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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



18/06/2011 - 12:01
La rédaction avec la participation de Julie Hammett
        

Autolib, piétonisation et sécurité : les primes de la discorde

Le conseil du 17e arrondissement de Paris le 14 juin 2011.



La majorité et l’opposition peinent à se mettre d’accord lors du conseil du 17e arrondissement le mardi 14 juin 2011 et alors que le maire, Brigitte Kuster, est absente pour raisons familiales.



« Il faut que vous arrêtiez de prendre les gens pour des imbéciles » lance Annick Lepetit, députée de Paris, adjointe au Maire de Paris chargée des transports, des déplacements et de l’espace public, à Jérôme Dubus, conseiller de Paris (Nouveau Centre). Des mots durs fusent entre les élus de la majorité et ceux de l’opposition, lors du conseil d’arrondissement du 17e le mardi 14 juin 2011. Qu’il s’agisse des transports, de la sécurité ou encore de la piétonisation de certaines rues, la tension entre les deux bords est palpable.

La discorde est frappante concernant la Signature avec le Syndicat Mixte Autolib’ d’une convention portant superposition d’affectations sur partie du domaine public de voirie en surface de la Ville pour l’implantation de stations et d’espaces Autolib’. Laurence Douvin, conseillère de Paris (UMP), rappelle que les travaux débuteront dès juillet prochain et s’achèveront au printemps 2012. Le projet consiste à implanter 700 stations, dont 500 en surface et 200 dans les parkings souterrains, pour la somme de 50.000 euros chacune. Elle déplore que la Mairie de Paris ait ignoré le souhait de la mairie du 17e arrondissement d’instaurer « le maximum de stations en souterrain ». Elle propose donc de voter contre. Annick Lepetit (PS), députée de Paris et adjointe au Maire de Paris chargée des transports, des déplacements et de l’espace public n’est pas d’accord : « Je vais essayer de vous convaincre ». Elle rappelle qu’il s’agit de voitures électriques en « trace direct », qui permettraient de prendre la voiture à un endroit, et la laisser à un autre. « Je pense que c’est dommage de s’abstenir, car cela représente une offre supplémentaire de transports non seulement pour les parisiens, mais aussi pour les franciliens ». Khédidja Bencherif conseillère d'arrondissement (UMP) revient sur l’argument de Laurence Douvin, et le renforce : « Non seulement cela correspond à une perte de places considérables, mais en plus la tarification est vraiment très chère. La location d’un Autolib’ peut s’élever à 20 euros de l’heure, et c’est sans compter la caution qui est hors de prix ». Selon elle, ce modèle économique désavantage les contribuables qui vont devoir financer le projet. Annick Le Petit s’emporte : « Je ne peux laisser dire de tels mensonges ! L’abonnement est de 12 euros par mois, et de 5 euros par heure ».

Les élus ont du mal à se mettre d’accord. Finalement, Laurence Douvin reprend les données du site internet Autolib’, et informe que le coût d’un abonnement hebdomadaire s’élève à 15 euros et qu’une demi-heure de location est facturé 5 euros.
La salle du conseil du 17e arrondissement - Photo : Julie Hammett.
La salle du conseil du 17e arrondissement - Photo : Julie Hammett.

Autre sujet de friction, le Vœu relatif à la piétonisation du passage du Petit Cerf, émis par Jérôme Dubus. « Vous savez que cette zone est privée ? Avez-vous consulté les riverains ? Sont-ils d’accord pour faire passer cette zone privée en zone publique ? » s’énerve Annick Le Petit, « faites votre travail pour une fois ! » Jérôme Dubus lui répond que l’intérêt du vœu est justement d’interroger les habitants concernés. Presque las, Hervé Benessiano (UMP) , 1er adjoint au maire chargé de l'Administration générale, des Finances, de la Démocratie locale et de la Propreté lui conseille d’arrêter le débat, « ça ne sert à rien » insiste-t-il.

Même le thème de la sécurité divise. Suite au décès récent d’un jeune mineur de 17 ans, et aux incidents qui interviennent de façon récurrente dans l’arrondissement, Nadia Salem conseillère d'arrondissement (PS) souhaite que le préfet de police de Paris renforce ses effectifs dans le 17e arrondissement : « Il n’y a pas d’autres solutions. Les armes à feux circulent et certains jeunes tombent sous leurs balles ». Pour la majorité, la sécurité ne dépend pas juste des effectifs de police : « Aux acteurs sociaux d’aider la parentalité, aux bailleurs sociaux de faire leur travail, à la DPP de faire des rondes de jour comme de nuit, aux habitants d’être réactifs pour savoir porter plainte quand nécessaire, et à la police nationale d’être présente ». Hervé Benessanio insiste : « La sécurité est un travail de groupe, et renforcer les effectifs de police ne constitue pas une solution idéale ».
L’opposition concède qu’il s’agit en effet d’un travail commun, mais persiste à dire que la sécurité dépend en grande partie du renforcement des effectifs de police.
Un désaccord qui vient s’ajouter à une longue liste de divergences.
La mairie du 17e arrondissement de Paris - Photo : Julie Hammett.
La mairie du 17e arrondissement de Paris - Photo : Julie Hammett.



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