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18/06/2009 - 18:24
NF
        

Les "enfants des Tirailleurs algériens" rue de Grenelle

Septième Tribune



Jour de commémoration de l'Appel du 18 juin 1940, 80 sans-papiers et enfants de Tirailleurs algériens manifestent dans la rue de Grenelle.



Pendant que les mairies des arrondissements de Paris célèbrent le 59ème anniversaire de l'Appel du 18 juin, environ 80 sans-papiers algériens manifestent pour demander la régularisation de leur situation. Parti de Sèvres Babylone à 14h30, le cortège qui devait rejoindre le Secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants est stoppé par une vingtaine de CRS rue Grenelle. Une délégation des deux associations « droit devant » et la « coordination 93 des sans papiers » est alors reçue. Face au ministre Jean-Marie Bockel, ils exigent de l’État français, comme acte « de justice et de repentance coloniale », leur régularisation.
Jean-Claude Amara est le porte-parole de « droit devant ! » Il dénonce la législation relative aux sans-papiers algériens notamment dans « l’interprétation unilatérale de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 » relatif au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ainsi que dans la circulaire du 20 décembre 2007. Issue du Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, elle permet aux préfets de délivrer des autorisations de travail aux étrangers dans les secteurs en difficulté. L’article 1.3 indique « l’inapplicabilité de la liste des métiers aux ressortissants Algériens et Tunisiens » qui sont régis par des accords bilatéraux. Pour M. Amara « cette discrimination, condamnée par la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations doit cesser, sinon on retombe dans le colonialisme. »

Mais il ne s’agit pas seulement de dénoncer la politique du gouvernement. Accompagnés de nombreux panneaux affichant les cartes d’anciens combattants de leurs parents, grand-parents, c’est la reconnaissance de la mémoire de leurs aïeuls qu’ils exigent. Discuté surtout autour de la sortie du film Indigènes en 2006, les descendants de ces anciens combattants se sentent toujours oubliés. Près de 130000 Algériens ont composé les régiments de tirailleurs pendant la seconde guerre mondiale.
Atmane H. est né à l'époque de l'Algérie française. Il croit "aux liens fraternels qui unissent les deux pays". Son père est mort pendant la guerre d’Algérie en 1954 à l’âge de 27 ans sous les couleurs françaises. Aujourd’hui, installé depuis 8 ans à Paris où il travaille, l’administration lui refuse toujours ses papiers. Une photo de la carte d’ancien combattant de son père l’accompagne. Sur une autre il nous montre une stèle, installée Quai Branly. Elle lui rend hommage : Medjahed Mohamed Ben Ali, « la patrie reconnaissante ». Aujourd’hui c’est au nom de la mémoire de ses ancêtres, morts pour la France qu’il manifeste.


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