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François Fillon peut s'inspirer de Carl von Clausewitz

Le conseil de Carl von Clausewitz utile aux époux Fillon


Lorsque Carl von Clausewitz conseille François Fillon : avoir le courage de suivre une faible lueur dans l’obscurité.


Gérard Ducrey, Avocat au Barreau de Paris
31/01/2017 - 20:50

        

François Fillon et s femme Penelope le 29 janvier 2017 à Paris © capture d'écran BFM TV
François Fillon et s femme Penelope le 29 janvier 2017 à Paris © capture d'écran BFM TV
De l’utilité de la culture pour raisonner à froid. Lorsqu’on est balloté, que son honneur est en jeu, que son projet est attaqué par un moyen détourné, une attaque sur la femme de l’homme qui le porte, une attaque sur sa probité reconnue par plus de trente ans de mandats publics à l’échelon national, alors l’air pur de la culture oxygène l’esprit.

La Justice n’est pas une science exacte

Les juristes parlent de l’aléa judiciaire. Une affaire n’est jamais gagnée ou perdue d’avance. Les cas où il est possible de prétendre vous êtes dans la zone blanche ou bien vous êtes dans la zone noire, ne sont pas les plus fréquents. La probabilité, c’est d’être dans une zone grise. Le Procureur la noircit, l’avocat la blanchit. L’intime conviction qui se dégage est le fruit de multiples composantes, un cocktail de droit, de lois, de jurisprudence, bien sûr, mais pas seulement. Le juge est un homme qui n’est pas reclus dans une tour d’ivoire. C’est une personne qui est, comme chacun, pris dans le tourbillon de la vie et de la société, façonné par ses expériences. Tout compte, ce qui a conduit le juge à devenir magistrat, sa culture, sa sensibilité voire, parfois, la difficulté de se distancier d’engagements personnels.
 
Ceux qui croient en la Justice de leur pays changent de croyance quand la décision, à tort ou à raison, ne leur est pas favorable.
 
Ce n’est pas un motif pour hésiter à faire valoir ses droits et démontrer la légalité de ses comportements et actions.

Avoir le courage de suivre une faible lueur dans l’obscurité

Carl von Clausewitz (1780-1831) est un théoricien qui a développé une réflexion sur la stratégie militaire.  Son œuvre majeure a été publiée après sa mort à partir d’écrits épars sous le titre « De la guerre ». Ses analyses et conclusions traversent le temps. D’illustres politiques l’ont lu pour se servir des principes qu’il dégage et les transposer à la politique tel le russe Vladimir Ilitch Oulianov dit Lénine (1870-1924) ou Henri Kissinger, né en 1923.

François Fillon peut s’en inspirer :

Claus von Clausewitz (1780-1831) par Karl Wilhelm Wach - Domaine public sous licence creative commons
Claus von Clausewitz (1780-1831) par Karl Wilhelm Wach - Domaine public sous licence creative commons
« La guerre est le domaine de l’incertitude ; les trois quarts des éléments sur lesquels se fonde l’action restent dans les brumes d’une incertitude plus ou moins grande. Plus qu’en n’importe quel domaine, il faut qu’une intelligence subtile et pénétrante sache y discerner et apprécier d’instinct la vérité. (…)
 
La guerre est le domaine du hasard. (…) Il accentue l’incertitude en toutes circonstances et entrave le cours des événements.
 
En raison de cette incertitude de toutes les informations, de toute base solide, et de ces interventions constantes du hasard, la personne agissante se trouve sans cesse placée devant des réalités différentes de celles auxquelles elle s’attendait. Ce qui rejaillit forcément sur ses plans ou tout au moins sur les idées qui s’y intègrent.
 
Notre connaissance des réalités s’est accrue, mais notre incertitude, au lieu de diminuer, a au contraire augmenté. Cela vient de ce que toutes ces expériences ne s’acquièrent pas d’un coup, mais graduellement, car nos décisions se trouvent sans cesse aux prises avec elles et notre esprit doit toujours rester sous les armes, si l’on ose ainsi s’exprimer. (…)
 
La résolution est le courage appliqué à un cas particulier ; s’il devient un trait de caractère, il est une habitude de l’esprit. Il ne s’agit pas ici du courage face au danger physique, mais du courage devant les responsabilités, c’est-à-dire en quelque sorte devant le danger moral.
 
C’est ce qu’on a souvent appelé le « courage de l’esprit
» parce qu’il provient de l’esprit, bien qu’il ne soit pas pour autant une démarche de l’esprit, mais du tempérament. L’intelligence pure et simple ne fait pas le courage, car les personnes les plus intelligentes sont souvent dépourvues de résolution. L’intelligence doit d’abord éveiller le sentiment du courage, maintenue et soutenue par lui, car au moment crucial l’homme obéit plutôt à ses sentiments qu’à ses pensées.
 
Or, pour traverser sans dommage ces conflits incessants avec l’imprévu, deux qualités sont indispensables : d’abord, un esprit qui même au sein de cette obscurité accrue ne perd pas toute trace de la clarté interne nécessaire pour le conduire vers la vérité ; ensuite le courage de suivre cette faible lueur . Le premier a été désigné par l’expression française de « coup d’œil », l’autre est
« la résolution ». 

Carl von Clausewitz - De la Guerre.

Ce sont les conditions de succès.

Gérard Ducrey
Avocat près la Cour d’appel de Paris.
Adresse mail : avocats@cabinet-ducrey.com

 





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