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Paris Tribune

Paris Habitat annule une étude d'impact acoustique dans le Marais

Les suites du conseil du 4e arrondissement de Paris d'octobre.


Paris Habitat programme le 5 octobre et déprogramme le 11 octobre la visite d'un acousticien pour une étude d'impact du bruit prévue le 12 octobre dans le 4e arrondissement de Paris.

13 Octobre 2011 - 12:30
        

Paris Tribune a suivi pour ses lecteurs la première étude d'impact acoutisque des promoteurs du futur Woo Club, le plus grand club gay dans le quartier gay de Paris. L'affaire fait du bruit. L'étude d'impact était prévue le 12 octobre 2011 de 17h à 21h, avec 2 rendez-vous fixés à 15h30 par des résidents. Ces derniers n'en reviennent pas : suite à l'intervention du maire du 4e arrondissement de Paris au lendemain du conseil du 4e arrondissement le 10 octobre (voir l'article de Paris Tribune), Paris Habitat annule le 11 octobre le rendez-vous avec l'acousticien.

"- Dégagez ou vous allez recevoir un seau d'eau !"
"- On peut être aussi mal poli que vous !"

Après plusieurs sommations, l'eau du seau choit.
Une voix rauque s'échappe de quelque part, derrière les volets fermés :
- "Bakchiches ! "
-" Commissions !"
- "A bas la corruption !"
- "On n'est pas tout seul !"
- "On veut dormir tranquille !"
- "Nous avons notre mot à dire !"

Philippe Ranchin est acousticien. Il est chargé des mesures d'isolation acoustique pour valider les solutions d'insonorisation de la future boite de nuit. Le son, c'est son domaine : acousticien professionnel, vice-président du syndicat des discothèques, producteur de musique, il est également rédacteur à l'AFNOR, l'association française de normalisation habilitée à délivrer la marque NF, marque nationale de conformité aux normes.
Les décrets anti-bruit, il connaît aussi : il s'agit ici d'adapter aux textes applicables les goûts musicaux des futurs clients de l'établissement, grâce à la dernière nouveauté technologique brevetée par la société Eclair, vue à l'oeuvre par lui et les promoteurs du projet dans des discothèques à Barcelone.
En plus de nombreuses boites de nuit, Philippe Ranchin a aussi réalisé l'insonorisation de l'Hôtel de Ville sous Jean Tiberi. La future boite de nuit du Marais devrait avoir une insonorisation encore plus innovante que celle de la discothèque "Le Dépôt", rue aux Ours dans le 3e arrondissement de Paris. Tenant compte du projet de l'architecte (groupe Bertrand et groupe Coste), la future boite de nuit reposerait sur le principe des salles de spectacles, notamment celle de la Gaité Lyrique, avec une boite dans une boite. Bientôt, des plafond et des murs renforcés, une piste de danse portée par des plots à ressort et une énergie sonore non pas diffusée vers l'extérieur mais vers le public.
Autres sujets de préoccupation : les basses-fréquences qui se transmettent par vibrations et le mur qui sépare les 2 immeubles. Personne ne peut dire pour le moment si le mur est un mur mitoyen ou pas.
Affiche de Paris Habitat récupérée dans la poubelle par un résident de l'immeuble - Photo : VD.
Affiche de Paris Habitat récupérée dans la poubelle par un résident de l'immeuble - Photo : VD.

L'un des rendez-vous de l'immeuble ouvre la porte. Après l'épisode du seau d'eau, Philippe Ranchin est arrêté dans sa progression par un autre résident qui récupère au fond de la poubelle du hall d'immeuble l'affiche de Paris Habitat annonçant aux habitants l'annulation de la visite ; présentée à l'acousticien, il en prend alors connaissance.
Des tests sont effectués sur la terrasse située au même niveau que la future piste de danse, elle-même située au 1e étage sous la verrière du futur bar club.

Après la terrasse, direction la cage d'escalier. Philippe Ranchin et son sonomètre à 30 000 euros effectuent d'autres tests.
De l'autre côté, entre 100 et 105 décibels (dB) sont envoyés : un niveau sonore comparable à celui des discothèques (de 100 à 120 dB), et inférieur à celui des salles de concert (de 120 à jusqu’à 139,5 dB notamment à proximité des enceintes).
"C'est le maximum que l'on puisse générer sur une source de mesure étalon" explique l'acousticien.
Combien de décibels ont été reçu dans la cage d'escalier ? Le résultat sera connu dans une semaine : il faudra auparavant "dépouiller les données en laboratoire" et y ajouter "les termes correctifs à appliquer aux mesures en vraie grandeur (...) Il sera incomplet puisque l'accès aux appartements a été refusé."

Les tests ont également lieu dans la rue.
Apprenant l'accueil fait à l'acousticien, Frédéric Hervé, l'un des promoteurs du projet, bondit ; "on nous demande d'être des professionnels et on nous traite comme des voyous !"
Philippe Ranchin hoche la tête : non seulement il n'a "jamais vu ça" mais son étude risque d'être hypothétique.
Pour s'affranchir de tous les risques et prévoir des réserves, le projet de la plus grande boite de nuit gay dans le quartier gay de Paris risque de coûter très cher.







Commentaires
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10.Posté par stephane le 15/10/2011 21:56 | Alerter
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c'est pas possible de voir des gens qui se permettent l'ouverture de cette boite pensez aux gens qui bossent et laissez leur un repos bien mérité les impôts suffisent non vous croyez pas qu'il y a de la place autre part merci pour les personnes qui résident dans ce quartier déjà assez bruyant

9.Posté par Vivre le Marais ! le 15/10/2011 12:43 | Alerter
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Ils ont raison, d'une certaine manière, ces gens qui disent : "si vous ne supportez pas le bruit, allez vivre ailleurs !". Mais ce sont de songe-creux. Quand on est propriétaire de son logement (ce qui n'est pas interdit), il faut vendre et acheter ailleurs, sur un marché qui est très tendu (absence d'offre).
Entre les droits de mutation, les honoraires du notaire, la commission de l'agence immobilière, le déménagement et les travaux de mise en état du nouveau logement, ce sont des dizaines de milliers d'euros qui partent en fumée. Et on n'est jamais sûr de ne pas avoir de mauvaises surprises là où on va. On n'est pas assuré non plus de trouver le logement dont on a envie.
Si on est locataire, chacun connait la galère que constitue la recherche d'un nouveau logement, et les frais auxquels on s'expose.
Si on a la chance d'habiter un logement de la Ville, ce qui est le cas des locataires du 16 rue St Merri, on ne va surement pas y renoncer pour faire plaisir à ceux qui veulent expulser les habitants récalcitrants, pour le seul bonheur des fêtards et la santé du tiroir-caisse de l'exploitant. Eux aussi peuvent aller faire la bamboula "ailleurs".

8.Posté par bilou le 15/10/2011 10:38 | Alerter
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hé, l'ingénieur du çon..la vie nocturne dont tu parles à un rôle social et culturel ? C'est pas plutôt économique que tu voulais dire ??
pour la culture: c'est sur qu'un troupeau de fumeurs fortement éméché braillard et querelleur entre 02h00 et 04h00 du matin dans des rues de 8 mètres de large, c'est culturel...
Ceux qui dégueulent et pissent le long des portes cochères, c'est quoi l’ingénieur ? Action sanitaire et sociale ?
L’ingénieur du son franchit le mur du çon...

7.Posté par serge le 14/10/2011 12:37 | Alerter
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Lol je suis parti de banlieue du 95 pour éviter la drogue et les agressions…
L’on m'a proposé 1 appart dans le centre de paris
L’endroit est beaucoup + calme que la banlieue du 95
ça fait depuis 1997 que j’y habite en paix sans tous ces problèmes
Et depuis 2 ans 1 personne veut monter 1 boite de nuit qui amènera la drogue et les agressions !!
Il faut encore que je déménage pourquoi j’adore ma rue !!!
Qui est très calme la nuit !! Mais pas depuis l’arrivée de cette personne
Je démangerai po pour 1 mec qui a du fric moi j’en ai pas je suis au chômage c’est bon
Je ne vais pas aller à babailouaide city !!!!
Je demande juste 1 truc laisser à l’habitant de paris 1 peu de calme la nuit surtout
Que le bruit on le subit la journée pas la nuit aussi !!!

6.Posté par Loïc le 14/10/2011 12:15 | Alerter
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bonjour, je suis ingénieur du son à paris, j'aimerai demander à tout ces gens qui ne supportent pas le bruit "pourquoi vivez vous à Paris???" Il s'agit d'une capital dont la vie nocturne a un rôle important, si bien culturel que social. De plus, certains arrondissements de cette ville sont bien plus "calme" que d'autres. Ne serait-il pas plus judicieux d'évité les quartiers dits bruyants? On ne peux pas vouloir vivre dans un quartier populaire et demander à ce qu'il soit silencieux. c'est un non-sens! Je vis moi même près de Pigalle, ou la musique est quasi omniprésente, c'est mon choix. Il ne me viendrai pas à l'esprit de lutter pour "tuer" ce quartier.

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