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Cet article cite : france, francophonie, paris
17/03/2014 - 10:36
Charles
        

Pourquoi la Francophonie est bien plus qu’une langue partagée ?

Texte participatif sur la journée internationale de la francophonie fêtée le 20 mars.



Popularisée par Léopold Sédar Senghor, la notion de Francophonie embrasse l’ensemble des individus ayant conscience d’avoir en commun une langue, le français, mais également d’appartenir à une communauté humaine et à une communauté de pensée. Chaque année, la journée du 20 mars est l’occasion pour l’ensemble des 220 millions de francophones répartis sur plus de 77 États à travers les 5 continents de célébrer ce « vouloir vivre ensemble francophone » et de réaffirmer les valeurs qui y sont attachées : « Des valeurs d’être au Monde et de concevoir le Monde » comme le souligne avec force le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Monsieur Abdou Diouf.



Pourtant jusqu’ici, la Journée internationale de la Francophonie, instaurée en 1998, ne galvanisait pas les foules en France, à la différence du reste du monde. Un peu trop abstraite, la Francophonie. Réduite à une simple question d’identité. Considérée trop éloignée des préoccupations immédiates qui prévalent en temps de crise. Bien à tort. Car la francophonie est plus qu’une langue partagée. C’est un dispositif institutionnel structurant, l’Organisation Internationale de la Francophonie, qui ouvre sur de formidables perspectives à moyen et long terme. La France aura vite fait de s’en rendre compte.

« La Francophonie est un enjeu considérable, à la fois pour la culture, mais aussi pour l’économie et pour la politique », a fait valoir à juste titre François Hollande, à l’occasion de ses vœux au corps diplomatique en janvier 2014.

Protéger les cultures de l’uniformisation de la mondialisation

La diversité culturelle et linguistique est de fait, une préoccupation majeure de l’OIF. Elle fédère une nouvelle forme de résistance aux phénomènes d’uniformisation induits par la mondialisation et le libre-échange. C’est en grande partie grâce à l’organisation que la Convention de l’UNESCO, qui édicte les bases d’une nouvelle gouvernance culturelle mondiale, a pu voir le jour en 2007.

Concrètement, elle est à l’origine de programmes de soutien à toutes les formes d’arts et aux différentes industries culturelles à travers le monde, ainsi que de la promotion des créateurs sur les marchés internationaux. Dernier exemple en date ? La tenue de la 8e édition du MASA à Abidjan du 1 au 8 mars qui a pour objectif le développement culturel des arts du spectacle africain. Le continent africain n’est pas le seul concerné. D’autres exemples fleurissent à travers le monde.

La Francophonie contribue ainsi avec les outils dont elle dispose, à préserver les cultures du cannibalisme culturel induit par la mondialisation. Elle permet de maintenir ce qui fait l’intérêt, la beauté et la magie de cette planète, à savoir l’unicité de l’Autre et de sa culture, sans laquelle il n’y aurait plus de désir de découverte et plus de curiosité.

Contribuer au développement économique

Parce que le partage de la langue française facilite la communication et les échanges, la Francophonie accompagne les stratégies économiques des 77 pays issus de tous les continents et l’OIF œuvre concrètement pour le développement des pays les plus défavorisés, notamment en Afrique.

De quelle manière ? Via des plans de développement locaux et d’aide aux projets des petites et moyennes entreprises qui sont des piliers de croissance. Plus de 30 000 personnes ont bénéficié de 18 projets communautaires au Rwanda, au Sénégal et au Congo. Via également le partage de bonnes pratiques visant la maîtrise des ressources naturelles et le respect de l’environnement, pour une croissance économique non seulement effective, mais durable.

Mais pas seulement. L’attractivité nouvelle, notamment des pays africains francophones, ouvre de nouvelles perspectives. Leur poids dans le commerce mondial va croître. Pour l’OIF, cela signifie qu’il faudra encore davantage approfondir les partenariats avec les différentes organisations régionales et internationales (l’UE, l’OMC), renforcer les réseaux de professionnels, et faire circuler les compétences, notamment en matière de nouvelles technologies.

Renforcer la Démocratie et promouvoir les droits de l’Homme

L’OIF est également une actrice majeure de la Démocratie, des Droits de l’Homme et des Droits des femmes. Elle agit en tant que médiatrice dans les États et gouvernements pour favoriser des pouvoirs démocratiques (justice, élections, sécurité) et l’indépendance des contre-pouvoirs (médias) et s’appuie sur les réseaux institutionnels francophones présents sur les territoires.

Abdou Diouf l’affirmait encore récemment, « la Francophonie, c’est la volonté de dire NON. NON aux aspects les plus néfastes de la mondialisation, une mondialisation oublieuse de l’Homme, de sa dignité, de sa liberté et de ses droits les plus élémentaires. NON aux inégalités économiques, sanitaires, éducatives et numériques ».

Cette définition résume avec force les enjeux de la Francophonie et il est souhaitable que la France en saisisse toute la portée. Gageons que la Journée mondiale de la Francophonie, qui porte ses valeurs et ses engagements dans de si nombreuses communautés à travers le monde, réveille les Français cette année, et les années suivantes.


Note de la rédaction de Paris Tribune à propos du texte participatif :

Du 15 au 23 mars 2014 se tient la Semaine de la langue française et de la Francophonie.
Organisée autour du 20 mars, la Journée internationale de la Francophonie ainsi que la Semaine de la langue française et de la Francophonie donne rendez-vous aux amoureux des mots de la langue française, riche et diverse.

Site internet :
http://www.dismoidixmots.culture.fr



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