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30/06/2009 - 17:31
Ghislain Fornier de Violet
        

La majorité ne se met pas au vert

Quatrième Tribune



Les élus du conseil d’arrondissement du 4ème semblent encore marqués par le plébiscite des électeurs fait aux Verts aux élections européennes, qui leur offre la première place.



Une organisation irréprochable

Le 4ème voit les choses en grand. La vaste salle des mariages de la mairie reçoit le conseil d’arrondissement en ce 29 juin 2009. Rideaux tirés pour lutter contre l’implacable chaleur estivale, et carafes d’eau remplies à ras bord pour que chaque élu reste à son poste.

Leurs noms sont bien identifiables sur de petits panneaux indicateurs, et chacun dispose d’un micro pour ne pas être économe de ses décibels. Voilà une véritable organisation de « pros » de la démocratie locale, qu’on ne peut que saluer. Le public, bien pourvu en photocopies de l’ordre du jour, fait face au conseil disposé en U. Sans formalités excessives, le conseil attaque les premiers projets.

L’opposition : douceur et fermeté

L’adoption du budget supplémentaire 2009 révèle dès le début les clivages idéologiques entre les dix élus de la majorité de gauche et les trois élus de l’opposition UMP et Nouveau Centre. Le budget est justifié par la majorité, qui met en cause les impayés de l’Etat envers la Mairie de Paris. Vincent Roger (UMP) balaye l’argument qu’il qualifie de classique de la gauche française, en soulignant l’importance des sommes d’argent du plan de relance dévolues à la Ville de Paris. L’opposition vote contre, provoquant une massive levée de mains favorable au projet côté majorité. L’approbation du projet de restitution anticipée de la caserne Napoléon (située face à la Mairie du 4ème) à la Ville de Paris déclenche également l’ironie acerbe de M. Roger envers Mme Bertinotti, Maire du 4ème : « Je sais bien qu’il s’agit là d’une décision unilatérale de l’Hôtel de Ville, et que vous n’y êtes pour rien Mme la Maire ».

Sur le programme 2009 d’itinéraires cyclables, prévoyant un « réseau vert » parisien subventionné par la région Ile-de-France, et notamment 400 m de tracé dans le 4ème, l’opposition s’assouplit. « Avez-vous soumis la proposition aux conseils de quartier ? » demande Vincent Roger à Richard Jean-Baptiste, qui déclare la ferme intention de la majorité de procéder à une réunion de concertation. Question visiblement essentielle pour un arrondissement qui met le dialogue avec les habitants au centre de ses projets. Le programme est adopté à l’unanimité. Sur le projet de grille tarifaire unique pour la restauration scolaire, qui prévoit des prix plus abordables aux familles modestes, l’opposition déclare « ne pouvoir que féliciter la majorité sur cette mesure ».

Majorité : hostilité et mise au pas

C’est en revanche un climat d’hostilité larvée qui semble peser entre les élus socialistes et l’adjointe au Maire Vert, Corinne Faujeron. Sur la modification du règlement local de la publicité, thème cher aux verts, Mme Faujeron propose deux amendements visant à fondre les panneaux publicitaires dans le paysage urbain. Mme Bertinotti rétorque de manière austère que le but du projet « n’est pas d’interdire la publicité », et qu’il serait plus sage « d’éviter toute provocation dans un sens ou dans un autre ». End of discussion.

Sur le vœu de la majorité pour la restructuration des locaux des 28, 30 et 32 Quai des Célestins en logements sociaux, Mme Faujeron décoche une autre flèche : le restaurant administratif actuel accueillant déjà des gens en difficulté financière, où iront-ils après les restructurations ? « Dans d’autres restaurants », déclare Mme la Maire, avec un sens aigu de la précision. Ce projet « intergénérationnel », destiné à loger les classes défavorisées, les plus de 65 ans, et les jeunes travailleurs du 4ème, recueille l’approbation de l’opposition, en dépit d’un rejet des amendements de M. Roger, visant à favoriser les habitations à loyer intermédiaires et les étudiants. Ces derniers ne peuvent, selon Mme Bertinotti, être accueillis ici en raison de l’étroitesse des infrastructures.

Mais c’est surtout le projet de délocalisation du CCAP de la rue Neuve Saint Pierre vers le 11ème arrondissement qui marque la désolidarisation de la majorité d’avec Mme Faujeron et Mme Zarka (PC). Une lettre du Maire de Paris sur la question est portée à la connaissance des élus par Mme Bertinotti. M. Delanoë y dénonce le projet de l’Etat, tout en minimisant les conséquences sociales, étant donné l’absence de suppressions de postes au sein du centre relocalisé. A leur surprise, les deux initiatrices du projet voient la majorité s’abstenir ou ne pas prendre part au vote. L’opposition et M. Pourriat votent contre, exprimant la nécessité selon eux de « mutualiser les moyens » en contexte de crise. Le projet est adopté avec 3 votes favorables, mais au sein d’un conseil particulièrement divisé.

C’est enfin la proposition par Mme Faujeron d’une « zone de rencontre » rue Rambuteau, envisagée comme un premier pas avant l'instauration d'une zone piétonne, qui déclenche le lever de boucliers de l’ensemble des élus. « Tant qu’à faire, autant étendre le projet jusqu’à la place des Vosges » lance avec ironie M. Roger, tandis qu’on rappelle de vive voix à Mme Faujeron la nécessité d’une concertation avec les habitants, et les vertus de la démocratie participative. Elle se fait ensuite littéralement gronder par Mme la Maire, qui dénonce un projet ficelé au préalable, et qui n’apprécie pas non plus d’avoir été mal cité, selon elle, dans Le Parisien par Mme Faujeron, sur la nécessité pour la rue Rambuteau « de retrouver son unité ». Le vœu est donc largement rejeté par sept voix contre, une pour, et trois abstentions.

La parole au public

Une pratique peu généralisée dans les conseils d’arrondissement : donner la parole au public. Parmi les réflexions émises par les citoyens présents au conseil, une en particulier provoque l’émoi des élus de la majorité, sensible à tout ce qui concerne la communauté homosexuelle de Paris. Une mère de famille se plaint de la « prostitution masculine » qu’elle considère trop ostensible dans le 4ème, suivie en cela par un couple de seniors qui dénoncent la présence « d’hommes presque nus » postés à l’entrée des immeubles, ou urinant sans pudeur la soirée tombée, au vu et au su de tous. La majorité s’empresse de réprimander des propos qui selon elle assimileraient abusivement les homosexuels à la prostitution ou à des actes d’incivilités, partagés par tout le monde, selon Mme la Maire.
La majorité ne se met pas au vert


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