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07/08/2009 - 17:26
Marie Haddad
        

L’Arche de Deyrolle

Septième Tribune



Au 46 rue du Bac se trouve un cabinet de curiosités visité par des passionnés célèbres comme André Breton ou Salvador Dali.



L’Arche de Deyrolle

L’Arche de Deyrolle

Deyrolle au pays des merveilles

Du scarabée séché à la girafe empaillée, c’est tout un zoo figé qui s’étend sur deux étages. On se retrouve nez-à-nez avec des espèces de toutes sortes, fauves, rapaces, ours, coquillages, crustacés… On nous en met plein les yeux tant la diversité est impressionnante. Plein les yeux, oui, surtout quand on sait que la maison Deyrolle organise parfois des visites pour de petits groupes de jeunes aveugles autorisés à toucher les animaux.
Fondée en 1831 par des entomologistes, la maison Deyrolle devient célèbre pour ses animaux empaillés et ses planches pédagogiques vendues aux écoles. En 2002, Louis Albert de Broglie reprend l’affaire en difficulté. Outre l’amour de la nature, la taxidermie ou naturalisation est une activité lucrative. Elle attire les chasseurs, les musées et de riches particuliers en quête d’exotisme d’intérieur. Il n'y a pas d’inquiétude à avoir, les animaux d’espèces protégées sont achetés à des zoos.
Le 1er février 2008, la ménagerie s’affole. Un court-circuit fait s’abattre un déluge de feu sur la collection. Les seuls rescapés sont un ours brun, un cerf, un bison, un âne, un veau et un puma.

La chasse au trésor

L’association « Les Amis de Deyrolle » est créée pour restaurer le mobilier historique et renouveler la collection. Avant l’incendie, la boutique avait déjà d’énormes charges et devait faire un chiffre d’affaires proportionnel. Suite au sinistre, de nombreux artistes se mobilisent. Yann Arthus Bertrand, Bernard Venet, Sophie Calle et bien d’autres se sentent concernés par ce lieu de préservation du patrimoine naturel.
Deyrolle reprend du poil de la bête malgré une pièce encore en travaux et résiste à la crise. Alors que la profession de taxidermiste devient un métier de moins en moins prisé par les jeunes, l'entreprise emploie trois taxidermistes réguliers, dont un formé depuis l'âge de 14 ans par la maison. Contre cinquante au XXe siècle.
Un loup blanc à 9.000€, un cerf à 7.000€, un cygne à 2.100€. C’est ce que coûtent, entre autres, ces gros blocs de polystyrène sculptés, recouverts de peau tannée. Une nouvelle vie après la mort pour ces animaux qui deviennent trophées ou objets d’art, de décoration. Le loup blanc décorera bientôt l’intérieur parisien d’une américaine tandis que l’autruche sera livrée à Los Angeles par un mari pour l’anniversaire de sa femme. Tout en restant fidèle à l'esprit des fondateurs, le nouveau Deyrolle élargit son offre. Les animaux se font mannequins le temps d’une séance photo ou d’un clip, loués par des magazines de luxe ou lors d’un shooting pour Vogue ou Marie-Claire.

Véritable musée d’histoire naturelle mais entreprise commerciale avant tout, Deyrolle n'est pas encore sauvé des eaux mais sait mener son Arche.
L’Arche de Deyrolle




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