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25 novembre 2010 - 8 janvier 2011 : Michel Parmentier, Peintures 1961-1968

Une exposition en hommage à Michel Parmentier à la Galerie Jean Fournier dans le 7e arrondissement de Paris.


L’année 2010 marque la dixième année de la disparition de Michel Parmentier. La galerie Jean Fournier présente une exposition en hommage à l'artiste.


        

(c) Michel Parmentier - Sans Titre, 1968 - Laque sur toile 251 x 229 cm  98.8 x 90.2 inch
(c) Michel Parmentier - Sans Titre, 1968 - Laque sur toile 251 x 229 cm 98.8 x 90.2 inch
L'exposition « Michel Parmentier, Peintures 1961-1968 », fait suite à celle intitulée « Color Chart : Reinventing Color, 1950 to Today » qui s’est tenue au MoMA à New-York puis à la Tate de Liverpool où une bande bleue a été présentée.
L’exposition regroupe trois peintures sur toile de 1961 à 1963 ainsi que des bandes réalisées à partir de 1966.
Au début des années soixante, Michel Parmentier et Daniel Buren fréquentent l’atelier de Simon Hantaï. Le rôle et l’influence de ce dernier sont déterminants pour ces deux artistes. En 1966, Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni créent BMPT et présentent leur travail à l’occasion de quatre « Manifestations ». Michel Parmentier, en désaccord avec les artistes, se sépare du groupe en décembre 1967.
Jusqu’en 1965, Michel Parmentier insère et colle sporadiquement des papiers d’emballages et de journaux sur ses toiles. Ces matériaux importés intéressent l’artiste pour leurs motifs pré-existants ou leur couleur. Parfois il choisit d’arracher des morceaux de ses toiles pour les recouvrir à nouveau mais différemment. Cette démarche délibérée rend visible les gestes de l’artiste. La surface de la toile présente de nombreuses couches dont chacune révèle sa voisine plutôt que de la dissimuler. Cette juxtaposition de papiers et de couleurs laisse voir ce qui pourrait se rapprocher d’un repentir, traces des hésitations qui constituent justement ces oeuvres.
Des formes géométriques peintes en noir ou gris puis recouvertes d’une couche de peinture blanche sont discernables dans les peintures de cette période. Ces trois huiles sur toiles, où la blancheur domine, laissent entrevoir des couches précédentes dans des tonalités de gris proche du mauve. Ainsi dans Peinture n°6 un bandeau dans les tons de noir et de gris bleuté vient affirmer la blancheur de la toile et ses stratifications.

Alors qu’au premier regard nous ne voyons pas forcément de continuité entre les huiles sur toiles d’avant 1966 et les bandes, nous retrouvons dans chacune d’elle la recherche de l’appauvrissement et de la dématérialisation de l’œuvre que vise l’artiste. Ainsi Peinture n°6 peut-être considérée comme une prémisse des bandes. En effet, le travail avec le papier argenté laisse apparaître une scission du plan et de la surface. Le bandeau non recouvert de blanc rappelle l’horizontalité des bandes de même que la surface structurée des deux autres huiles présentées dans cette exposition.
De 1965 à 1968, Michel Parmentier peint des bandes horizontales, de couleur unique, alternant avec les bandes blanches de la toile. Chaque bande mesure 38cm de largeur. Leur surface se distingue des huiles sur toile par leur régularité et leur aspect lisse.
La galerie Jean Fournier présente deux bandes bleues de 1966, deux bandes grises de 1967 et une bande rouge datant de 1968.
Les premières bandes d’avant 1966 sont réalisées de façon moins radicale que celles produites ensuite. Pour les premières, l’artiste délimite les bandes par de l’adhésif ce qui laisse des traces et les peint à la verticale suscitant alors des coulées de peinture. Pour les suivantes, il décide d’obtenir un résultat identique en répétant, de toile en toile, les mêmes gestes. Il commence tout d’abord par passer une couche préparatoire, puis plie et agrafe la toile lui permettant d’obtenir des bandes qu’il bombe uniformément de couleur. L’étape finale consiste au dépliage de la toile. Contrairement aux huiles de 1961 à 1963, ce procédé affirme l’idée que l’œuvre implique une certaine discrétion de l’artiste vis-à-vis d’elle, aucune trace de son geste ne doit être visible. Ainsi l’artiste s’efface devant son oeuvre. Michel Parmentier s’autorise cependant à apposer une marque discrète de l’inscription dans le temps de la réalisation de la toile. Il tamponne son revers de la date de fabrication affichant le jour, le mois et l’année.
Face à la radicalisation de cette procédure, le choix de la, puis des couleurs est délicat. Souhaitant éviter « qu’une éventuelle signification puisse être donnée à une couleur unique préférentielle voire obsessionnelle ou symbolique »*. Michel Parmentier change de couleur chaque année. Ainsi en 1966 il réalise des bandes bleues ; en 1967 des bandes grises et en 1968 des bandes rouges.

* Michel Parmentier, « Le groupe Buren-Mosset-Parmentier-Toroni n’existe plus », tract du 6/12/1967.



Leïla Simon
27/11/2010 - 16:20

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