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Cet article cite : france, ile de france, paris
15/01/2014 - 10:10
LoG
        

La banalisation de la toxicomanie en France

Article participatif sur l'usage de la cocaïne en France.



Alors que le Gouvernement a lancé son nouveau plan anti-drogue il y a quelques mois à peine, la toxicomanie en France prend de nouvelles formes. Démocratisées, les drogues ne sont plus le fardeau de quelques marginaux. Toutes les couches de la société sont désormais concernées et la demande est de plus en plus pressante.



L’accélération de la consommation de drogues en France

1,2 million de Français fument du cannabis plusieurs fois par semaine tandis que « la consommation problématique de drogues autres que le cannabis concernerait 218 000 usagers ». Les chiffres établis par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies (MILDT) sont alarmants, mais guère surprenants.

La consommation de drogues, douces et dures, est en perpétuelle augmentation depuis des dizaines d’années, au point qu’elle ne semble plus inquiéter grand monde.

Le plan anti-drogue lancé par le Gouvernement en septembre dernier montre cependant un regain d’attention des autorités sur le sujet. Et pour cause. Si l’augmentation de la consommation est devenue au fil du temps presque banale pour la société, la démocratisation des drogues à laquelle on assiste depuis quelques années est quant à elle un phénomène nouveau.

La consommation de drogues comme le cannabis, et plus récemment la cocaïne, se standardise. En 2011, selon l’Observatoire Français des Drogues et de la Toxicomanie (OFDT), un million de Français âgés de 12 à 75 ans avait déjà testé la cocaïne. « Un usage de moins en moins rare en population générale », précise le rapport de l’OFDT. L’usage de la cocaïne explose, ceci dans des milieux où elle était autrefois fortement prohibée. « Un patient m’a raconté que dans son entreprise (…) avant une réunion, tout le monde va aux toilettes seul, sniffe, et revient », déplore le psychiatre Dan Véléa.

Démocratisation de la cocaïne, la faute à qui ?

Les spécialistes s’étonnent ces dernières années de la fréquentation accrue de leurs cabinets par des personnes, toxicomanes, issues de toutes les couches sociales de la société. Cadre dans une grande entreprise privée ou dans la fonction publique, employé du bâtiment, salarié dans l’hôtellerie-restauration… En quelques années, la cocaïne est passée dans la conscience collective d’un produit addictif et dangereux à un produit comme un autre, dont la consommation est aussi banale que de boire un café au réveil. Un constat d’autant plus frappant qu’aujourd’hui, environ 20 % des accidents professionnels, conflits au bureau et cas d’absentéisme seraient dus à une consommation de psychotropes.

La question qui se pose finalement est la suivante : comment la cocaïne est-elle devenue un produit de consommation comme un autre ? La cause semble évidente pour beaucoup : la télévision. Quand Audrey Pulvar demande d’un air amusé à Julien Clerc ce qu’il préfère entre « la cocaïne et le viagra » ou que Thierry Ardisson parle de son dealer qui « a toujours sur lui une coke d’enfer », ils banalisent effectivement la consommation de cocaïne et en font non seulement un produit de consommation comme un autre, mais également un produit « cool ». Tout leur mettre sur le dos est néanmoins un peu trop facile.

Alors que la toxicomanie et ses différentes formes ne font qu’évoluer d’année en année, la politique française reste depuis 1970 sur la même ligne de conduite : une politique répressive au flou juridique dangereux pour la santé des personnes dépendantes du pays.

La principale responsable de la démocratisation de la consommation de drogue en France pourrait bel et bien être la législation du pays elle-même, qui stagne depuis des dizaines d’années. Malheureusement, les enjeux sanitaires de la toxicomanie en France n’ont pas l’air d’intéresser outre mesure les hommes et femmes politiques du pays. Ils multiplient les moyens de lutte inefficaces sans jamais se demander s’il ne faudrait pas revoir la législation dans son ensemble afin d’espérer parvenir un jour à soigner les addictions, véritables fléaux de la société d’aujourd’hui.

Ndlr : aucune photo déposée avec le texte - Crédit © Butch - Fotolia.
Ndlr : aucune photo déposée avec le texte - Crédit © Butch - Fotolia.



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