Connectez-vous S'inscrire
Portail Paris Tribune

Golgota Picnic : Jean-Michel Ribes, Frigide Barjot, Michael Lonsdale et les catholiques

Golgota Picnic : la manifestation silencieuse du collectif "Foi et Culture : et si on se respectait ?" dans le 8e arrondissement.

10 Décembre 2011 - 14:44
        

150 catholiques ordinaires environ défilent dans le calme et ouvrent le débat avec le directeur du Théâtre du Rond-Point.


Golgota Picnic : les catholiques n'ont pas attendu les appels au calme de Jean-Michel Ribes, le directeur du Théâtre du Rond-Point, pour manifester dans le calme. Jeudi 8 décembre 2011 de 18h30 à 18h50, un cortège de 150 personnes environ s'ébranle en silence de la place Clémenceau sous la statue du Général de Gaulle, située à la sortie du métro Champs-Elysées Clémenceau, jusqu'au Théâtre du Rond-Point, 250 mètres plus loin.

Jehan de Chaillé est l'un des porte-parole de l'association "Foi et Culture : et si on se respectait ?" Il n'a pas vu la pièce, car elle n'avait encore jamais été jouée à Paris avant le 8 décembre 2011, date de son interview par Paris Tribune. S'il ne l'a pas vu, il a lu en revanche le manuscrit de Golgota Picnic. Ce qu'il a lu l'a estomaqué : "je me suis rendu compte d'une grande dénaturation du Christ, de son image et de son message. Jésus est présenté comme un misanthrope, contre l'Homme croyant."

Nous sommes à quelques minutes du début de la manifestation prévue à 18h30, une marche silencieuse. A côté de lui, des bougies sont distribuées ainsi que des fleurs blanches.

"Il y a le texte et la mise en scène (...) dans le texte, c'est une vraie violence, quelqu'un tient des propos violents sur Jésus et sur l'Humanité, Jésus comme étant l'étincelle qui est à la source de toutes les souffrances de l'Humanité (...) appelant à brûler les représentations dans les musées !"

Les personne affluent sans que la place Clémenceau ne déborde, les policiers en civil et les CRS sont sur les dents. La demande d'autorisation de la manifestation a été déposée à la Préfecture de police de Paris qui l'a acceptée ; la marche est également gérée en relation avec le cabinet du Maire de Paris. Le jeune professionnel de la santé en région parisienne détaille des passages du manuscrit de Golgota Picnic : "Jésus est présenté comme étant un menteur, comme une espèce de névrosé, 'Messie du Sida', 'Pute du Diable' !"

Un haut-parleur qui crachote se fait entendre : "Nous sommes ici au nom du collectif 'Culture et Foi : et si on se respectait ?' pour une présence qui est pacifique, une présence qui est silencieuse et nous venons témoigner que la pièce Golgota Picnic est pour nous une blessure, et que cette blessure il est légitime que nous l'exprimions."

Le collectif appelle également "le monde de la culture au dialogue (...) nous souhaitons aller au-delà de cette colère et dans la paix."
Après la marche, un mini-débat entre Frigide Barjot à la tête du collectif, et Michael Lonsdale, comédien, "pour respecter les chrétiens qui se sentent blessés" et Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre, "pour respecter la laïcité, respecter les athées". La discussion s'instaure, sous l'oeil et les micros des caméras, avec la promesse et l'engagement d'un grand débat.

A quelques mètres de là, une cinquantaine de manifestants de la Ligue de Droits de L'Homme.
Après le passage des catholiques ordinaires du collectif "Foi et Culture : et si on se respectait ?", arrive un autre groupe de catholiques avec "des gens de l'extrême-droite qui se sont faufilés là-dedans" explique Jean-Michel Ribes.

Dans le 4e arrondissement, devant le parvis de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, sur la Place Jean-Paul II, une place voulue par le Maire de Paris Bertrand Delanoë, des milliers de catholiques commencent à se rassembler pour prier en silence, à l'appel des évêques de Paris.

Ci-dessous des extraits du mini-débat entre Frigide Barjot à la tête du collectif 'Foi et Culture : et si on se respectait ?' , Michael Lonsdale, comédien, et Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point à propos de la pièce Golgota Picnic de Rodrigo Garcia.

Frigide Barjot :
- Nous venons avec les catholiques ordinaires, ceux qu'on n'entend pas et qui prient dans les églises et qui vont au spectacle aussi, pourrions-nous lancer un débat qui est fondamental dans notre société aujourd'hui entre les croyants et non-croyants, les artistes et les non-artistes ?

Jean-Michel Ribes :
- Je suis absolument pour mais je pense aussi que des croyants qui ont la foi ne se sentent pas, avec cette création, mal à l'aise ni remis en question par ce spectacle qui est une réflexion qui appelle à la spiritualité, par ceux aussi qui pensent être proches de leur foi.

Frigide Barjot :
- "Messie du sida" c'est quelque chose qui me blesse.

Jean-Michel Ribes :
- Alors là je vous arrête tout de suite, je prends la Bible !

Jean-Michel Ribes :
- Vous avez quand même le sens de l'humour il y a quand même un truc monty python... rien ne sera véhiculé que par des gens qui véhiculeront des choses ; l'oeuvre est faite par celui qui la regarde, si des gens qui la regardent y voit le mal et le diable c'est leur affaire ! Il n'y a pas de mal et de diable, il y a un artiste qui s'exprime sur ce qu'on pourrait quand même qualifier... voilà l'église, Jésus s'est fait homme, Jésus est un homme public, l'église est là, elle condamne le préservatif...

Frigide Barjot :
- Non, elle ne condamne pas le préservatif, on ne va pas refaire tout le débat maintenant.

Jean-Michel Ribes :
- Bon, bon, bon... on a quand même le droit... l'église est présente, vivante, qui donne ses dogmes, etc...

Frigide Barjot :
- Qui propose un chemin.

Jean-Michel Ribes :
- D'accord, on a quand même le droit d'en proposer un autre.

Frigide Barjot :
- Absolument on peut confronter nos chemins.

Jean-Michel Ribes :
- Voilà c'est tout !

Michael Lonsdale :
- Pour moi le mode est insultant, on ne gagne rien à propager quelque chose qui est la haine, et ça c'est éminemment triste je suis très peiné.

Jean-Michel Ribes :
- Michael, on s'aime beaucoup, je pense que ce que vous prenez comme de l'insulte est une manière de satire, je ne perçois pas que ce soit des insultes au premier degré.

Frigide Barjot :
- Ca n'est pas toujours compris, c'est difficile, la parodie, Jean-Michel, vous savez que nous la connaissons, des gens sont un peu premier degré et ne comprennent pas.

Jean-Michel Ribes :
- Je vous ai écouté, la preuve que nous respectons le dialogue.

Frigide Barjot :
- Certes, certes.

Jean-Michel Ribes :
- On est là avec Michael que j'aime beaucoup et on a travaillé ensemble, mais je vous en supplie, ne nous diabolisez pas.

Frigide Barjot :
- Mais pas du tout !

Jean-Michel Ribes :
- On n'est pas en train de faire quelque chose qui est insultant.

Frigide Barjot :
- Dialogue !

Jean-Michel Ribes :
- C'est quelqu'un qui fait de la satire, il a fait la même chose sur Mac Donald, il a fait la même chose sur... voilà...

Frigide Barjot :
- Et là c'est Dieu.

Jean-Michel Ribes :
- Dieu pour vous, pas pour eux ! Attendez quelle est cette manière de dire que...

Frigide Barjot :
- Dieu !

Jean-Michel Ribes :
- Dieu ! Mais Dieu n'est pas Dieu pour tout le monde, il y a des gens qui peuvent... Nietzsche a dit que Dieu n'existait pas, alors peut-être que Nietzsche n'existe pas, mais on a le droit d'avoir...

Un journaliste :
- Ooh, "Dieu est mort", il n'a pas dit "Dieu n'existe pas" !

Jean-Michel Ribes :
- Je vous respecte chère Frigide.

Frigide Barjot :
- Je vous le dis, Dieu est là car quelque fois nous ne pouvons pas trop le dire et là nous le disons haut et fort Dieu est là.

Jean-Michel Ribes :
- Remerciez Rodrigo Garcia, et vous dites à tout le monde que Dieu existe au cas où les gens l'ignorerait.

Une membre du collectif :
- Dieu existe !

Jean-Michel Ribes :
- Michael vient de vous le dire, et c'est important, donc vous vous rendez compte... remerciez Golgota Picnic.

Frigide Barjot :
- Mais nous remercions Jean-Michel Ribes d'avoir programmé cette pièce car nous prenons effectivement cette occasion pour rappeler ce que c'est que notre foi ; simplement attention qu'il n'y ait des gens qui se montent les uns contre les autres.

Jean-Michel Ribes :
- Alors dites-le...

Frigide Barjot :
- Nous le disons justement, je veux lancer un appel, Jésus n'est pas venu semer la discorde et semer l'anathème.

Jean-Michel Ribes :
- Est-ce que Jésus envoie des gens en sous-sol des théâtres pour casser les systèmes d'alarme ?

Frigide Barjot :
- Non, non, non.

Jean-Michel Ribes :
- Est-ce que Jésus envoie des mecs qui laissent tomber des couteaux où il y a écrit "Christ" dans les restaurants ?

Frigide Barjot :
- Non, eh bien nous ne voulons plus de publicité pour ces gens-là.

Jean-Michel Ribes :
- Vous êtes avec nous et je suis content qu'on soit devant un théâtre qui est une maison, comme l'église, de la pensée et voilà, il n'y a personne qui empêche les chrétiens de croire et n'empêchez pas les autres de penser.

Frigide Barjot :
- De ne pas croire.

Jean-Michel Ribes :
- Oui de penser.
La manifestation pacifique du collectif Foi et Culture : et si on se respectait ? et le rassemblement à la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Articles :
- Paris Tribune Indiscrétions le 10 décembre 2011 : Lyne Cohen-Solal sauve une crèche de Noël.
- 9 décembre 2011 : Yves Pozzo di Borgo contre le financement public pour Golgota Picnic.




Vaea Devatine
Journaliste. Diplômée de l'Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA). Audiovisuel public et... En savoir plus sur cet auteur

Commentaires
Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

7.Posté par Vaea Devatine, Rédactrice en chef le 09/04/2012 17:03 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Bonjour,
et pour information,

Le référencement des articles sur www.paristribune.INFO repart.
Les lecteurs de Paris Tribune peuvent recréer des liens entre les articles publiés sur www.paristribune.INFO et leurs comptes Twitter, Facebook, sites et blogs.

Car les compteurs des articles publiés sur www.paristribune.INFO sont revenus à zéro.

Cela fait suite au retrait de l'Internet du site www. paris tribune .fr sans prévenir ni préavis pour des raisons inconnues (lire l'article Tentative de blocage des articles de Paris Tribune et appel aux dons). Des suites seront apportées à cette affaire.

La conséquence : tous les liens entre les articles publiés sur www. paris tribune .fr et les comtpes Twitter, Facebook, Google+, LinkedIn et les sites qui citaient nos articles avec une redirection internet ont été automatiquement supprimés avec le blocage de www. paris tribune .fr

C'est également le cas pour l'article Une journaliste victime d’une agression lors d’une opération de tractage qui comptabilisait plus de 1000 liens Twitter et Facebook.

Tout comme d'autres articles moins 'chauds' comme "le clitoris, un organe peu étudié en France" et bien d'autres encore...

Désormais, nos articles sont publiés sur www.paristribune.INFO
N'hésitez donc pas à faire des liens entre vos sites et blogs et les articles de Paris Tribune que vous appréciez, disponibles sur www.paristribune.INFO

Bien cordialement,

Vaea Devatine.

6.Posté par Yogi le 12/12/2011 12:30 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Les spectateurs athées de Golgota Picnic vont passer l'éternité dans les flammes de l'enfer, et les croyants voudraient qu'on les plaigne pour des soit-disant "souffrances" causées par une pièce de théâtre qu'ils ne sont même pas obligés de voir ? Ce n'est pas sérieux.

5.Posté par Antoine le 11/12/2011 11:59 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

@ Jipé. Les idées reçues ont la vie dure. La pédophile est surtout le fait d'hommes mariés et a le plus souvent lieu dans le cadre de la famille. Qu'il y ait des prêtres, mais aussi des enseignants, des entraineurs sportifs, etc. qui s'adonnent à la pédophile, est une réalité. Cela n'enlève en rien le droit à quiconque de s'exprimer sur les sujets qu'il désire. Comme vous l'avez fait ici, et que je fais aussi. Il est cependant, en conscience, demandé à chacun de respecter la vérité. Ce que vous ne faites pas avec cette histoire de pédophile, puisque vous laissez sous-entendre, cher Monsieur, que l'Eglise seule a l'apanage de ce triste penchant. Marc Dutroux, pédophile s'il en est, n'était pas, que je sache, prête ou évêque... mais bon les idées reçues ont la vie dure.

4.Posté par JS68 le 10/12/2011 17:33 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Alors, à quand hajj picnic ? jamais ! vous n'êtes pas fou....

3.Posté par Eric le 10/12/2011 17:05 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

On a le droit de croire en Dieu et de le dire et on a le droit de ne pas y croire, et de le dire aussi. Le Grand Bonheur est aussi de croire en ce que l'on veut...c'est le côté formidable de la Démocratie. Et dans une Démocratie, on doit être capable d'accepter la critique, la satire sans faire des processions pour défendre une foi que personne ne conteste chez les autres. Des auteurs s'en moquent à titre personnel, ils affichent leurs doutes ou leur scepticisme, grand bien leur fasse !! On critique le temps, Sarkozy, la hausse des prix, la SNCF, Houellebecq et je ne sais quoi encore...pourquoi pas Dieu ? Je suis catholique mais à partir du moment où on ne tue pas des catholiques, on ne plastique pas des églises et on ne fait pas des manifs violentes anti-catholiques, j'accepte que "mon prochain" soit critique envers Dieu ou l'Eglise...cela s'appelle la tolérance...chrétienne..... ou républicaine...

1 2
Nouveau commentaire :
Les opinions sont bien entendu libres à la condition de respecter les limites fixées par la Loi et par la jurisprudence.

D'autres articles / More stories
< >

Journal Paris Tribune | Grand Paris Tribune | France Tribune | Europe Tribune | Monde Tribune | Fontenay Tribune | Maohi Tribune | Libye Tribune | Paris Tribune Post | Cités | Journal du 1er arr. | Journal du 2e arr. | Journal du 3e arr. | Journal du 4e arr. | Journal du 5e arr. | Journal du 6e arr. | Journal du 7e arr. | Journal du 8e arr. | Journal du 9e arr. | Journal du 10e arr. | Journal du 11e arr. | Journal du 12e arr. | Journal du 13e arr. | Journal du 14e arr. | Journal du 15e arr. | Journal du 16e arr. | Journal du 17e arr. | Journal du 18e arr. | Journal du 19e arr. | Journal du 20e arr.



Publicité


...

Paris Tribune, observateur des débats publics à Paris. Explorez l'actualité locale dans les arrondissements de Paris. Le meilleur et le pire des interventions publiques sont sur Paris Tribune. Paris Tribune est un journal d’actualités locales, à l'écoute notamment des séances du conseil de Paris et des séances des conseils d'arrondissement. De A comme Amendement à V comme Vœu en passant par C comme Communication et D comme Délibération, la rédaction s’intéresse aux débats publics à l’Hôtel de Ville de Paris et dans ses vingt cantons et vingt arrondissements municipaux. Par ailleurs, l'humour caustique présent dans certains articles risque de heurter la susceptibilité des personnes citées.