Quantcast
Connectez-vous S'inscrire
Paris Tribune
Paris Tribune
Paris Tribune
Actualités des arrondissements de Paris et au-delà
Publier en ligne
Agenda
Petites annonces
Newsletter
Inscription gratuite

Saclay, le nouveau pôle d'excellence du grand Paris

Texte participatif : Paris Saclay doit réussir.


A l'occasion d'une visite du Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, le plateau de Saclay a dévoilé son ambition pour les prochaines années : devenir un pôle d’attractivité scientifique de rayonnement mondial. Lors de son déplacement, le chef du gouvernement est venu avec le ministre de l’énergie, la ministre de la recherche, et le ministre de la ville, pour afficher sa confiance aux différents acteurs du projet.

20 Octobre 2013 - 20:05
     

Grand débat des géographes, où se trouve le centre de gravité de l'Union Européenne? Paris, la plus grande ville du continent a longtemps joué ce rôle avant que la notion de "banane bleue" face apparaître un fort dynamisme de la vallée rhénane, soutenue par un très bon réseau d'infrastructures, notamment portuaires... Qui plus est, les problèmes d'attractivité fiscale et l'instabilité réglementaire pèsent aujourd'hui sur notre économie. Pourtant, Paris capitale de l'Europe, c'est déjà le cas dans de nombreux domaines.

Paris au centre de l'Europe

A cet égard, la pose de la première pierre du Centre de Recherche et Développement d’EDF, le plus grand d'Europe, est révélatrice du rôle international que souhaite jouer la capitale francilienne. Avec le Nouveau Grand Paris, la macrocéphalie parisienne va être considérablement renforcée, et le plateau de Saclay y sera le moteur de l'innovation : une Silicon Valley à la française...

Les atouts de la recherche française

Le 16 octobre 2013, des manifestations étaient organisées à Paris pour demander au gouvernement de soutenir plus fermement le groupe Alcatel Lucent. Un responsable CFDT, reprenait les arguments de Laurent Berger, dans les rues de la capitale. Selon lui, devant l'importance stratégique du groupe, les dirigeants devraient mobiliser le crédit d'impôt recherche. En effet, la France dispose de réelles armes à faire valoir dans la compétition internationale, à l’instar de ce véhicule de défiscalisation. Encore faut-il qu’elle les utilise…

Par ailleurs, la France est le pays qui dépose le plus de brevets du continent après l’Allemagne. De surcroit, l'héritage scientifique de notre nation nous accorde aujourd'hui des positions influentes dans bon nombre des instances internationales de la recherche... Pour autant, la réussite du pôle de Saclay dépendra essentiellement du rôle que souhaiteront jouer les entreprises, l'engagement d'EDF nous laisse pour le moment confiant quant au succès de l'opération.

La mairie de Saclay décorée pour Noël en 2008 - Crédit : Véronique Pagnier. La commune de Saclay, avec 3 200 Saclaysiens, s'étend sur une grande surface agricole à 19 km au sud-ouest de Paris. Elle est concernée par l’OIN (Opération d’Intérêt National) du Plateau de Saclay, futur grand pôle d'innovation au monde avec 84 000 chercheurs réunis dans plusieurs universités, des grandes écoles et des entreprises de pointe.
La mairie de Saclay décorée pour Noël en 2008 - Crédit : Véronique Pagnier. La commune de Saclay, avec 3 200 Saclaysiens, s'étend sur une grande surface agricole à 19 km au sud-ouest de Paris. Elle est concernée par l’OIN (Opération d’Intérêt National) du Plateau de Saclay, futur grand pôle d'innovation au monde avec 84 000 chercheurs réunis dans plusieurs universités, des grandes écoles et des entreprises de pointe.
Note de la rédaction :
Le Premier Ministre y a notamment fait une comparaison entre la politique conduite par son gouvernement et le projet Paris-Saclay, un projet lancé par l'ancien président Nicolas Sarkozy : "une illustration exemplaire de ce nouveau modèle français qui inspire" son action gouvernementale. Le 10 octobre 2013 sur le plateau de Saclay dans l'Essonne, il a dévoilé, aux côtés d'Henri Proglio, président directeur général d'EDF, une plaque pour commémorer la pose de la première pierre du futur centre de recherche EDF Centre de Recherche et Développement d’EDF, dont l'ouverture est prévue en 2015. Dans son discours "de mobilisation" pour donner confiance aux différents acteurs du projet Paris-Saclay, il a levé les incertitudes quant aux "risques liés aux cessions foncières qui conditionnent les plans de financement" en annonçant la mobilisation de 85 millions d'euros pour faire du campus de Paris-Saclay un leader mondial de la recherche scientifique et universitaire. Le ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, Philippe Martin, faisait partie du voyage.

Article participatif sur Saclay le 8 juin 2012 :
Essonne : les ambitions du campus EDF de Saclay.



Cet article cite : grand paris, ile-de-france, saclay



Commentaires

1.Posté par Harm Smit le 21/10/2013 11:30 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Gare aux slogans creux et aux contresens.

"rôle international que souhaite jouer la capitale francilienne"
Cela enfonce une porte ouverte : de toute évidence, la capitale francilienne joue depuis longtemps un rôle international.

"la macrocéphalie parisienne va être considérablement renforcée"
C'est précisément ce qu'il ne faut pas faire, cette hyperconcentration est une tare qui plombe la compétitivité française ! Dixit l’économiste Michel Godet : "La France va finir par mourir de son jacobinisme et elle veut créer un Grand Paris ! C’est une bêtise qui va conduire à encore davantage de concentration".
L’Ile-de-France regroupe déjà la moitié des dépenses françaises de R&D – il n'est pas raisonnable de vouloir accentuer ce déséquilibre et encore moins de tout concentrer en un seul lieu francilien : à Saclay on vise à concentrer pas moins de 20 % de toute la R&D française – c'est totalement démesuré !

"le plateau de Saclay y sera le moteur de l'innovation : une Silicon Valley à la française..."
C'est une affirmation totalement gratuite qui relève de la méthode Coué. L'innovation n'arrive pas par décret, pas plus que l'excellence d'ailleurs !

L'idée de créer à Saclay une "Silicon Valley à la française" est passablement dérisoire. La vraie Silicon Valley s'étend sur un territoire californien d'une taille moitié celle de l'Ile-de-France, héberge quelques 7.000 sociétés technologiques et compte environ 1,3 millions de salariés. Plus qu'une région, Silicon Valley est un état d'esprit. L'esprit d'innovation qui y règne, couplé à sa capacité inégalée de transformer des idées en produits, attire des talents brillants du monde entier. Cette culture et ce cadre de travail créatif sont uniques au monde et personne n'a réussi à les reproduire ailleurs, y compris aux États-Unis. Le goût du risque en est une composante majeure. L'échec d'une entreprise n'y est aucunement pénalisant pour la suite d'une carrière et quitter une entreprise pour rejoindre ou en créer une autre n'y est nullement perçu comme condamnable. De manière spontanée et non dirigée, la Silicon Valley a progressivement établi un écosystème avec une riche variété de compétences spécialisées reliées par des réseaux transverses et un mode de réseautage professionnel et personnel inhabituel dans les communautés technologiques. Cette culture de coopération est vécue comme allant de soi et sous-tend également la coopération entre sociétés concurrentes. L'esprit d'entreprise et la culture d'innovation de la Silicon Valley ont toujours séduit les investisseurs ; elle n'attire pas moins de 30% de tous les capitaux d'investissement aux États-Unis. Si la Silicon Valley est une région agréable à vivre, son cadre de vie n'est pas pour autant exempt de handicaps : le coût de l'immobilier y est très élevé et les transports laissent beaucoup à désirer.

"Les atouts de la recherche française"
Ce n'est pas la qualité de la recherche française qui est en cause, bien au contraire. Mais là où le bât blesse, c'est que la France ne brille pas par sa capacité de transformer innovations en produits. Un "cluster" comme celui de Saclay n'a guère de prise sur ce problème avant tout culturel. En effet, rien ne prouve que ce concept académique anglo-saxon soit transposable en France, compte tenu des différences de traditions, de mentalités et de structures sociales. Au contraire, comme le montre une récente étude sur l'échec d'un cluster québécois, la proximité physique peut être contre-productive car susceptible d'exacerber des rivalités entre les établissements au lieu de les inciter à coopérer, et cela surtout lorsque cette proximité est imposée par le haut comme c'est le cas à Saclay. En outre, le cluster semble désormais passé de mode. "Innovation goes downtown" titrait la revue Business Week en 2009 ; le projet d'incubateur numérique pour la Halle Freysinnet en montre un exemple – s'est-on demandé pourquoi il n'a pas choisi de s'implanter à Saclay ?

Au sujet de la recherche française, il est instructif de relire "Le Mal français" d'Alain Peyrefitte (publié en 1976, réédité en 2006), en particulier le chapitre "Cerveaux d'Etat" :

L'Etat chercheur

(...)
La recherche, en France, est responsabilité d'Etat. Du coup, le secteur qui devrait être le plus inventif, le plus mobile, le plus efficace, souffre de tous les défauts de l'Etat. Comme lui, il est centralisé, je veux dire parisianisé : les deux tiers des équipements, des crédits, des chercheurs se concentraient près de la capitale. Comme lui, il est cloisonné : chaque ministère a ses instituts, ses chercheurs, qui dédaignent, ou redoutent, de communiquer entre eux. Comme lui, il est bureaucratisé : les chercheurs sont le plus souvent des fonctionnaires inamovibles, et non ce qu'ils devraient être, des hommes d'aventure ; les "primes de recherche" sont identiques pour tous, qu'ils trouvent on non : jamais de "primes de découverte". Comme lui, il est budgétisé : à l'année, avec des à-coups d'arbitrage pris au milieu de tant d'autres, dans la hâte des printemps budgétaires, ces printemps où les gelées sont plus nombreuses que les rosées.

A ce mal d'Etat, s'ajoutent les maux de société. Nos chercheurs ont tendance à ignorer la vie économique, donc à dédaigner les applications possibles de leur recherche. Ils se passionnent – comme il est naturel – pour les secrets de la matière, les caprices de la nature, les arcanes des chiffres. Mais exploiter leurs propres découvertes, ou même les laisser exploiter par d'autres, cela paraît à beaucoup indigne de la science et d'eux-mêmes.
Certes, l'Etat se préoccupait de porter remède à ces défauts liés à nos mentalités : mais c'étaient encore remèdes d'Etat, donc dans la tradition de ces mentalités. Le pouvoir de réparer débouchait sur l'impuissance à réparer. Il y avait le Centre national de la recherche scientifique, qui tentait de dépasser la dispersion des laboratoires universitaires. Il y avait la Délégation générale à la recherche scientifique et technique, qui tentait de surmonter le compartimentage des ministères. Il y avait le Commissariat à l'Energie atomique où, dans le domaine précis du nucléaire, on tentait de marier recherche fondamentale et exploitation technique, aussi bien civile que militaire. Il y avait le Centre national d'études spatiales, qui tentait de lancer des satellites, et de les faire servir à quelque chose. Et puis, il y avait le ministre de la Recherche, qui tentait d'unifier le tout. Son titre avait belle allure. Mais, dans les faits, ses moyens étaient faibles : soit comme répartiteur d'une "enveloppe" financière dont d'autres utilisaient le contenu ; soit comme tuteur d'organismes féodaux qui avaient tendance à échapper à tout contrôle.


La situation a sans doute évolué quelque peu, mais le propre des mentalités, c'est qu'ils n'évoluent que lentement.

Nouveau commentaire :

Les opinions sont libres à la condition de respecter les limites fixées par la Loi et par la jurisprudence.

D'autres articles / More stories
< >

Mercredi 18 Mai 2016 - 10:17 AVIFF Art Film Festival

Actu Grand Paris et IDF | Fontenay Tribune | Départements d'Ile-de-France | Ile-de-France Débats | IDF pratique



Publicité