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Anne Hidalgo a ouvert les Assises parisiennes de la santé [Discours]  07/04/2016

« Chers amis,
 
Merci d’être venus si nombreux aujourd’hui pour la première étape de ce temps de débat démocratique sur la santé, particulièrement important pour notre ville et pour notre avenir – et qui était d’ailleurs l’un de mes engagements de campagne.
 
Le fait que le lancement de ces Assises ait lieu le jour de la Journée mondiale de la Santé renforce encore davantage l’importance des questions que nous entendons y soulever. A Paris comme au niveau mondial, le constat est identique : progresser en matière de santé publique est à la fois nécessaire et urgent. Se battre pour la santé des habitants est une priorité absolue, qui nous somme de faire reculer les risques que nous avons laissés progresser. 
 
Or garantir la santé des habitants est un projet global. Il repose en partie sur nos politiques dans le domaine médical visant en particulier à favoriser l’accès aux soins pour tous, comme nous le faisons avec l’aide du dispositif Paris Med. Mais la santé des Parisiens est aussi liée à notre politique du logement, des transports, de la protection de l’environnement, de l’emploi et de la cohésion sociale. L’aménagement du territoire et l’urbanisme, au travers notamment de la conception des espaces publics, constituent ainsi des leviers majeurs d’amélioration de la santé urbaine.
 
C’est à un changement de paradigme que je nous invite : la santé doit être un déterminant des politiques publiques et non plus une variable d’ajustement.
 
Rappelons la très juste définition de la santé donnée par l’OMS : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité. ». De la même manière que la santé n’est pas un luxe ou une chance dont certains bénéficieraient et d’autres pas, ce n’est pas non plus un paramètre isolé que l’on pourrait traiter comme tel. Œuvrer au service de la santé implique au contraire de faire face à un très grand nombre de défis, tous intimement liés, pour protéger le bien-être des citoyens par-delà les disparités sociales et territoriales préexistantes.
 
La première étape exige de prendre pleinement conscience des besoins des habitants dans toutes les dimensions de leur existence. Et personne n’est mieux placé qu’eux pour faire part de ces besoins. C’est pourquoi la seule méthode juste consiste à donner la parole aux Parisiens et aux Franciliens, pour placer cette parole aux fondements de nos projets futurs.
 
Les Conseils Locaux de Santé, les Ateliers Santé Ville, les Conseils Locaux de Santé Mentale occuperont à ce titre une place essentielle dans ce dispositif d’échange. Professionnels, élus, citoyens, je sais que nous partageons tous une même priorité : réduire les inégalités sociales, territoriales et environnementales de santé, et renforcer la prévention des maladies.
 
Nous partageons aussi une certitude : de nombreuses morts prématurées sont évitables à Paris. Je pense aux milliers de décès liés au tabac, à l’alcool, à la pollution environnementale, à la consommation de drogue dans des conditions à haut risque. Cette mortalité prématurée évitable, injustice ultime et insupportable car dramatiquement marquée du sceau des inégalités sociales, nous devons la combattre.
 
Parce que la protection de l’environnement, et donc de la santé des Parisiens, est l’une de mes priorités, j’ai présenté dès le début de mon mandat un plan sans précédent pour réduire la pollution liée au trafic routier. Et parce que le combat contre la pollution se joue à la fois à l’échelle locale et à l’échelle globale, j’ai initié la pétition « La santé des citoyens avant celle des lobbys industriels », déjà signée par plus de 100.000 personnes qui s’opposent à la décision de la Commission Européenne visant à une plus grande tolérance à l’égard des constructeurs automobiles s’agissant des émissions d’échappement.
 
Nous avons également adopté, en décembre dernier, le premier Plan Parisien de Santé Environnementale qui prévoit notamment d’évaluer les impacts sur la santé des projets urbains structurants et des requalifications des espaces publics.
 
Cette mortalité prématurée, nous la combattons aussi avec l’ouverture à Paris, à l’automne prochain, de la première salle de consommation à moindre risque, et avec la Mission Métropolitaine de Prévention de Conduites à Risque que nous animons avec nos amis de Seine Saint Denis, car les enjeux sanitaires dépassent les frontières du périphérique. Ce partenariat a vocation à être renforcé dans la construction du Grand Paris de la Santé.
 
Nous avons par ailleurs annoncé en janvier dernier un plan d’action très ambitieux pour  vaincre l’épidémie de SIDA à l’horizon 2030. Les outils de prévention et dépistage sont disponibles, c’est donc ici une question de volonté politique et de moyens. Nous sommes déterminés à remporter cette bataille. Nous n’allons pas nous arrêter là.
 
Je ne vous apprends rien, l’activité physique joue un rôle essentiel dans la prévention des maladies. Favoriser l’activité physique dans l’espace urbain comme outil de santé publique est pour moi une priorité. Marcher, faire du vélo doit être simple et agréable à Paris. Nous souhaitons ainsi mettre en place, dans le cadre du plan piéton en cours d’élaboration, une signalétique spécifique pour favoriser la marche comme moyen de déplacement dans les rues de Paris. 
 
Nous voulons aussi approfondir notre ambitieux plan vélo, continuer à soutenir la piétonisation des Berges de Seine, offrir de nouveaux usages dans l’espace public libéré. Dans le cadre de notre candidature aux JO, nous nous sommes aussi engagés à ce que tout Parisien dispose d’un lieu de pratique sportive à 5 minutes de chez lui. Nous voulons enfin mettre en place à Paris avec nos partenaires CPAM et ARS, sur le modèle de l’expérience de Strasbourg, un dispositif « sport sur ordonnance » pour les malades chroniques pour qui l’activité physique fait partie du traitement. Voici donc quelques pistes pour favoriser le « complet bien-être physique, mental et social » des Parisiens.
 
D’autres pistes sont à imaginer. Nos politiques publiques doivent être questionnées, repensées. Cela vaut aussi pour l’hôpital, qui doit s’adapter au virage ambulatoire et s’ouvrir sur la Ville. C’est tout l’objet de ces Assises. Nous savons que l’ampleur du défi sanitaire est trop importante pour que celui-ci soit traité isolément par chacun des acteurs dans le cadre de ses compétences propres. Nous devons nous fédérer, agir de concert, dépasser les strictes frontières de nos attributions – au nom de la mission d’intérêt général vitale que nous poursuivons.
 
C’est l’une des vocations de ces Assises : créer une synergie féconde parmi tous les acteurs concernés : usagers, élus, associations, professionnels et organisations représentatives. La concertation et la participation des Parisiens doit être aussi étendue que possible.
 
Trois voies de discussion seront proposées : des grands débats thématiques à l'échelle de tout Paris seront organisés ; les instances locales de santé de chaque arrondissement se mobiliseront pour échanger autour de sujets qu'elles estiment prioritaires ; enfin, une quarantaine de questions essentielles seront mises en débat sur la plateforme « Madame la Maire j’ai une idée », afin que l'ensemble des Parisiens y réagissent et donnent leur avis. Des événements labellisés « Assises parisiennes de la santé », organisés par des élus ou des partenaires, viendront compléter ce large dispositif de concertation.
 
Les Assises parisiennes de la santé se dérouleront tout au long de l'année, jusqu'en février 2017. La durée de cet exercice inédit de démocratie sanitaire permettra à l'ensemble des citoyens, professionnels et associatifs de s'emparer pleinement des grandes questions de santé, de nous faire part des besoins et difficultés existants, pour proposer des solutions enrichies par la réflexion collective.
 
Pour que nos échanges soient suivis d’effets rapides, nous devons nous fixer des objectifs tangibles. Je souhaite qu’à la fin de ces Assises nous ayons établi, avec l’ARS et la CPAM, un Contrat Local de Santé, pragmatique et ambitieux, tenant compte des expériences et attentes de chacun.

J’ai confiance en notre capacité collective à trouver les solutions aux défis de notre époque – y compris sur ces sujets graves et pressants. Ne vous bridez pas, ne vous censurez pas. C’est en étant à la fois lucides et exigeants que nous l’emporterons sur les dangers et les injustices que notre ville a vocation à surmonter. »

Anne Hidalgo le 7 avril 2016 à l'Amphithéâtre du Groupe Hospitalier Diaconesses / Croix St Simon, 12-18 rue du Sergent Bauchat 75012 Paris.

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