de CO2 en 2022 (élection présidentielle).

C'est pour cette raison que le Chef de l'Etat et son gouvernement expliquent qu'augmenter le prix des carburants à la pompe c'est pour aider la Planète - toujours en faisant porter le chapeau à la hausse du cours du pétrole de juin 2017 à septembre 2018, dans une remontada de près de 70 % !

Les Taxes de l'Etat sont aussi composées par 
2) La TVA, qui s’applique sur les produits hors taxes ainsi que sur le montant de la TICPE à un taux de 20% - excepté en Corse : 13%.
Le coût de la TVA représente environ 25 % des taxes incluses dans le prix à la pompe.
 
La hausse des impôts en France de 2012 à 2017 © INSEE et DGFIP
La hausse des impôts en France de 2012 à 2017 © INSEE et DGFIP

L'effort demandé aux générations

Les retraités sont inquiets et n'entendent pas les arguments du gouvernement.
​« On demande un effort générationnel (...), et à ceux auxquels on paye les retraites (...) pour accompagner les générations qui n'ont pas eu les mêmes chances ». 
Aurore Bergé, porte-parole des députés LREM, 29 août 2018 sur Ecorama, Boursorama.

Les Gilets jaunes, sans mouvement central, sans se connaître, font face aux forces de l'ordre qui craignent des débordements.
Les Gilets jaunes à Paris sont divisés sur la stratégie à adopter. Ils sont contenus mais ils avancent.
 


Cet article cite : gilet jaune, impôts, élysée



Journal Paris Tribune | Grand Paris Tribune | France Tribune | Europe Tribune | Monde Tribune | Fontenay Tribune | Maohi Tribune | Libye Tribune | Paris Tribune Post | Cités | Journal du 1er arr. | Journal du 2e arr. | Journal du 3e arr. | Journal du 4e arr. | Journal du 5e arr. | Journal du 6e arr. | Journal du 7e arr. | Journal du 8e arr. | Journal du 9e arr. | Journal du 10e arr. | Journal du 11e arr. | Journal du 12e arr. | Journal du 13e arr. | Journal du 14e arr. | Journal du 15e arr. | Journal du 16e arr. | Journal du 17e arr. | Journal du 18e arr. | Journal du 19e arr. | Journal du 20e arr.



Publicité


Paris Tribune, observateur des débats publics à Paris

Explorez l'actualité locale dans les arrondissements de Paris

Le meilleur et le pire des interventions publiques sont sur Paris Tribune. Paris Tribune est un journal d’actualités locales, à l'écoute notamment des séances du conseil de Paris et des séances des conseils d'arrondissement. De A comme Amendement à V comme Vœu en passant par C comme Communication et D comme Délibération, la rédaction s’intéresse aux débats publics à l’Hôtel de Ville de Paris et dans ses vingt cantons et l'un des vingt arrondissements municipaux.

Par ailleurs, l'humour caustique présent dans certains articles risque de heurter la susceptibilité des personnes citées.