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Rythmes scolaires et périscolaires : un enseignant fait des propositions

Texte participatif de Manuel Perdiz.


A Paris, replacer dans leurs missions premières des intervenants de la communauté éducative : les enseignants, les animateurs et les PVP.


        

Manuel Perdiz est professeur des écoles hors classe. Il a enseigné de 1972 à 2012 dans les Yvelines puis à Paris. Accueilli comme arrivant "de province", il découvre la réalité parisienne et ses contradictions.

Il connaît tous les rapports* réalisés sur le scolaire et le périscolaire à Paris et a assisté aux 3 réunions publiques sur le sujet. Pour Paris Tribune, il livre des propositions pour une sortie de crise par le haut.

Paris (75) comparé aux Yvelines (78)

Avant de vous faire découvrir les propositions de cet enseignant, Paris Tribune vous dresse une présentation comparée de la situation entre les Yvelines et Paris.

Au niveau des élèves et des parents d'élèves, il n'existe aucune confusion entre les activités scolaires et périscolaires. Cette donnée n'est pas prête de changer.
Au niveau des enseignants qui interviennent sur le temps scolaire, il n'existe aucune confusion non plus. Ils font actuellement classe 4 jours par semaine.
 
  • Dans les Yvelines :
Les enfants sont accueillis dès 7h30 jusqu'à 19h dans certaines communes.
Ils passent 6 heures par jour au minimum à l'école, parfois plus et certains y restent pendant 11h30 (de 7h30 à 19h).
Le temps scolaire représente 6 heures chaque jour pendant 4 jours, de 8h30 à 11h30 puis de 13h30 à 16h30.

Ils passent également 4 journées à l'école au minimum, parfois une 5e journée le mercredi au centre aéré pour des activités périscolaires.

Le temps périscolaire, non obligatoire et non gratuit, représente au minimum 5h30 dans la journée, de 7h30 à 8h30 pour l'accueil, puis en prenant le relais de l'enseignement scolaire de 16h30 à 18h voire 19h.

Pour certains parents, il est plus avantageux économiquement parlant de laisser leurs enfants à l'école jusqu'à 19h plutôt que de rémunérer une nounou. Idem le mercredi où les enfants sont inscrits au centre aéré hébergé dans une école.
 
  • A Paris :
L'emploi du temps des élèves se partage entre les enseignants et les professeurs de la ville de Paris (les PVP, une institution qui remonte à 1830) lesquels interviennent également sur le temps scolaire.

Les PVP effectuent moins d'heures de classe par semaine que les enseignants de l'Education nationale, de 18h à 20h hebdomadaires. Ils perçoivent grâce à l'ancien Maire de Paris Jacques Chirac le même salaire que les enseignants de l'Education nationale qui effectuent plus d'heures de classe qu'eux avec une responsabilité pédagogique plus importante.

Mieux, les PVP ont la possibilité de choisir eux-mêmes leurs créneaux horaires. Une fois leur temps de travail effectué sur le temps scolaire des enfants, ils donnent le plus souvent des cours privés rémunérés à un tarif supérieur à celui proposé en ateliers bleus. Ils prennent en charge des activités pendant le temps périscolaire de 16h30 à 18h, le mercredi en centre aéré ou de loisirs et le week-end.

Il est à noter que des associations interviennent parfois pour assurer l'éveil des enfants dans des domaines bien précis, mieux que ne le feraient les PVP ou les animateurs de la ville de Paris, tout simplement parce qu'elles mettent en contact les enfants avec, par exemple, des scientifiques de bon niveau.

C'est pourquoi la refondation des rythmes scolaires et périscolaires a un impact important sur les enseignants, les PVP et les animateurs de la ville de Paris, sans oublier les parents d'élèves et les élèves.

Par ailleurs, les experts s'accordent à dire que les activités extra-scolaires jouent un rôle essentiel dans la réussite scolaire : un enfant pratiquant un sport, un instrument de musique ou des activités autres, comme le jeu d'échecs, réussit mieux à l'école ; un enfant à qui les parents ne peuvent pas offrir d'activité(s) extra-scolaire(s) réussit moins bien.

Un périscolaire de qualité à Paris : une révolution structurelle

Manuel Perdiz préconise des prises de décisions courageuses qui passeraient par une révolution structurelle.

1) Créer un corps d’animateurs qui interviendraient

- le matin si un accueil est prévu,
- à la pause méridienne,
- et le soir (études, animations),
- le mercredi
- et pourquoi pas le samedi si l'on ouvre les écoles, et pendant les petites et les grandes vacances.

2) Former et recruter ces animateurs afin d’éviter la précarisation de ce personnel

Les modalités de contenu sont bien entendu à préciser ultérieurement pour ces emplois à temps plein.
Cela représente des milliers d’emploi pour Paris.

3) Techniquement cela donnerait l’arborescence suivante

3A) Du côté de la commune de Paris :
- Des animateurs au sein de chaque école avec un coordonateur
- Un coordonnateur de plusieurs écoles sur une base géographique que serait le quartier
- Un coordonnateur des quartiers au niveau de l’arrondissement
- Un responsable au niveau parisien

Tout ce personnel fait partie de la fonction publique territoriale relevant de la DASCO (direction des affaires scolaires) et de la DJS (direction jeunesse et sport). L'objectif est de mettre en œuvre le projet éducatif territorial en mutualisant l’offre culturelle et sportive relevant de ces deux directions municipales.

3B) Du côté de l'Etat c-à-d de l'Education nationale :
- Le directeur
- L’inspecteur de l’Education nationale
- L’inspecteur d’académie

4) Politiquement, cela se traduirait par le schéma suivant

4A) Un élu par arrondissement suit ces projets.

Dans la déclaration des députés écologistes le 28 janvier 2013 à l'Assemblée nationale :
"Les projets éducatifs locaux existent depuis les années 1980, ils ont deux objectifs, mettre en cohérence les activités scolaires et périscolaires et répondre aux inégalités sociales des territoires, en mettant autour de la table l’ensemble des acteurs qui s’occupent de l’éducation des enfants au sens large (Education nationale, collectivités locales, CAF, enseignants, parents d’élèves…).
Ils définissent des priorités sur un territoire (commune ou communauté de commune) qui sont ensuite déclinés en actions concrètes dans les écoles, les quartiers, etc. Les écologistes ont soutenu ces PEL et soutiendront donc la mise en place et la généralisation des projets éducatifs territoriaux (PET).
Ils considèrent que c’est dans ce cadre que la réforme nationale des rythmes scolaires doit être concrétisée localement".


4B) Le coordonnateur communal et le directeur
Ils élaborent le projet éducatif territorial et conçoivent sa mise en œuvre dans le respect territorial du métier de chacun :
- d’un côté l’enseignement (les programmes) cf. Loi du 10 juillet 1989,
- de l’autre une animation (une culture émancipatrice).

4C) Avec des réunions locales régulières (une toutes les 6-7 semaines), présidées conjointement par l’élu d’arrondissement et l’inspecteur de circonscription.

- C’est la réalité hors Paris : les réunions se tiennent très souvent sur le temps de travail des enseignants. Elles se tiennent encore après la classe dès 16h30 car tous les directeurs d'école, à l'exception de Paris, ne sont déchargés d'enseignement qu'en fonction des critères suivants : la taille de l’école, la classification en ZEP.
Cf. Note de service n°2006-104 du 21-06-2006.

4D) Un obstacle :
- Les avantages 'acquis' des directeurs d'école à Paris :
La mise en place de ces propositions suppose la suppression des activités d'intendance rémunérées par la ville de Paris telles que l'inscription et la collecte des fonds, parfois en espèces sonnantes et trébuchantes, aux études, aux ateliers bleus, aux garderies, aux cours du soir pour adultes... Cette situation n'est pas irréversible. A Paris, des directeurs d'école ont demandé à ne plus effectuer ces tâches, ce que l'Hôtel de Ville n'a pu qu'accepter.

5) Pour les enseignants

A Paris, pourquoi ne pas imaginer la création d’un corps de PVP spécialisé dans les matières numériques et en informatique.
La mission du directeur, qui conserverait sa décharge d'enseignement, sera d'assurer la coordination pédagogique avec l'ensemble des enseignants et des PVP.
C’est son rôle, sa fonction : décrets n° 90-788 du 06-09-1990 et n°89-122 du 24-02-1989.

6) Des indicateurs d’évaluation périscolaire

Des indicateurs d’évaluation périscolaire devront être élaborés par la communauté éducative (enseignants, parents d'élèves, élus) et être suivis par l'adjoint au maire chargé des affaires scolaires. Il établira un rapport annuel présenté sous forme de communication, avec un débat mais sans v(n)ote, en conseil de quartier, en CICA, en conseil d'arrondissement et au conseil de Paris.


École primaire publique Littré Ecole dans le VIe arrondissement de Paris.
École primaire publique Littré Ecole dans le VIe arrondissement de Paris.

Initialement prévue au gymnase 11 rue d'Alésia puis au Centre sportif Elisabeth dans le XIVe arrondissement, avec la participation du Maire de Paris, la dernière réunion publique a lieu dans le XIIIe à 18h45 à la Halle Carpentier (+ 4000 places) 81 boulevard Massena 75013 Paris.

- Voir les vidéos sur la 1ere, 2e et 3e réunion publique sur Dailymotion : www.dailymotion.com/agencepresse

Articles :
- 27 février 2013 : La création d'école s'invite dans le débat des rythmes scolaires et périscolaires.
- 27 février 2013 : La carte scolaire s'invite dans le débat des rythmes scolaires et périscolaires.
- 25 février 2013 : Europe Ecologie à la peine avec son groupe de travail sur les rythmes scolaires.
- 22 février 2013 : Rythmes scolaires : nouveau lieu pour la dernière réunion publique.
- 21 février 2013 : Rythmes scolaires et périscolaires : un enseignant fait des propositions.
- 18 février 2013 : La troisième claque à l'Hôtel de Ville revient en boomerang.
- 18 février 2013 : Ecoles primaires : la spécificité parisienne, un frein ou un outil ? La situation du périscolaire.
- 18 février 2013 : Ecoles primaires : la spécificité parisienne, un frein ou un outil ?
- 18 février 2013 : Vincent Peillon et l'hystérie parisienne.
- 12 février 2013 : Rythmes scolaires et périscolaires : Bertrand Delanoë et Jean-François Fontana.
- 11 février 2013 : La deuxième claque de l'Hôtel de Ville de Paris.
- 9 février 2013 : La claque de l'Hôtel de Ville de Paris.
- 6 février 2013 : Vincent Peillon maintient son projet de loi sur l'école.
- 6 février 2013 : Rythmes scolaires, la question du groupe UMP au Gouvernement.
- 29 janvier 2013 : Confidentiel.



Manuel Perdiz, professeur des écoles hors classe
21/02/2013 - 02:05



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