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© Paris Tribune « les arrondissements de Paris à la Une en assistant aux réunions publiques et par un travail d'investigation »



08/06/2012 - 23:00
        

Yvan Blot et le référendum d'initiative populaire

Les élections législatives dans la 2e circonscription qui regroupe le 5e et une partie du 6e et du 7e arrondissement de Paris.



Yvan Blot appelle à un changement de régime avec une démocratie directe adaptée à la France et aux Français.



Rencontre avec un candidat aux élections législatives dans la 2e circonscription de Paris, qui regroupe la totalité du 5e arrondissement et 3 quartiers administratifs sur 4 dans le 6e et le 7e arrondissement : Yvan Blot, membre du Rassemblement pour l'indépendance de la France (RIF), est soutenu par le Rassemblement pour la France et la Droite Libre.
Particularité : après avoir envisagé de se présenter dans la 13e circonscription, qui regroupe le sud du 15e arrondissement, pour articuler le référendum d'initiative populaire autour des questions d'urbanisme, il choisit finalement de se présenter dans la 2e circonscription pour faire le test du référendum fiscal, dans une circonscription qui ne risque pas de basculer à gauche.

"Avec la démocratie directe, Nicolas Sarkozy aurait gagné"

Il en est persuadé, l'idée de démocratie directe sous forme de référendum dont s'est inspiré un instant Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électorale, aurait pu faire gagner l'ancien Président face au candidat Hollande : "s'il avait mis le paquet, il forçait les socialistes à se prononcer (...) je prétends que Nicolas Sarkozy aurait gagné s'il avait défendu le Référendum d'Initiative populaire".

Yvan Blot est haut-fonctionnaire, homme politique et écrivain, actuellement membre de l'UMP. Il fait toutes ses études dans la 2e circonscription de Paris, Lycée Henri IV, études à Sciences Po, à la Faculté Assas et à l'ENA.

"Le référendum d'initiative populaire, c'est un thème politique central (...) le seul homme politique à avoir voulu le référendum c'est le Général de Gaulle (...) il se méfiait des parlementaires influencés par les groupes de pression (...) le Parlement ne suffit pas à lui seul (...) il faut donner aux lois une légitimité populaire (...) argumente-t-il.

Avec le Rassemblement pour l'indépendance de la France (RIF), il veut aller plus loin que le référendum du Général de Gaulle. Avec les Contribuables associés, il lutte contre les impôts très élevés : "il faut des référendum (...) la réforme constitutionnelle de 2008 demande 3,5 millions de signatures pour organiser un référendum (...) en Italie, il faut 500 000 signatures, un pays équivalent à la France du point de vue de sa population (...) en Suisse, peuplée de 7 millions d'habitants, il faut 50 000 signatures" (ndlr : en France, il faut le soutien d'1/5 des membres du Parlement, soit 115 parlementaires, et la signature de 10% des électeurs inscrits, soit environ 4,6 millions d'électeurs).

Yvan Blot à Paris - Photo : VD.
Yvan Blot à Paris - Photo : VD.

Le référendum fiscal

Yvan Blot veut redonner de la vigueur notamment à l'article 14 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (DDHC), texte fondamental de la Révolution française : "Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée". Selon lui, les prémisses du référendum fiscal.

Auteur de 'L'Oligarchie au pouvoir' plublié en 2012 aux éditions Economica, Yvan Blot, écartant tout risque de dictature, distingue "la foule et le peuple (...) dans les milieux dirigeants, industriels (...) pour les oligarques, le peuple est un peuple déraisonnable, qui a des foucades, et donc ils souhaitent qu'on ne touche à rien".

"Les élus ont une vision à court terme, poursuit-il, parce qu'ils se comportent comme des gestionnaires (...) seul le propriétaire a un vision à long terme (...) le citoyen de base n'est pas toujours contre les dépenses et s'il sait pourquoi, il les accepte (...) (il faut) faire sortir l'intérêt général du peuple qui a du bon sens (...)".

Les exemples à l'étranger

Yvan Blot connaît les exemples à l'étranger, tous inspirés directement du modèle suisse. En Suisse par exemple, le gouvernement a voté la TVA, un impôt indolore. Le peuple a réuni les signatures nécessaires pour qu'un référendum s'organise et a voté contre la loi. 3 - 4 ans plus tard, le gouvernement a ressayé croyant l'opinion publique prête : un référendum populaire a pour la seconde fois sanctionné la loi. 3 - 4 ans plus tard, le parlement suisse a adopté un loi pour une TVA à 7 % et le peuple a dit 'oui' "mais de justesse".

"On peut toujours recommencer, insiste Yvan Blot, intarissable sur les exemples de la Suisse, des Etats-Unis d'Amérique, de l'Italie, où le peuple a réuni au milieu de l'été 2011 les 500 000 signatures requises pour refuser la loi accordant l'immunité au président Silvio Berlusconi ; de l'Allemagne où, grâce à un référendum populaire la gare de Stuttgart n'a pas été autorisée par le peuple qui a cassé par un référendum populaire le plan d'urbanisme de la municipalité, etc...

Un avantage : "le gouvernement ne peut lancer un projet s'il n'est pas sûr que le peuple est derrière lui (...) en Suisse, le gouvernement craint le référendum populaire (...)"

"En France, compare-t-il, il faut obliger les maires à plus écouter (...) le référendum d'initiative populaire va obliger les maires et les maires d'arrondissement à Paris, à revoir leur méthode de travail (...) avec ce système il y aurait une gestion différente de la ville (...) quand le référendum est difficile, le peuple n'a que la voie judiciaire pour se faire entendre. Avec le référendum populaire, les tribunaux seraient moins engorgés et normalement le nombre de procès devrait diminuer".

Yvan Blot reconnaît qu'il faut procéder par étape, car cela touche au mandat représentatif des élus. Optimiste sur la longévité de l'idée de référendum d'initiative populaire en France, il apporte les réponses suivantes aux 5 critiques les plus souvent entendues chez ses contradicteurs :

- 'Le référendum d'initiative populaire serait passionnel' : "les assemblées parlementaires le sont déjà".
- 'Le peuple n'est pas suffisamment éduqué' : "on ne demande pas d'être des ingénieurs, c'est une question de bon sens, ce n'est pas la peine d'être un spécialiste pour savoir si on veut payer tel ou tel impôt, la question de bon sens vient de la vie de tous les jours".
- 'Des référendum d'initiative populaire vont être votés tous les 2 jours" : "cela s'organise".
- 'Et les élus ?' : "les exemples à l'étranger montrent que les actes de l'exécutif ne sont pas soumis à référendum, seulement les lois".
- 'Le référendum d'initiative populaire coûte cher' : "la Suisse n'est pas endettée car il y a eu un référendum populaire sur l'endettement : le peuple refuse les dettes !"

Pour Yvan Blot, l'intérêt du référendum d'initiative populaire est de "casser l'opposition brutale droite - gauche (...) cela apaise le paysage et la vie politique".

La réponse le 10 juin 2012 où il lui faut atteindre 12,5% des inscrits* pour être au second tour. Si aucun des candidats n'atteint ce seuil, seuls les deux meilleurs scores se retrouveront au second tour.


*Sur une population de 126 259 habitants, la 2e circonscription de Paris compte 71 232 inscrits : 12,5 % des inscrits représentent 8 904 votes.


Texte participatif du 17 août 2008 : 21 Juillet 2008 : vers un nouvel équilibre des pouvoirs ?

Articles :
- Laurent Audoin veut faire circuler le savoir.
- François Fillon veut une cohabitation.
- Axel Kahn veut le retour des valeurs humaines.
- Bernard Atlan veut que l'Assemblée nationale arrête le massacre de l'économie française.
- Claire Morel veut une politique axée sur le logement.
- Christian Vauge veut croire au "tout sauf la gauche".
- Anne Lebreton soutient toutes les réformes pragmatiques.
- Béatrice Lecouturier veut être présente dans l'hémicycle à chaque vote.
- Sylvain Guy "veut créer la surprise" face à Cécile Duflot.
- Lynda Asmani veut retrouver la croissance avec les entrepreneurs.


Les candidats dans la 2e circonscription de Paris, leur suppléant et le numéro d'emplacement sur les panneaux

1 - KAHN Axel (PS : Parti Socialiste) - Suppléante : Marine Rosset
2 - BOVER SAYOUS Véronique - Suppléant : Benjamin Schlumberger
3 - BLOT Yvan (RPF : Rassemblement pour la France) - Suppléante : Cendrine Chereil de la Rivière
4 - TRAORE Lassina - Suppléant : Jean-Yves Nicolas
5 - REBOT Stella (Le Parti des Libertés) - Suppléant : Jacques Gauthier
6 - COTTET Chantal - Suppléante : Jocelyne Baud
7 - LE TANNEURMarc (RBM : Rassemblement Bleu Marine) - Suppléante : Christelle Gaillard
8 - BELLAL Amar (FG : Front de Gauche) - Suppléante : Shirley Wirden
9 - DARMANGEAT Christophe (LO : Lutte Ouvrière) - Suppléant : Bernard Genolini
10 - GODFROY-GENIN Anne-Sophie (CF : Centre pour la France) - Suppléant : Jérôme Ferru
11 - FOURIER Alix (PCD : Parti Chrétien Démocrate) - Suppléant : Thomas Buvignier
12 - ROUSSEAUX Nicolas - Suppléant : Raphaël Rousseaux
13 - AUDOUIN Laurent (EELV : Europe Ecologie Les Verts) - Suppléante : Laurence Graffin
14 - FILLON François (UMP : Union pour un Mouvement Populaire) - Suppléant : Dominique Stoppa-Lyonnet
15 - DEBAH Farid - Suppléante : Brigitte de Jong
16 - LANCE Guillaume (DLR : Debout La République) - Suppléante : Geneviève Receveur
17 - DEFLANDRE Clément - Suppléant : François Barrat
18 - MOISAN DE KEBINO Gilles - Suppléante : Sylvie Prince.


Projections des résultats de l'élection présidentielle 2012 dans la 2e circonscription :

- Projection des résultats du 1er tour dans la 2e circonscription de Paris.
- Projection des résultats du 2e tour dans la 2e circonscription de Paris.

- Les enjeux des élections législatives dans la 2e circonscription.


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