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© Paris Tribune, « observateur des débats publics à Paris »



03/12/2012 - 12:41
        

Roger Madec, Benoît Duquesne et Frigide Barjot

Coup de projecteur sur Roger Madec, sénateur-maire du 19e arrondissement.



Le sénateur-maire Roger Madec fait couper l'électricité pour empêcher une équipe de France 2 d'enregistrer une interview dans la mairie du 19e arrondissement.



Tournage dans le noir. C'est la mésaventure qui est arrivée le jeudi 29 novembre 2012 à la mairie du 19e arrondissement au journaliste de France 2 Benoît Duquesne alors qu'il interviewait Frigide Barjot.

L'une des figures parisiennes opposée au mariage pour les homosexuels est filmée dans la salle des mariages de la mairie du 19e arrondissement. Le sénateur-maire apprenant le nom de l'invitée interdit le tournage. Le journaliste lui aurait annoncé un nom différent pour l'interview. Toute la production étant installée, l'interview commence. Pour la faire cesser, l'idée vient de couper l'alimentation électrique des projecteurs puis des caméras. Celles-ci ayant été branchées sur batterie, le tournage se poursuit jusqu'à son terme, dans le noir.

Extraits de l'interview de Frigide Barjot par Benoît Duquesne :

Benoît Duquesne : On est ici avec vous Frigide Barjot dans cette magnifique...
Frigide Barjot : Magnifique !
Benoît Duquesne : .... salle des mariages, alors on est dans la mairie du 19e arrondissement
Frigide Barjot : C'est cela...
Benoît Duquesne : Je précise quand même que le maire en apprenant que c'était vous n'était pas très content qu'on fasse l'interview de quelqu'un qui soit opposé au mariage gay dans sa mairie parce que lui ce n'est pas sa position, bon. Mais il nous laisse le faire et on le remercie !
Frigide Barjot : Eh bien on le remercie et surtout si ça passe !
Benoît Duquesne : Surtout si ça passe à l'antenne...
Frigide Barjot : Ce soir...

L'interview se poursuit. Visiblement nerveux, les collaborateurs du maire du 19e arrondissement passent et repassent dans la pièce. 3 minutes et 24 secondes plus tard :

Frigide Barjot : Ecoute-bien Benoît, c'est un tournant historique dans l'humanité, c'est-à-dire qu'on va instituer une filiation amputée et la remplacer par un éducateur à la place d'un parent biologique...
Benoît Duquesne : Oui mais...
Frigide Barjot : et tout...
Benoît Duquesne : et il y a des pédopsychiatres qui disent....
Frigide Barjot : non...
Benoît Duquesne : que des enfants peuvent très bien grandir dans des familles comme ça, qu'ils peuvent très bien s'inventer effectivement...
Frigide Barjot : absolument (la lumière baisse d'intensité - le journaliste regarde au-dessus de lui)
Benoit Duquesne : leur propre...
Frigide Barjot : mais Ils disent tous ceci, une chose très importante, c'est que...
Benoît Duquesne : On a de la lumière qui disparaît au fur et à mesure
Frigide Barjot : c'est étonnant... on tombe dans le noir...
Benoît Duquesne : Oui...
Firgide Barjot : le noir un peu que cette loi risque de faire grandir un peu dans notre société.

A moins de 2 minutes de la fin, le courant est coupé. L'interview se poursuit car les caméras ne sont pas branchées sur le secteur mais sur batterie :

Benoît Duquesne : Les homosexuels disent 'le mariage ce serait une façon de revenir dans la normalité' et d'en finir avec l'homophobie latente...
Frigide Barjot : Je ne crois pas, la normalité c'est de...de... d'être vrai, c'est-à-dire de dire que l'homosexualité n'est pas la même chose que... (la lumière est coupée)
Frigide Barjot : ... que l'amour entre un homme et une femme. Je ne dis pas que ce n'est pas un amour aussi beau et pas aussi sincère.... c'est pas ce que j'dis.... je dis il ne se vit pas de la même façon notamment parce que l'enfant ne pourra pas venir de cet amour-là directement.
Benoît Duquesne : Merci Frigide Barjot
Frigide Barjot : Je vous en prie, merci de m'avoir donné la parole
Benoît Duquesne : On est un petit peu dans le noir, je ne sais pas à quoi c'est dû, simplement que la mairie n'était pas tout à fait d'accord que l'on filme dans cette salle des mariages, il y a un petit malentendu, il ne pensait pas qu'on allait vous interviewer ici, visiblement cela ne plaît pas au maire donc c'est peut-être pour ça qu'on se retrouve petit à petit dans le noir
Frigide Barjot : Eh bien il est moins sympa que Christophe Girard qui nous reçoit à la mairie du 4e
Benoit Duquesne : Mais on va aller dans différentes mairies...
Frigide Barjot : Ah bon d'accord... Allez chez Christophe Girard !
Benoit Duquesne : Voilà !

La lumière a eu beau être coupée, et l'interview se finir dans l'obscurité, toute l'interview est diffusée le soir même sur France 2 dans l'émission du jeudi 29 novembre 2012 "Complément d'enquête" ; un magazine de la rédaction de France 2 conçu et présenté par le journaliste Benoît Duquesne sur le thème "Homosexualité : les croisades anti-gays".

A la tête du "Collectif pour une humanité durable", Frigide Barjot a manifesté le 17 novembre 2012, une marche qui aurait réuni plus de 200 000 personnes en France selon les différentes associations ayant appelé à manifester : Laurence Tcheng du mouvement "La gauche pour le mariage républicain", Xavier Bongibault, homosexuel, pour "Plus gay sans mariage", avec à leurs côtés les maires UMP des arrondissements de Paris, de Camel Bechikh pour les "Fils de France" ou encore de Lionel Lumbroso pour "David et Eugenia".


Articles du 3 décembre 2012 :
- Roger Madec et France Télévisions : le courant ne passe plus.
- Frigide Barjot remercie Christophe Girard sur France 2.

Interview d'une durée de 6 minutes dans la salle des mariages de la mairie du 19e arrondissement : "On est ici avec vous Frigide Barjot" (c) Capture d'écran France 2.
Interview d'une durée de 6 minutes dans la salle des mariages de la mairie du 19e arrondissement : "On est ici avec vous Frigide Barjot" (c) Capture d'écran France 2.

A 3 minutes et 24 secondes du début de l'interview : "On a de la lumière qui disparaît au fur et à mesure" (c) Capture d'écran France 2.
A 3 minutes et 24 secondes du début de l'interview : "On a de la lumière qui disparaît au fur et à mesure" (c) Capture d'écran France 2.

A 4 minutes 52 secondes du début de l'interview, et à 1 minute 10 secondes de la fin : "On est un petit peu dans le noir" (c) Capture d'écran France 2.
A 4 minutes 52 secondes du début de l'interview, et à 1 minute 10 secondes de la fin : "On est un petit peu dans le noir" (c) Capture d'écran France 2.




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