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11/02/2017 - 07:00
        

Penelope Fillon affirme son côté british

La femme de François Fillon mise en lumière dans l'interview intégrale diffusée par Envoyé Spécial



Sous les feux de l'actualité depuis l'édition du Canard Enchaîné en date du 25 janvier 2017, Penelope Fillon se dévoile dans toute sa pudeur dans l'interview de mai 2007 diffusée dans son intégralité sur internet depuis le 10 février 2017, après des extraits diffusés le 2 février 2017 dans Envoyé Spécial sur France 2. Elle est amenée à parler d'elle, et petit à petit de sa famille, de ses enfants, de son mari, de sa belle-famille, des hommes politiques, des Français, et de ce qui lui manque le plus en France : la façon d'être des Anglais.



Toutes les remarques et observations faites par Penelope épouse Fillon sont-elles à prendre "with a pinch of salt", les termes utilisés n'étant pas toujours à prendre au pied de la lettre ? Les Anglais, c'est bien connu, ne disent pas les choses comme tout le monde. Ils cultivent l’art de l’under-statement : ce qu'ils disent ne correspond pas toujours à ce qu'ils semblent penser. En regardant l'interview intégrale au Sunday Telegraph de mai 2007 que diffuse Envoyé Spécial - pour se défendre de toute manipulation - Penelope Fillon n'échappe pas à la règle. 

3 minutes sur 57 minutes

L'interview avec la journaliste britannique Kim Willsher, sous l'oeil de Julian Simmonds à la caméra, a lieu dans un café du 7e arrondissement de Paris. Kim Willsher met Penelope Fillon en confiance en lui posant des questions de façon graduelle : ses parents, son parcours, sa venue en France en tant qu'étudiante, sa rencontre avec François, les aller-retour de celui-ci en Angleterre pour la voir, ses enfants, sa famille, sa belle-famille, la carrière de son mari et ses relations avec Nicolas Sarkozy, en passant par la chance qu'il a eu de ne pas être Premier ministre de Jacques Chirac. 

Un échange discret s'établit entre les deux femmes, toutes les deux mariées à des Français. Les questions tournent beaucoup autour de la famille. Penelope est interrogée sur le bilinguisme de ses cinq enfants :
 
"Plus ou moins. Certains plus que d'autres. Un de mes fils se mettait à pleurer quand il m'entendait parler anglais. C'était un peu compliqué mais... (...) Cela n'arrive pas automatiquement. Tout le monde croit que cela va de soi, n'est-ce-pas, mais en fait, c'est délicat (...) Le français en général sauf avec le plus jeune. Je ne lui parle qu'en anglais, alors qu'avec les autres, il y a aussi beaucoup de français... Il comprend l'anglais, mais il répond toujours en français. En fait, il ne dit rien en anglais (...) Marie, ma fille, parle un très bel anglais. Elle est bilingue".


L'interview dure 57 minutes ; le temps passé à évoquer la place de Penelope Fillon auprès de son mari ne dépasse pas 3 minutes. Il y a un passage de 4 minutes sans son. Penny est intimidée ou timide. Sur ces questions, elle ne regarde jamais la journaliste droit dans les yeux. Elle répond systématiquement en tournant son regard vers la gauche. Elle semble se rappeler des souvenirs et les égrène avec pudeur et retenue. 
 
"Etant donné les activités de François, je pense que cela a été utile ("it's helped") de garder un peu ses distances en s'occupant de tâches auxiliaires (à 22 minutes 35 secondes depuis le début de la vidéo) quand les gens commencent à être désagréables etc... il est plus facile d'être une personne objective et de ne pas..."


Elle s'est impliquée dans les campagnes de son mari ("Yes, I used to..." puis inaudible - 22 minutes 58 secondes).
La journaliste revient sur ses enfants : "(inaudible) s'occupe des enfants bien sûr" (23 minutes et 8 secondes).
Penelope Fillon acquiesce et poursuit :
 
"Je l'ai toujours accompagné dans ses campagnes électorales (...) Et je l'ai aidé en m'occupant de tâches auxiliaires (23 minutes 13 secondes) ce genre de chose (...) j'ai effectué diverses tâches à Sablé quand il était maire (23 minutes 36 secondes) (...) des associations de personnes âgées, ce genre de choses (...) mais pas... (23 minutes 48 secondes) rien de tel que... je n'ai en fait jamais été son assistante ou quoique ce soit de ce genre (23 minutes 56 secondes) je ne m'occupe pas de sa communication (rires)". 

Penelope semble se rappeler des souvenirs connus d'eux seuls, des souvenirs intimes.

Raffarin, Chirac et Sarkozy

Kim Willsher s'enhardit : "Il est bien connu que vous préférez ne pas... Vous ne faites pas partie du beau monde parisien" (24 minutes). Penelope Fillon répond avec simplicité : "Non".
La journaliste poursuit en parlant à la place de son invitée : "Vous préférez rester à la campagne avec vos enfants et chevaux plutôt que de... Mais est-ce vrai ? (24 minutes 10 secondes).
Réponse : "Je pense que oui. Je ne refuse pas de me rendre à des événements, mais... (24 minutes 17 secondes). Ce n'est pas ce que je... ce que j'aime, c'est observer comment fonctionne ce monde, c'est assez amusant...." (rires) (24 minutes 26 secondes).
Silence.
"Donc vous n'êtes pas de toutes les soirées parisiennes ?" relance Kim Willsher.
"Je crains bien que non... (rires) - inaudible", répond Penelope Fillon (24 minutes 44 secondes).

Lorsque les questions de Kim Willsher ne concernent plus son rôle auprès de son mari mais la politique, Penny regarde droit dans les yeux la journaliste et les réponses sont plus tranchées, presqu'à la française. Une question porte sur son mari premier ministrable sous Jacques Chirac.
 
​"Je pense que Raffarin s'y serait opposé" (31 minutes 23 secondes) "et François n'a jamais eu une relation facile avec Jacques Chirac" (31 minutes 54 secondes) "Je pense qu'ils n'y seraient pas arrivés, cela aurait été... C'est une chance qu'il n'ait pas été son premier ministre" (32 minutes 05 secondes). "Je pense que cela aurait été une catastrophe" (32 minutes 09 secondes).


Kim Willsher revient sur la vie de famille avec "la vie en France bien plus politisée".
"En effet" répond Penelope Fillon.
On découvre une famille où l'on débat beaucoup : un fils "qui ne lisait que Libération", avant 2007, "pas Le Figaro", un frère ophtalmologiste qui n'était pas du tout d'accord avec François Fillon, avant 2007, quand il s'agissait de réformer la santé, et une maman, "avec une orientation sociale marquée" qui évoluait avant 2007 dans un "milieu universitaire plutôt à gauche" (35 minutes 52 secondes).

A propos de Nicolas Sarkozy en 2007, "il est né pour être président, avec une détermination visible". Et ce que son mari apprécie en lui : "il est totalement ouvert". "Il ne fait pas de coups tordus dans le dos. Il dit directement ce qu'il a envie de dire (42 minutes 18 secondes). Il ne louvoie pas, ce qui est quelque chose de nouveau car Chirac n'était pas du tout comme cela" (43 minutes 39 secondes).

De son mari, elle disait en 2007 :
 
"Je pense qu'il est tout aussi déterminé que Sarkozy" (44 minutes 42 secondes). "Il est très conscient du dialogue "(...) "Contrairement à la plupart des responsables politiques, il n'est pas un tueur" (...) "Je pense qu'il a gardé une certaine décence, ce qui est je pense une bonne chose. Ce n'est peut-être pas bon sur le plan de l'ambition. Cela peut être un handicap. Mais sur le plan humain, je pense que c'est important" (45 minutes 15 secondes).

Retour sur les questions liées aux enfants. Penelope Fillon raconte qu'ils ont été furieux d'avoir dû paraître dans Paris Match. Ils ont aussi demandé à aller en pension "car ils en avaient assez des commentaires des autres enfants".

Elle a repris des cours de littérature anglaise, prise d'un  besoin de plus "d'exercices intellectuels". Elle étudie Shakespeare "un antidote à la France". Car son pays d'origine lui manque et plus particulièrement "une façon d'être""les chants traditionnels anglais", et plus "d'humour", ce petit "quelque chose qui de manière général manque un peu en France" (50 minutes 07 secondes).

Différente

L'interview touche à sa fin. Kim Willsher évoque Cherie Blair, l'épouse du Premier ministre britannique. Penelope Fillon sera-t-elle une Cherie Blair à la française ? "Non, non". Penelope Fillon, avec un ton bien à elle, montre sa différence.





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