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Vendredi 27 Mars 2009 - 18:42


        

Rue de Rennes, les questions des habitants du 6e

Aménagements de la rue de Rennes : place aux avis des habitants du 6ème arrondissement de Paris.


Rendre plus agréable la partie sud de la rue de Rennes sans nuire ni aux riverains, ni aux commerçants, ni aux usagers : est-ce possible ?




Entamée à 19h15, la réunion du jeudi 26 mars 2009, prévue lors de la reprise de la concertation le 9 février, a duré un peu moins de deux heures. La salle du gymnase est pleine et le nombre maximal de personnes autorisées à assister au dialogue - 300 personnes, soit un peu moins que lors de la dernière réunion publique - est vite atteint.

Jean-Pierre Lecoq , maire du 6ème arrondissement, rappelle l'objectif de la soirée : recueillir les avis et propositions des habitants du 6ème sur le projet de réaménagement de la rue de Rennes.

Annick Lepetit , Adjointe au Maire de Paris en charge des déplacements, axe ses propos sur le coeur de ce projet : la place des piétons.

Pour permettre au dialogue de commencer, les données techniques et détails des propositions sont donnés par le maître d'ouvrage.

Les questions, pertinentes, touchent partisans et opposants : les partisans des travaux de réaménagement de la rue de Rennes mais opposés au calendrier proposé, comme les opposants aux travaux de réaménagement de la rue de Rennes mais favorables, par exemple, à des travaux à certains carrefours.

Le réaménagement de la rue de Rennes ne concerne désormais plus que le tronçon compris entre Raspail et la Place du 18 juin. Il ressort du questionnaire, adressé aux 45000 habitants et qui a reçu 9000 réponses, qu'il manque des arbres, que la rue est polluée et bruyante et que les trottoirs sont trop encombrés. D'où des propositions visant à réduire la chaussée, à élargir les trottoirs, à créer des zones de livraison, à créer des zones de stationnement pour les deux roues, à créer des dépose-minute pour les riverains, à réduire le mobilier urbain et pourquoi pas à limiter la circulation à 30km/h pour éviter de mettre des feux rouges. Le tout, dans les deux sens de la circulation.

Vingt-deux questions fusent - et parmi elles :
1- Le réaménagement proposé est un réaménagement partiel qui passerait à côté de son objectif principal : la sécurité des concitoyens. Pourquoi ne pas réduire la vitesse des voitures sur ce tronçon particulièrement propice aux accidents ?
2- La durée proposée des travaux serait déraisonnable. Pourquoi ne pas chercher à aller plus vite et économiser l'argent public ?
3- La chaussée serait réduite pour faire de la place aux piétons. Qu'en est-il de la sécurité des vélos ?
4- Les architectes ne souhaiteraient pas que des potelets de protection soient intégrés dans le paysage piétonnier. Mais comment empêcher aux voitures et camionnettes de livraison de monter sur les trottoirs, appelés à être élargis ?
5- Une nouvelle chaussée de 4.5 mètres ne permettraient pas aux autobus de se garer. Ne faudrait-il pas penser davantage à cette question ?
6- Les questionnaires se semblent pas avoir été adressés à tous les habitants car certains ont reçu, par exemple, cinq exemplaires (tous renvoyés) alors que d'autres, aucun. Etait-ce sérieux d'avoir basé ce projet sur un questionnaire qui propose comme solution la "moins pire" de planter des arbres (proposition rejetée par la suite par les architectes des Monuments historiques) ? Faut-il envisager un tel projet alors que le tronçon en question n'est noir de monde que le samedi après-midi ? Pourquoi ne pas tester les conséquences futures des travaux en installant des barrières en métal pour observer le comportement des automobilistes, des deux-roues, des bus, des camionnettes et des piétons ?
7- La proposition de rajouter des feux rouges serait-elle jugée pertinente alors que les voitures (700 véhicules par heure) dépassent déjà difficilement les 30km/h ?
La rue de Rennes : 22 mètres de largeur sur une longueur de 1195 mètres, de la place du Québec à la place du 18 juin 1940.
La rue de Rennes : 22 mètres de largeur sur une longueur de 1195 mètres, de la place du Québec à la place du 18 juin 1940.

8- Les aménagements du boulevard du Montparnasse ou autour de la gare Montparnasse auraient encouragés les deux-roues à s'installer sur les trottoirs. Ne faudrait-il pas d'abord faire respecter les interdictions de stationner sur des espaces réservés aux piétons ?
9- Pourquoi traiter ce tronçon de la rue de Rennes et non pas les carrefours qui posent des problèmes de sécurité ? Pourquoi ne pas simplement enlever les mobiliers urbains ? Pourquoi dire que la circluation deviendrait plus fluide alors que la chaussée serait rétrécie ?
10- Quels sont les chiffres liés à cette opération ?
11- Comment être sûr que le nouvel aménagement sera plus sûr pour les usagers ?
12- Les piétons iront là où ils le voudront, ils continuerontà aller sur la chaussée en dépit d'un trottoir plus large. Quel est l'intérêt d'élargir le trottoir ? Quels travaux pour quels avantages ? En quoi est-on obligé d'élargir les trottoirs ?
13- Pourra-t-on s'arrêter devant chez soi pour décharger ses courses ou amener une personne âgée ou bien faudra-t-il tourner dans le quartier en attendant qu'une place se libère ?
14- Quelle place pour les vélos qui risquent d'utiliser les trottoirs élargis ?
15- Ce projet répond bien aux attentes de la population qui passera par des phases : phase de dénigrement, phase de résignation, phase d'adoption. Un exemple : les commerçants de la rue Saint-Placide ont vu leur chiffre d'affaires augmenter grâce au réaménagement de la rue. Pourquoi ne pas acter ce soir que c'est toute la rue de Rennes qui doit, à terme, être réaménagée, pour éviter de mutiler, de dénaturer et de faire perdre son unité à cette artère qui fonctionne à la manière d'une promenade ?
16- Pourquoi ne pas supprimer le sens unique de la rue de Vaugirard dans sa partie rue Saint-Placide - Boulevard du Montparnasse pour améliorer la fluidité de la rue de Rennes ?
17- Pourquoi ne pas entièrement piétoniser la rue de Rennes, ce qui développerait la vie dans la ville : les commerces. Partout où les rues sont devenues piétonnes, les commerçants ont été ravis - exceptés les commerçants des rues voisines.
18- Où sont les études tenant compte de l'impact du réaménagement de la rue de Rennes sur le 15ème arrondissement ?
19- La rue de Rennes est continue. Des travaux sur une seule portion risque de l'enlaidir. L'inesthétisme guette. Quels sont les garanties d'avoir une jolie avenue ?
20- Le questionnaire a permis de diagnostiquer les problèmes, il faut maintenant parvenir à un consensus sur les solutions !
21- Le calendrier des travaux ne mentionne pas de prochaines réunions de concertation avec la population. Aura-t-elle droit à d'autres réunions pour donner son avis ?
22- Avec un tel projet, tout le monde est gagnant. Il nous faut des élus courageux. A quand la prochaine génération d'élus ?
La rue de Rennes connue au n° 128 (plaque commémorative) , n° 140 (attentat de la rue de Rennes), n° 140 bis (façade et toit classés) , n° 153 (1ère église Notre Dame des Champs) et n° 169 (plaque commémorative).
La rue de Rennes connue au n° 128 (plaque commémorative) , n° 140 (attentat de la rue de Rennes), n° 140 bis (façade et toit classés) , n° 153 (1ère église Notre Dame des Champs) et n° 169 (plaque commémorative).

Face à la première salve de questions, Annick Lepetit et Romain Lévy, conseiller de Paris du 6ème arrondissement, tient à préciser qu'il ne lui semble pas que le projet de la rue de Rennes soit un projet grandiose ou insatisfaisant :
-beaucoup trop de piétons vont sur la chaussée,
-les nuisances sonores sont réelles,
-le mobilier urbain doit être amélioré,
-il faut réfléchir avant de démarrer les travaux mais il faudra par la suite respecter les travaux effectués,
-les potelets de protection se semblent pas être la solution : trop cher (15 millions d'euros)
-une voiture peut doubler un bus sur une voie de 4.50mètres de largeur.
Un riverain rappelle que la rue de Rennes a déjà tué (un accident mortel en 2007) et que son réaménagement est indispensable.
Jean-Pierre Lecoq se fait le porte-parole de la rénovation de l'éclairage de la totalité de la rue de Rennes et a fait part de sa principale crainte : celle de voir des flots de voitures se déverser dans les rues voisines peu habituées à un grand trafic et assister à une hausse des accidents. D'autre part, il espère faire cohabiter tout le monde car tout le monde a sa place. Les commerçants ne doivent pas quitter le quartier sous peine de provoquer une hausse des impôts locaux pour les particuliers. Il faudrait donc aller plus loin dans le dialogue Ville-Commerçants et, pourquoi pas, envisager des indemnités pour les commerces qui subiraient, à cause des travaux, une baisse de leur chiffre d'affaire. Par aileurs, compte tenu du fait que les grandes enseignes de la rue de Rennes attirent un grand nombre de visiteurs, il ne serait pas scandaleux que ces dernières participent au financement des travaux d'embellissement de l'artère commerçante - mais ils ont refusé de participer aux illuminations de la rue de Rennes à la période des fêtes 2008-2009...
La partie basse de la rue de Rennes débute au carrefour Vaugirard Notre-Dame-des-Champs et se termine à la place du 18 juin 1940, ex-place de la rue de Rennes jusqu'en 1880.
La partie basse de la rue de Rennes débute au carrefour Vaugirard Notre-Dame-des-Champs et se termine à la place du 18 juin 1940, ex-place de la rue de Rennes jusqu'en 1880.

Il est 21 heures lorsque la discussion se termine. Si la page de l'époque de la précédente mandature est tournée et si le passé est le passé, le projet du réaménagement de la rue de Rennes est bel et bien sur les rails. Les choses sérieuses commencent. Hier soir, les couteaux étaient rentrés.


Lire l'article du 17 février 2009 : Réaménagement de la rue de Rennes, raison ou hérésie ?






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