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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



Cet article cite : 11e arrondissement, iran
28/06/2009 - 16:36
Ghislain Fornier de Violet
        

Marche de rue en soutien aux manifestants iraniens

A côté de chez vous



Après l'Ambassade d'Iran et le Quay d'Orsay, les rassemblements anti-Khamenei continuent à Bastille.



Un forum de la liberté d’expression : la Bastille

L’initiative du rassemblement est prise par le Comité indépendant contre la répression en Iran, organe de mobilisation créé il y a douze jours avec le début de la contestation iranienne post-électorale. Après avoir organisé des rassemblements de soutien devant l’ambassade d’Iran à Paris, et devant le Ministère des Affaires étrangères, la mobilisation de rue continue sur l’espace public. Alors que les manifestations précédentes se déroulaient face aux lieux de pouvoir politique, celle-ci s’ancre davantage dans un symbole historique français de la souveraineté populaire : la Bastille. Avec un bon millier de participants.
Sous la chaleur accablante de cet après-midi dominical, les marches de l’Opéra Bastille sont noires de monde. Le spectacle ne se déroule pas cette fois dans l’Opéra mais bien sur le trottoir qui lui fait face. Le lieu prend des allures de forum antique, départagé entre la foule massée sur les marches-gradins et les organisateurs en contrebas pourvus de micros et de mégaphones. Mais si le rassemblement a des airs de théâtre à ciel ouvert, les personnes présentes affirment leur position d’acteurs engagés, plus que de spectateurs, scandant frénétiquement les mots d’ordre « Internationale, Solidarité, Liberté en Iran ! », ou encore en persan « Neda ye azadi ! » (Neda : la voix de la liberté !), en hommage à cette jeune iranienne tuée lors des manifestations et devenue depuis lors un symbole de la contestation.
Marche de rue en soutien aux manifestants iraniens

Les rassemblés

La foule affirme son engagement jusque dans ses choix vestimentaires : couleur verte du candidat malheureux à la présidence, Mir Hossein Moussavi, drapeaux iraniens en guise d’écharpe. Des pancartes figurant les manifestants de Téhéran en action sont brandis comme des étendards. La plupart des personnes présentes sont des français d’origine iranienne. La jeune génération, très visible, côtoie ceux qui sont nés en Iran sous le régime du Shah, et qui ont fuit le pays après l’instauration du régime des Mollah en 1979.
Un participant d’origine iranienne préfère ne pas être pris en photo. D'une part pour ne pas être fiché alors qu'il s'apprête à rentrer au pays, d'autre part pour ne pas compromettre la sécurité de sa famille qui pourrait risquer d'éventuelles représailles. Remarque certainement pertinente quand on sait le contrôle d’internet opéré par ces autorités depuis le début des troubles remettant en cause l’élection de Mahmoud Ahmadinejad. Beaucoup parmi la foule portent effectivement des masques dissimulant la bouche, des lunettes noires ou des foulards.
Marche de rue en soutien aux manifestants iraniens

Les rassembleurs

Une des organisatrices, membre du Comité indépendant, rappelle fermement dans son micro que le rassemblement est une manifestation apolitique, ne soutenant aucun parti, si ce n’est la cause des droits de l’homme en Iran et la cessation de la répression des opposants au pouvoir en place en Iran.
La Mairie de Paris est représentée en la personne de Pierre Shapira, adjoint au Maire de Paris et chargé des relations internationales qui annonce que « tout le monde doit entendre que les démocrates veulent se battre. Sachez que la Ville de Paris sera à vos côtés pour que la démocratie puisse s’exprimer en Iran. »
Puis vient le tour de Dominique Voynet, dont le parti des Verts est venu affirmer ce dimanche à Bastille son soutient à la cause des manifestants en Iran.
Un invité particulièrement engagé dans le combat de la cause pro-démocratique iranienne, Bernard-Henri Lévy, s’exprime : i[« La démocratie en Iran a déjà gagné. […] Le guide suprême, en prenant position pour la fraude, s’est discrédité. Le peuple en Iran va gagner. […] L’issue ne fait pas de doute. La révolution démocratique en Iran aujourd’hui pourra prendre du temps, mais elle a commencé et elle ira jusqu’au bout. […] Ahmadinejad n’est pas seulement le président mal élu, c’est le président non-élu d’Iran ».]i
« En 2009, nous sommes tous connectés par Facebook, Twitter » déclare une organisatrice, rappelant ainsi le rôle grandissant des réseaux sociaux dans la mobilisation politique, comme lors de la contestation post-électorale d’avril 2009 en Moldavie. Ces réseaux sont un terrain d’expression largement utilisé dans un pays comme l’Iran, dont 60% de la population a moins de 30 ans.
D’autres soutiens de marque se font les porte-voix de la contestation du régime d’Ahmadinejad, tels que Karim Lahidji, président de la Ligue de défense des droits de l’Homme en Iran, ou l’artiste franco-iranienne Marjane Satrapi. Puis, la foule se met en branle en un long cortège en direction de la place de la Nation.
Marche de rue en soutien aux manifestants iraniens

Cause des droits de l’homme et contestation du régime Iranien

Si le rassemblement de la Bastille s’affirme comme apolitique et donne la priorité au respect des droits de l’homme dans le contexte actuel de la répression en Iran, le cœur de la foule semble néanmoins pencher clairement en faveur des revendications politiques pro-libérales et pro-démocratiques exprimés ces deux dernières semaines à Téhéran par les militants pro-Moussavi et les opposants au régime de Khamenei, le guide suprême, qualifié tout au long du rassemblement de « dictateur » par les participants de la marche.


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