Quantcast
Connectez-vous S'inscrire
Paris Tribune
Paris Tribune
Paris Tribune
Actualités des arrondissements de Paris et au-delà
Publier en ligne
Agenda
Petites annonces
Newsletter
Inscription gratuite

Municipales : les Verts en quête d’un électorat

Texte participatif sur les perspectives électorales d'Europe Ecologie Les Verts aux élections municipales.


A environ un mois du premier tour des élections municipales, la pression monte pour les différentes formations politiques. Une lapalissade qui s’applique particulièrement aux écologistes, lessivés après presque deux ans au sein du Gouvernement. En perte de vitesse, les Verts en sont réduits à multiplier les ultimatums au président de la République et à faire feu de tout bois, quitte à tomber dans une caricature idéologique contreproductive pour l’écologie et l’économie françaises, comme c’est le cas autour de la non-affaire du fort de Vaujours (77).

19 Février 2014 - 13:19
     

Une popularité érodée, le spectre d’une lourde défaite électorale

Si les critiques s’abattent sur François Hollande avec la régularité et la puissance des services de Federer, les Verts n’ont pas non plus été épargnés par les aléas négatifs de l’exercice du pouvoir.

Intégrés à l’équipe gouvernementale à la suite de l’élection présidentielle de mai 2012, où ils n’ont obtenu que 2,31 % des suffrages, les écologistes ont été réduits à la portion congrue avec seulement deux portefeuilles : le Logement et le Développement.

Et depuis lors, le Parti n’a cessé de se déliter, à la faveur des départs de personnalités marquantes. Echaudés par le leadership autoritaire de Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé, Pascal Durand, alors secrétaire national, Noël Mamère et Daniel Cohn-Bendit sont tous trois partis en claquant la porte. Ce dernier ayant même jugé le Parti « détestable ».

Dans ce contexte, les élections municipales de mars (et européennes de mai) se présentent comme une épreuve infranchissable pour EELV. A l’heure actuelle, le Parti dirige un total 60 mairies, dont celles de Montreuil (où Dominique Voynet ne se représente pas) et du 2e arrondissement de Paris. Le soir du 30 mars, le bilan pourrait être encore plus famélique tant le pouvoir de séduction des Verts s’est érodé depuis les élections européennes de 2009 où ils avaient réalisé une percée remarquée et remarquable.

Le rejet du nucléaire et de l’industrie au cœur de « l’écologie politique »

A Paris c’est à Christophe Najdovski qu’a échu la redoutable tâche de mener la liste écologiste. Face à Anne Hidalgo, adoubée par Bertrand Delanoë et favorite des sondages, Nathalie Kosciuzko-Morizet, soutenue par Nicolas Sarkozy et autres Wallerand de Saint-Just, volubile candidat du Front National, le représentant d’EELV, inconnu jusqu’à aujourd’hui, risque d’avoir du mal à exister. De fait, les thèmes récurrents de l’écologie politique sont désormais intégrés dans les programmes du Parti socialiste et de l’UMP, obligeant les Verts à durcir leur discours pour de démarquer, au risque de sortir des réalités économiques et environnementales.

C’est particulièrement le cas en ce qui concerne le nucléaire, au sujet duquel les écologistes se trouvent de plus en plus isolés. Ils devraient obtenir gain de cause avec la fermeture de la centrale de Fessenheim, prévue pour 2016, mais aucune autre n’est prévue d’ici la fin du quinquennat de François Hollande. Faisant fi des contraintes nationales de production d’énergie et de la dépendance vis-à-vis des ressources étrangères, les Verts militent pour une réduction drastique du recours à cette énergie, alimentant leur discours par les craintes attachées à cette énergie depuis la catastrophe de Fukushima.

A cet égard, les attaques répétées à l’encontre des risques liés au nucléaire se sont notamment invitées dans le débat électoral en Seine-et-Marne et plus précisément dans les communes de Vaujours et de Courtry, situées à environ 20 kilomètres de Paris. A cheval sur ces deux petites villes de 6 000 habitants a été bâti le fort de Vaujours, ancien lieu utilisé par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Aujourd’hui, cette friche a été rachetée et réhabilitée par l’entreprise Placoplâtre dans l’optique d’y bâtir la plus grande carrière de gypse d’Ile-de-France, minerai à l’origine de matériaux de construction pouvant être utilisés dans le cadre de la politique de rénovation urbaine écologique initiée par le Gouvernement.
Municipales : les Verts en quête d’un électorat

L’exemple du fort de Vaujours : un camouflet scientifique pour les Verts

Seulement plusieurs collectifs de riverains, soutenus par EELV, s’opposent à ce projet industriel d’envergure, arguant que les taux de radioactivité crèvent le plafond des limites autorisées. Or les mesures effectuées par le CEA, les médecins de la DDASS et l’Institut de veille sanitaire, relayées par Nicole Klein, préfète de Seine-et-Marne, indiquent que les niveaux enregistrés « ne dépassent pas le niveau de radioactivité naturelle ». Selon Nicole Klein, les chiffres avancés par les collectifs sont « non significatifs, avec une interprétation erronée ».

Même les élus locaux, traditionnellement prudents face à ces questions environnementales et sanitaires, se sont prononcés contre ces allégations mensongères. C’est le cas de Raymond Coenne, maire sortant (UMP) de Coubron, commune proche du fort de Vaujours, pour qui l’opportunité offerte par Placoplâtre doit être saisie : « pour une fois qu’un industriel semble prêt financer une dépollution menée avec précautions, je pense qu’on doit accepter ». Et le candidat socialiste, Gérard Auger, ne tient pas un discours différent, assurant « qu’affoler la population avec des allégations qui ne reposent pas sur des données scientifiques, cela ne sert à rien ».

Sous pression pour continuer de se distinguer au sein de la majorité présidentielle, les écologistes cherchent à faire feu de tout bois. Pour ces derniers, les élections municipales pourraient être un camouflet politique supplémentaire. Paris et les villes d’Ile-de-France, où le Parti peut espérer de bons résultats, apparaissent comme particulièrement cruciales. L’exemple de Vaujours n’augure toutefois rien de positif pour EELV qui cherche à tirer profit de la peur du nucléaire pour s’attirer les votes des populations locales, sans pour autant s’appuyer sur des fondements scientifiques tangibles. Une méthode qui a peu de chance de payer.


Sources :
Communiqué de presse de Nicole Klein, préfète de Seine-et-Marne :
http://seine-et-marne.gouv.fr/Publications/Communiques-et-dossiers-de-presse/Point-sur-la-situation-du-Fort-de-Vaujours
Article Le Parisien (Les municipales à Coubron : le fort de Vaujours fait débat) : http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/municipales-a-coubron-le-fort-de-vaujours-fait-debat-12-02-2014-3584715.php
Blog du Fort de Vaujours : http://www.fort-de-vaujours.fr/rumeur-des-cancers-autour-du-fort-de-vaujours-lars-explique-les-chiffres-et-apaise-les-inquietudes/
 


Marine Fabre

Cet article cite : CEA, EELV, françois hollande, écologiste


Commentaires

1.Posté par Brul POURPOING le 19/02/2014 21:44 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

"les écologistes cherchent à faire feu de tout bois" : le bois vert ne prend jamais feu, tous les scouts vous le confirmeront.

2.Posté par Florence Pelissier le 28/02/2014 16:34 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Sauf que ... la contamination est bel et bien présente , comme vient de le démontrer la CRIIRAD , dont le communiqué de presse du 26 février peut être lu ici : http://www.criirad.org/actualites/dossier2014/vaujours/26-fev-2014.pdf

Heureusement que dans ce cas comme dans d'autres, les écologistes continuent de soutenir les lanceurs d'alerte, y compris et surtout lorsque les instances officielles ne remplissent pas correctement leur rôle.

Cet article est caricatural sur les positions des écologistes en matière d'énergie et d'industrie, que l'auteure ne connaît visiblement pas, se contentant d'égrener les clichés. Les solutions pour sortir du tout-nucléaire ne proposent pas un retour à la bougie , mais une réorientation globale de la politique énergétique : voir le scénario proposé par l'association Négawatt dont s'inspire largement EELV : https://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.html . Les propositions d'EELV figurent , elles, ici : http://energie.eelv.fr/transition-energetique-livret/

Les écologistes ne pointent d'ailleurs pas que les dangers du nucléaire, mais également son coût, dénoncé également par la Cour des Comptes :
http://www.ccomptes.fr/Publications/Publications/Les-couts-de-la-filiere-electro-nucleaire

Quant à l'indépendance des sources d'énergie étrangères qu'offrirait le nucléaire, faut-il rappeler que la France ne produit pas d'uranium et est donc entièrement dépendante des importations en la matière?
Bref, de l'écolo-bashing qui tombe à plat.

3.Posté par brulpourpoing le 05/03/2014 09:09 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Pour éviter l'écolo-bashing, une seule solution : devenez crédibles !

Nouveau commentaire :

Les opinions sont libres à la condition de respecter les limites fixées par la Loi et par la jurisprudence.

D'autres articles / More stories
< >

Mercredi 31 Juillet 2019 - 06:00 L'affaire Gallerneau Loiseau Mestre crée le débat

Actu Mairie de Paris | 75001 Paris | 75002 Paris | 75003 Paris | 75004 Paris | 75005 Paris | 75006 Paris | 75007 Paris | 75008 Paris | 75009 Paris | 75010 Paris | 75011 Paris | 75012 Paris | 75013 Paris | 75014 Paris | 75015 Paris | 75016 Paris | 75017 Paris | 75018 Paris | 75019 Paris | 75020 Paris | Paris Débats | Paris Pratique



Publicité