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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



01/06/2012 - 18:41
        

Coup de théâtre aux législatives à Paris

Yves Pozzo di Borgo soutient Valérie Sachs et David Alphand contre Claude Goasguen.



La droite et le centre à Paris de moins en moins unis par rivalités entre ses formations mais aussi en leur sein.



Coup de théâtre aux législatives dans la 14e circonscription de Paris qui regroupe le sud du 16e arrondissement.
Yves Pozzo di Borgo, sénateur centriste réélu en septembre 2011 dans un combat entre 3 listes de droite et du centre, l’une qu’il conduisait, l’autre UMP celle de Chantal Jouanno, la troisième, UMP dissidente, celle de Pierre Charon, prend position dans la recomposition de la droite et du centre à Paris.

Il annonce son soutien personnel aux 2 conseillers de Paris du 16e arrondissement, Valérie Sachs et David Alphand, face au député qui se représente, le maire du 16e arrondissement Claude Goasguen (UMP) qui siège aussi à ce titre au conseil de Paris.

C’est un soutien individuel car le Nouveau Centre en tant que parti national a donné son investiture à Claude Goasguen. Mais Yves Pozzo di Borgo, Président du Nouveau Centre à Paris et du groupe Centre et Indépendant au conseil de Paris, entend faire entendre sa voix même si dans le concert de l’union joué par les partis de droite, elle correspond à un "couac".

En revanche, elle met en évidence qu’il existe à peu près autant de rivalités au sein du Nouveau Centre qu’au sein de l’UMP et que celles-ci concernent les hommes, les lignes politiques, les stratégies.

En un mot, la recomposition est en marche et les élus de la droite et du centre à Paris veulent prendre leur destin en main.

Le problème, c’est que les analyses pour reconquérir Paris sont divergentes et qu’il n’y a pas d’accord sur les hommes qui doivent préparer le combat et le mener dans moins de deux ans.

Panneau électoral de Valérie Sachs (Divers Centre) devant la mairie du 16e arrondissement - Photo : VD.
Panneau électoral de Valérie Sachs (Divers Centre) devant la mairie du 16e arrondissement - Photo : VD.

La négociation entre l'UMP et le Centre n'a pas eu lieu à Paris

Yves Pozzo di Borgo se confie à Paris Tribune. Il est clair. Pourquoi "David Alphand et Valérie Sachs ? Car je considère qu'il est nécessaire que nous montrions qu'il y ait d'autres forces à Paris. J'aurais préféré qu'elles s'unissent mais j'espère que ce sera le cas en 2014."

Dans le 16e arrondissement où 8 candidats de droite et du centre sur 16, dont David Alphand (Divers Droite) et Valérie Sachs (Divers Centre), affrontent Claude Goasguen, Yves Pozzo di Borgo ne donne pas sa préférence à l’un ou l’autre des challengers de droite et du centre.

Il opte pour le tout sauf Goasguen à l’intérieur de l’opposition à la nouvelle majorité présidentielle. Il déplore l'absence de Primaires dans le 16e arrondissement qui auraient permis de désigner les candidats UMP et centristes pour les élections législatives.

Comme aux dernières sénatoriales, les dissidents semblent bien être des dissidents relatifs. Une fois de plus, il n’y a pas un chef d’orchestre à la baguette.

Claude Goasguen n’entre pas dans la vision politique d’Yves Pozzo di Borgo, pour l’avenir. "Vous avez là un maire qui est un élément négatif pour la droite" explique le sénateur centriste qui a été réélu de justesse en septembre 2011, du fait de la candidature de Pierre Charon, suspendu temporairement de l’UMP pour s’être présenté en dissident aux élections sénatoriales ; un candidat que Claude Goasguen a appelé à soutenir (cf. l’article Indiscrétion de Paris Tribune du 26 septembre 2011 : Pierre Charon aidé par l'UMP et les centristes ).


Pour Yves Pozzo di Borgo, "Claude Goasguen porte atteinte à l'image de l'opposition à Paris (...) J'ai regretté que le Nouveau Centre au niveau national ait donné son investiture à Claude Goasguen."

"Je suis dans une logique d'union de la droite et du centre à Paris, explique le président du groupe Centre et Indépendant au conseil de Paris, et Claude Goasguen n'est pas attractif".

Panneau électoral avec Valérie Sachs (Divers Centre) et David Alphand (Divers Droite) devant la mairie du 16e arrondissement - VD.
Panneau électoral avec Valérie Sachs (Divers Centre) et David Alphand (Divers Droite) devant la mairie du 16e arrondissement - VD.
"Il n'est pas uniquement un responsable de l'UMP dans le 16e arrondissement mais également à Paris (...) Le problème, c'est que Claude Goasguen est un acteur important au niveau parisien et au niveau national (...) détaille le centriste.

"Je considère qu'on ne pourra pas reprendre Paris avec lui (...) il n'a pas l'image qu'il faut pour reprendre Paris, il faut une équipe plus jeune."

Le sénateur Yves Pozzo di Borgo estime que "comme dans le 16e arrondissement il n'y a aucun risque de victoire de la gauche, on aurait dû avoir un laboratoire (...) les négociations ont été lamentables (...)"

L'idée était de trouver un moyen de faire le rassemblement avec une expérimentation dans la 14e circonscription qui regroupe le sud du 16e arrondissement acquis à la droite : "on aurait pu faire des primaires dans le 16e arrondissement, qui ne risque pas de passer à gauche, pour déterminer les candidats et les suppléants aux élections législatives."

Yves Pozzo di Borgo explique l'ambiance des négociations qui ont duré jusqu'au 6 mai 2012, ou plutôt "la non-négociation" qui leur a été imposé pendant plusieurs mois, visant à "brader" les candidats parisiens pour "sauver les députés sortants", tous UMP.

Rencontre des militants dans le 17e arrondissements de Paris le 25 mai 2012 avec Yves Pozzo di Borgo - Photo Crédits réservés.
Rencontre des militants dans le 17e arrondissements de Paris le 25 mai 2012 avec Yves Pozzo di Borgo - Photo Crédits réservés.

Union dans la 4e circonscription

Un seul député sortant a respecté les centristes : Bernard Debré, conseiller de Paris du 16e arrondissement et candidat UMP à sa réélection dans la 4e circonscription de Paris qui regroupe le nord du 16e arrondissement et l'ouest du 17e arrondissement.

Sa suppléante Fabienne Gasnier, conseillère de Paris du 17e, est membre du Nouveau Centre.

Le 25 mai 2012 aux côté du Secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, de Bernard Debré et d'autres élus, Yves Pozzo di Borgo est allé à la rencontre des militants de droite et du centre dans la 4e circonscription, côté 17e.

Le 26 mai 2012, il accompagnait David Alphand dans un marché de la 14e circonscription, le sud du 16e arrondissement.

Cas David Alphand : c'est aux propriétaires du sigle de se défendre

Interrogé sur l’ordonnance du juge des référés dans l’assignation de David Alphand par Claude Goasguen au sujet des lettres "UMP" suivies de la mention "jusqu'au 6 mai 2012", le président du Nouveau Centre à Paris laisse faire la justice : "C'est le problème de l'UMP (...) c'est à ceux qui sont propriétaires du sigle de se défendre (...) Nous avons connu le même problème en 2008 (...)".

Pour Yves Pozzo di Borgo, "David Alphand a le droit de dire qu'il a été à l'UMP jusqu'au 6 mai 2012 , il n’y a pas de texte qui le lui interdit et personne ne peut l'en empêcher."

Après les législatives, les municipales

Après les législatives, les municipales. "Si jamais on veut en 2014 arriver à reprendre la ville de Paris, poursuit le président du Nouveau Centre à Paris, (outre qu') il y aurait un refus de la gauche (qui aurait obtenu tous les pouvoirs), il y a tout l'Est parisien à reconquérir. Pour cela, il nous faut de nouveaux visages".

L’opinion de Yves Pozzo di Borgo est faite : "Claude Goasguen apparaît comme un responsable parisien avec des positions tellement caricaturales que, dans l'Est parisien, (la droite et le centre) rencontrent des difficultés (...) : ce n'est pas possible avec un Claude Goasguen qui fait partie de notre union !"

Yves Pozzo di Borgo le centriste parisien et Claude Goasguen, l’UMP ancien secrétaire général de l’UDF, formation politique qui regroupait des centristes et des libéraux, sont des hommes politiques qui comptent au sein de l’opposition municipale parisienne.

Cette prise de position du sénateur centriste est-elle le fruit d’un passé récent entre les deux hommes ou bien l’affirmation d’une méthode et de la nécessité de changements pour reconquérir la ville de Paris ? Sans doute un peu des deux et derrière tout cela, l’enjeu de la désignation du futur candidat à la Mairie de Paris et de la composition de son équipe rapprochée.

Selon son succès, ou non, et son score, Claude Goasguen joue son avenir personnel dans cette élection législative.



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