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Libye Tribune

La main de l'Iran et non de la Libye dans l'explosion du vol Pan Am au-dessus de Lockerbie

Le 21 décembre 1988, l'avion de la Pan Am explose au-dessus de Lockerbie en Ecosse faisant 270 morts.

Dans son livre "Lockerbie : The Truth", Douglas Boyd déclare que le véritable auteur de l'attentat vit aux États-Unis où il travaille dans une école.

2 Octobre 2018 - 21:05
        

Lockerbie : la vérité, par Douglas Boyd aux éditions The History Press
Lockerbie : la vérité, par Douglas Boyd aux éditions The History Press
Aucun des 259 passagers du vol de la Pan American World Airways ne sort rescapé de l'explosion d'une bombe dans un réacteur du Boeing 747-121 le 21 décembre 1988 au-dessus de la ville de Lockerbie en Ecosse. Pire, le bilan s'alourdit avec 11 habitants tués par la chute des morceaux du fuselage.

90 % des débris de l'avion sont retrouvés et des traces de vêtements sont découverts dans l'un des réacteurs. L'Etat Libyen en cette fin des années 1980 est montré du doigt.

La Libye nie tout lien avec l'attentat mais en mars 2002, Abdel Basset Ali al-Megrahi, un ancien officier des services de renseignement libyen, est reconnu coupable du meurtre des 270 victimes. Il est condamné à perpétuité.
 

Une indemnisation record de 2,7 milliards de dollars

En 2003, l'Etat Libyen indemnise à hauteur de 1 million de dollars par victime les proches des 259 + 11 personnes tuées dans l'attentat et verse 2,7 milliards de dollars.
 
Puis, avec l'indemnisation des familles des 171 victimes d'un autre attentat en 1989 attribué à la Libye, celui de l'explosion d'un avion d'UTA au-dessus du désert Nigérien, avec l'arrêt du programme d'armes de destruction massive, le Conseil de Sécurité de l'ONU et les Etats-Unis lèvent les sanctions et l'embargo contre la Libye (1979-2004) ouvrant la voie du retour de l'Etat Libyen dans le concert des Nations.

Abdel Basset Ali al-Megrahi est libéré fin août 2009 pour des raisons humanitaires, souffrant d'un cancer de la prostate en phase terminale. Des parents britanniques de victimes de Lockerbie expriment leur soutien à cette décision : "La perpétuation d'une atrocité ne peut et ne doit pas être une base pour perdre de vue qui nous sommes (...) La sentence imposée par une puissance supérieure est celle qu’aucun tribunal ne peut révoquer ou annuler (...) Il va mourir"

La libération d'Abdel Basset Ali al-Megrahi le prive d'un appel pour sa réhabilitation. En quittant l'Ecosse, il réaffirme son innocence dans un communiqué et exprime sa sympathie pour les proches des victimes. Il retourne mourir en Libye où il est accueilli le 1er septembre 2009 en tant qu' "invité principal" du 40e anniversaire du coup d'état organisé en 1969 par un Kadhafi âgé de 27 ans qui dépose, sans effusion de sang, le Roi Idriss 1er, en déplacement en Turquie.


Des doutes sur la responsabilité de l'Etat Libyen

Le secrétaire d'Etat écossais à la Justice Kenny MacAskill, qui annonce la libération d'Al-Megrahi pour des raisons humanitaires, "la compassion" étant "une caractéristique déterminante du peuple écossais", déclare également qu'il estime que "certaines des questions restaient préoccupantes" et qu'il existe toujours des questions sans réponse. 

Côté Libyen, selon le journal britannique Sunday Telegraph, Seif al-Islam le fils de Kadhafi avait rencontré en vacances sur l'île grecque de Corfou le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires, à l'Energie et à la Stratégie industrielle Peter Mandelson, lequel lui aurait confirmé que Al-Megrahi serait libéré par l'Ecosse. A l'arrivée d'Al-Megrahi à Tripoli, Seif al-Islam aurait également eu ces mots : "Je voudrais remercier le gouvernement écossais pour sa décision courageuse et sa compréhension d'une situation humaine particulière".

De l'autre côté de l'Atlantique, Hillary Clinton et John Kerry, avec d'autres, envoient des lettres de protestation à MacAskill. La Maison Blanche sous la présidence de Barack Obama publie également une déclaration dans laquelle elle dit "regretter profondément" la libération d’Al-Megrahi.

En Grande-Bretagne au contraire, le doute sur la culpabilité d'Al-Megrahi est relativement répandu, que ce soit parmi des familles des victimes ou chez des juristes et experts. Il se base sur les failles dans le procès et dans les preuves utilisées pour faire condamner Al-Megrahi, révélées dès 2001.
 

Une enquête qui innocente la Libye

Avec le décès d'Al-Megrahi en 2012, le dossier est fermé, mais Douglas Boyd donne une suite à cette affaire dans une enquête publiée il y a quelques jours chez un grand éditeur indépendant au Royaume-Uni.
 
"L'auteur Douglas Boyd présente des preuves que c'est l'Iran et non la Libye qui était responsable de l'attaque. Le 3 juillet 1988 (moins de six mois avant l’attentat de Lockerbie), le vol 655 d’Iran Air se trouvait dans l’espace aérien iranien lors d’un vol entre Bandar Abbas (sur le Golfe persique, ndlr) et Dubaï qui a été abattu par des missiles de l’USS Vincennes (un croiseur des forces armées des États-Unis, ndlr) qui naviguait illégalement dans les eaux territoriales iraniennes. Le chef du gouvernement, l'ayatollah Khomeini, a décrété que le sang coulerait à flots. Cependant, cette piste a été discrètement fermée et la Libye a été déclarée coupable parce que la Maison Blanche souhaitait que la Syrie et l'Iran se préparent pour la première guerre du Golfe contre l'Irak de Saddam Hussein".
Lockerbie : The Truth par Douglas Boyd, sorti chez The History Press le 28 septembre 2018 - ISBN: 9780750985772.

La Libye en attente d'élections

L'enquête de Douglas Boyd basée sur des faits, non seulement innocente la Libye, mais elle apporte surtout des réponses aux questions posées.

Elle permet également de remettre la Libye au coeur de l'actualité sous un jour nouveau, alors que les Libyens attendent la tenue d'élections démocratiques dans leur pays, qui en a le plus grand besoin, pour chasser du sol les milices pro-Al Qaïda et pro-Daesh qui entretiennent la guerre et sèment la terreur et la désolation.
 





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