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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



11/11/2013 - 14:50
        

Le 11 novembre, un symbole politique qui s'ancre

1914 - 2014 : Centenaire du début de la Grande Guerre.



La sonnerie aux morts et la Marseillaise ont retenti dans toute la France pour rendre hommage aux morts de la Première Guerre mondiale, et aussi, comme c’est le cas depuis 2012, à tous les morts pour la France.



La France a son Memorial Day comme aux Etats-Unis d'Amérique : le 11 novembre est devenue une journée d’hommage aux morts français de toutes les guerres, Lazare Ponticelli, le dernier Poilus, s'étant éteint le 12 mars 2008. Pendant la Grande Guerre, la France a perdu en moyenne 900 soldats français par jour, soit 10% de ses hommes en âge de travailler, sans oublier les invalides de guerre.

Suite à l'annonce faite par l'ancien président Nicolas Sarkozy d’un projet de loi visant à faire du 11 novembre "la date de commémoration de la Grande guerre et de tous les morts pour la France", précisant qu’ "aucune autre commémoration ne serait supprimée", l'ancien candidat à l'élection présidentielle François Hollande avait formulé des réserves.

"Je n’y suis pas favorable", avait déclaré François Hollande le 11 novembre 2011 au pied de l'ossuaire de la Gruerie, dans la Marne, construit pour abriter la dépouille de 10 000 soldats inconnus trouvés dans le Bois de La Gruerie, "il n’y a pas besoin de légiférer sur ces questions-là. On a mieux à faire". Et devant la statue féminine surplombant l'ossuaire réalisée par le sculpteur Lamourdedieu, suite à une souscription lancée en 1923, François Hollande précisait : "Chaque célébration doit rester ce qu’elle signifie par elle-même. Le 11 novembre, c’est la Première Guerre Mondiale".

Pour le candidat, chaque célébration devait en outre "permettre de pouvoir faire une évocation à tous les morts pour la France et notamment ceux qui sont tombés en Afghanistan sur les champs d’intervention extérieure" et "aussi avoir une parole rassembleuse à l’égard de tous ceux qui sont morts pour la France". François Hollande, une fois élu président de la République, a donc marché dans les pas de son prédécesseur qui avait institué un ton plus politique qu'historique aux célébrations pour éviter "la fossilisation" de la mémoire historique.

Le 9 novembre 2013, le président François Hollande lance les commémorations du centenaire de la Première Guerre mondiale et appelle les Français à "se rassembler pour réussir". Mais selon le sondage Ifop le 5 novembre ou encore l'enquête mensuelle CSA / Les Echos publiée le 7 novembre, seulement 25 % des Français approuvent son action. Le résultat : le Chef de l'Etat est pris à parti par des manifestants rassemblés pour le huer, entre le dépôt de gerbe devant la statue de Georges Clemenceau, sur les Champs-Elysées, et le ravivage de la flamme sur la tombe du soldat inconnu, sur la place de l'Etoile, flamme jaillie d'une bouche à feu réalisée par le ferronnier d'art Edgar Brandt avec "une gueule de canon braquée vers le ciel, encastrée au centre d'une rosace représentant un bouclier d'où rayonne une frise de glaives ciselés formant une étoile"*. Les cérémonies du 11 novembre 2013 à Paris se sont soldées par 70 interpellations par les forces de l'ordre.

A midi, François Hollande a reçu à déjeuner à l’Elysée les familles des militaires français morts en opérations extérieures en 2013, et a poursuivi son après-midi par un hommage croisé aux combattants de la Première Guerre mondiale et aux résistants de la deuxième Guerre mondiale à Oyonnax, dans l’Ain, l'une des rares villes décorée de la médaille de la Résistance.
Tout un programme finement pensé pour coller au nouveau symbole du 11 novembre : un 11 novembre désormais très politique avec, par voie de conséquence, des contestations politiques à la clé.

La flamme fut allumée la première fois le 11 novembre 1923 à 18h par André Maginot, ministre de la Guerre. Le ravivage de la flamme a depuis lieu chaque soir à 18h30 avec un céméronial précis - Photo : Anna Fox.
La flamme fut allumée la première fois le 11 novembre 1923 à 18h par André Maginot, ministre de la Guerre. Le ravivage de la flamme a depuis lieu chaque soir à 18h30 avec un céméronial précis - Photo : Anna Fox.
- Article : Direct Matin a oublié le 11 septembre 2001.
* Source : Wikipedia.



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